Ne pas baisser la garde

Ne pas baisser la garde
Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

C’était il y a dix ans. Déjà. Le 10 juillet 2007, la planète finance commençait à vaciller lorsque l’agence de notation Moody’s dégradait la note de près de 400 titres liés à des prêts hypothécaires ­octroyés par de grandes banques américaines à des centaines de milliers de propriétaires crédules. Dans les semaines et les mois qui suivirent, aux États-Unis, en Asie, en Europe, partout, la stupéfaction céda à la frayeur jusqu’à ce que le château de cartes ne s’écroule, le 15 septembre 2008, avec la faillite de Lehman Brothers et ses tristes conséquences. Dans sa chute, l’économie financière entraîna l’économie réelle avec, à la clé, des milliers d’entreprises laissées sur le ­carreau et, par ricochet, des millions de ­personnes ayant perdu leur emploi. Pour elles, rien ne sera plus jamais comme avant. Au contraire, les inégalités n’ont même jamais été aussi fortes.

Malgré tout, une décennie plus tard, au prix de plans de sauvetage, de politiques de ­rigueur, nous nous remettons doucement de la plus grave crise financière que le monde ait connue depuis la grande dépression des années 1930. Certes, la croissance est inégale selon les pays, mais, globalement, l’activité économique mondiale redémarre. Il est vrai que, sur le Vieux Continent, cette reprise s’appuie largement sur la politique de taux bas et de rachats d’actifs de la BCE. Autant dire qu’elle est fragile. D’où les appels, de toutes parts, à ne pas baisser la garde.

« Pour les banques comme pour le secteur de l’assurance, la prolongation d’un environnement de taux d’intérêt bas ou une sortie brutale de cet environnement constituent des risques auxquels il convient de se préparer », avertit ainsi la Banque de France dans son Évaluation des risques du système financier français, publiée en juin. Même prudence chez Bruno Lemaire, le ministre de l’Économie et des Finances, qui, à l’issue de la réunion du Haut Conseil de stabilité financière du 26 juin, jugeait utile de rappeler que ce dernier « continue d’être vigilant sur les conséquences de cet environnement sur les institutions financiè­res, banques, assurances et gestionnaires ­d’actifs ».

À l’échelon européen, l’EIOPA veille également au grain. « Il est essentiel que les superviseurs et l’industrie surveillent de près les nouveaux risques pour continuer à préserver la stabilité financière et à protéger adéquatement les consommateurs européens », insistait le mois dernier Gabriel ­Bernardino, son président, plus que jamais ­décidé à s’appuyer sur Solvabilité 2. De ce côté-ci de l’Atlantique, le message est donc clair : pas question de lever le pied sur la ­surveillance du secteur financier. Ni sur sa régulation.

Mais qu’en est-il aux États-Unis ? Dix ans après, nos amis américains ont beau dire « plus jamais ça », les excès de la finance y sont de ­retour, comme l’ont souligné plusieurs experts aux ­Rencontres économies d’Aix-en-Provence. Peut-on compter sur Donald Trump pour encadrer tout ça ? On peut en douter. Entouré d’anciens de Goldman Sachs à la Maison-Blanche, le ­président américain n’a jamais fait mystère de sa volonté de revenir sur la loi Dodd-Frank mise en place par son prédécesseur en 2010 afin, ­justement, d’assurer… la stabilité financière des États-Unis.

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