Prix fous

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Laetitia Duarte Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

Vêtements, équipements high-tech, voyages, nourriture, voitures, meubles, électroménager et même… contrats d’assurance ! Année après année, la folie consumériste du Black Friday (et du Cyber Monday, deux jours plus tard) gagne un peu plus l’Hexagone. Mais cette fois, ce fut le pompon ! À coups de promotions massives en tout genre, ce cru 2018 a encore battu des records en termes de vente. C’est, à coup sûr, une excellente nouvelle pour le chiffre d’affaires des commerces et des sites de vente en ligne. Mais nous avons quand même le droit de nous interroger sur le niveau d’hystérie atteint fin novembre. Je ne mentionnerai même pas les dizaines de courriels et SMS, pas franchement RGPD-compatibles, mais très intrusifs, qui ont inondé nos boîtes aux lettres électroniques…

Que cette tradition américaine de lancer la période des achats de fin d’année au lendemain de Thanksgiving (le 4e jeudi de novembre qui commémore l’arrivée en 1620 des Pères pèlerins sur les côtes du Massachusetts) s’exporte dans d’autres pays, pourquoi pas ? Après tout, la mondialisation, c’est aussi cela : se nourrir des cultures et coutumes des uns des autres. Mais de là à vendre de tout, à tout prix, notamment des contrats auto, accidents de la vie, emprunteur, santé ou prévoyance, il y a un pas. Cette année, même des mutuelles s’y sont mises, à grands renforts de notifications sur les réseaux sociaux.

Il ne s’agit pas de faire la leçon à qui que ce soit. Évidemment, sur des marchés hautement concurrentiels, le tarif d’une assurance est un argument de poids. Quoi qu’on en dise, c’est sans doute même ce qui fait mouche en premier dans l’esprit des consommateurs. Mais si le prix compte, l’assuré se soucie aussi beaucoup du niveau des garanties. C’est même son deuxième critère de choix, comme le rappelait une étude de L’Argus parue dans notre édition du 23 novembre sur « Les Français et les valeurs mutualistes ». Or, le jour du Black Friday, seul compte le tarif. Bizarre, donc, d’y voir participer des assureurs qui se disent soucieux de leur responsabilité sociale et environnementale. Et répètent à longueur d’année que l’assurance n’est pas un produit comme un autre, qu’un bon contrat ne se résume pas à son prix mais à ce qu’il propose.

Alors, faut-il dire non au Black Friday, comme l’a suggéré sur les réseaux sociaux Pascal Demurger, le directeur général du groupe Maif (ainsi que plusieurs autres personnalités du secteur) ? Et comme l’a fait la Camif en fermant ce jour-là son site Internet (sans faire injure à ses convictions, ce fut aussi un joli coup de com’ de la part de son patron) ? À chacun de se faire son opinion. Le dirigeant de la mutuelle niortaise rappelle que, derrière ces politiques de prix cassés se cachent souvent des « délocalisations, des destructions d’emplois, des renoncements toujours plus forts à des modèles durables ». Force est de constater que cette grand-messe consumériste est aussi une journée noire pour la planète. Et donc pour ses habitants.

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