Mediator tue

Mediator tue

Le spectre du sang contaminé plane sur l'affaire Mediator. Plus qu'un responsable, c'est bien un coupable ou des coupables qui sont recherchés par les victimes et les associations qui les représentent. Et les chiffres, même contestés par le laboratoire Servier, sont éloquents. Qu'il s'agisse de 3, de 500, 1 000 ou 2 000 morts et de plusieurs milliers de malades, ils seront toujours trop élevés lorsque c'est le soi-disant remède qui déclenche les maux. Utilisé, depuis son lancement en 1976, par quelque 5 millions de personnes, dont 2,9 millions sur une durée de plus de trois mois, le Mediator doit son « succès » pour avoir été non seulement prescrit aux diabétiques en surpoids auxquels il était initialement destiné, mais également en tant que coupe-faim. Sans revenir sur les batailles de chiffres et de dates démontrant que les effets néfastes de ce médicament (remboursé à 65 % par la sécu) étaient connus au moins dix ans avant novembre 2009, date définitive de son retrait, il va sans dire que les recherches en responsabilité ne font que commencer.

Dès le 20 décembre 2010, Xavier Bertrand, ministre de la Santé depuis quelques semaines, annonce qu'il y a « des défaillances graves dans le fonctionnement de notre système du médicament dans l'affaire Mediator ». Mieux, il réclame des « recommandations pour transformer notre système de mise sur le marché des médicaments ». Reste à savoir s'il s'agit d'effet d'annonce ou d'une volonté clairement affichée de tenir tête, entre autres, aux laboratoires !

Toujours est-il qu'une telle affaire, qu'elle trouve ou non son dénouement à la barre du tribunal, pèse sur le marché de l'assurance à plus d'un titre. Dès lors qu'un lien de causalité évident est établi entre le décès ou la maladie et la prise du médicament, la procédure s'engage et les mises en cause s'esquissent. Elles peuvent d'ailleurs être multiples et porter sur le laboratoire, l'autorité de contrôle du médicament (AFSSAPS), voire les médecins eux-mêmes ou encore les pharmaciens qui engagent leur responsabilité en cas de prescription non conforme ! Une certitude, qu'il y ait négociation avec le laboratoire Servier ou pas, Axa, son assureur, doit faire ses comptes, tout comme le FGTI (Fonds de garantie des victimes des actes terroristes et autres infractions), qui pourrait lui aussi être touché. Enfin, estimant que le Mediator a coûté quelque 423 millions d'euros à la Sécurité sociale et aux complémentaires santé, l'Unocam n'entend pas en rester là. En espérant que cette affaire aura un tel retentissement qu'elle sera la dernière. Un voeu pieux, sans doute, mais, en janvier, il en est encore temps !

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