Quand le bâtiment va... dans le mur

Fin 2013, la France compte à peine 300 000 logements supplémentaires. On est loin de l'objectif des 500 000 logements neufs annuels fixé initialement par le gouvernement. Et quand les spécialistes prolongent les lignes, ils nous font regretter d'avoir tous en tête la célèbre phrase du député socialiste Martin Nadaud : « Quand le bâtiment va, tout va ! » (1) Car, là, cela ne va pas du tout, si l'on en croit les chiffres publiés par le Service de l'observation et des statistiques. Entre fin janvier 2013 et fin janvier 2014, les autorisations de construire ont chuté de 15%, avec même une accélération entre fin novembre et fin janvier 2014 (- 18%). Une débandade qui touche surtout les maisons individuelles (- 33%). Du côté des mises en chantier, l'alarme clignote également furieusement, puisque la baisse atteint 7,5% sur les trois derniers mois, alors que, lissée sur un an, elle n'était que de 1,2%. On est donc très loin du pic des 600 000 permis de construire de la fin 2007, assortis de près de 470 000 mises en chantier, et l'on atteint des profondeurs encore jamais explorées.

En la matière, on ne rattrape pas le temps perdu, et les années creuses de la construction n'entraînent jamais un doublement des chantiers pour l'avenir.
Cette situation n'est pas sans conséquence pour le secteur de l'assurance. Mécaniquement, sont orientées à la baisse l'assurance dommages-ouvrage, pour les maîtres d'ouvrage, et la responsabilité civile décennale qui pèse sur les constructeurs ou promoteurs. À cela s'ajoute parfois la négligence de certains professionnels du bâtiment qui renoncent à souscrire leur assurance décennale, pourtant obligatoire, tandis que la sinistralité partant à la hausse, les assureurs auraient tendance à sélectionner leur portefeuille. Enfin, cette crise de la construction n'est pas sans répercussion sur la MRH, dont la croissance en 2013 (4%) tient davantage à la hausse des primes qu'à l'élargissement de la masse assurable. Or, en la matière, chacun sait qu'on ne rattrape pas le temps perdu et que les années creuses de la construction n'entraînent jamais un doublement des chantiers pour l'avenir.

Et comme la loi de Murphy s'entête à se vérifier, à tout cela s'ajoute, dans le secteur du bâtiment, une concurrence « low cost » accrue en provenance directe des pays européens. Un phénomène suffisamment préoccupant pour qu'une grande majorité des députés socialistes aient présenté une proposition de loi (2) visant, entre autres, à conditionner la signature des marchés à la production de l'attestation d'assurance décennale obligatoire. Un rempart en construction ?

1. Phrase prononcée à l'Assemblée nationale le 5 mai 1850.

2. Proposition de loi n° 1686 du 8 janvier 2014 visant à « renforcer la responsabilité des maîtres d'ouvrage et des donneurs d'ordre dans le cadre de la sous-traitance et à lutter contre le dumping social et la concurrence déloyale ».

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