Les tontons flingueurs

Les tontons flingueurs

Comme aurait dit Michel Audiard, « ils ne causent plus, ils flinguent ! ». Si je me permets cette référence au célèbre dialoguiste et réalisateur, c'est qu'il se serait certainement délecté du scénario de l'affaire opposant Covéa à Scor… Car entre les PDG des deux groupes, Thierry Derez et Denis Kessler, on n'est plus seulement dans l'échange d'amabilités adressées par communiqués interposés. Le conflit divisant depuis la fin de l'été 2018 les « tontons flingueurs » de l'assurance a pris une tournure judiciaire depuis quel'entreprise du premier (Scor) a annoncé, fin janvier, poursuivre au pénal le second et le groupe (Covéa) qu'il dirige pour « abus de confiance » et « recel d'abus de confiance ».

Les nombreux rebondissements de ce dossier, aussi inattendus que surprenants, sont dignes d'un roman d'espionnage. Tous les ingrédients d'un bon thriller sont réunis. Réputés proches hier, les deux principaux protagonistes sont devenus d'irréconciliables frères ennemis. Dans le rôle de « l'indicateur » ou du « repenti » fournissant des informations sur les projets secrets de Covéa, on retrouve un banquier conseil qui souhaitait, avant tout, ne pas être inquiété par la justice. Lesdites informations, contenant des documents hautement confidentiels, portent des noms de code énigmatiques : « Abbaye », pour le projet de rachat de Scor par Covéa, et « Parfum », pour le rapprochement envisagé entre le réassureur français et Partner Re, dont Thierry Derez aurait eu connaissance en juillet 2018 en qualité d'administrateur de Scor. Documents dont ce dernier aurait tiré profit, estiment ses détracteurs, pour finaliser son projet de prise de contrôle du groupe de réassurance.

Jusqu'ici, certains souriaient ou s'amusaient à l'évocation de cette affaire Covéa-Scor, qu'ils présentaient volontiers comme un combat des chefs, voire d'egos. Il n'y a pourtant pas de quoi se réjouir de la cascade de révélations à laquelle nous avons assisté. En termes d'image et de réputation, cette guerre ouverte entre deux géants de l'assurance - chacun dans leur domaine - n'est bonne pour personne. Compte tenu de l'énergie, du temps et de l'argent consacrés à l'inévitable et longue bataille judiciaire qui s'annonce, les deux acteurs de ce dossier explosif ne risquent-ils pas, surtout, d'en sortir très affaiblis ? Du point de vue industriel, quelles perspectives de croissance pour Covéa ? Certes, le groupe mutualiste est le numéro un de l'assurance de biens et de responsabilités, mais ce titre ne vaut que pour la France. Quant à Scor, si farouchement attaché à son indépendance, l'histoire retiendra que, oui, sur le papier, le réassureur peut être la proie d'une OPA.

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