Reste à comprendre

Courtiers et assureurs complémentaire santé sont-ils condamnés au repentir ? Souvenez-vous : lorsque Marisol Touraine dévoile sa réforme des contrats santé dit ­responsables, ils n’ont pas de mots assez durs contre cette « usine à gaz », applicable à ­compter du 1er avril 2015. Comment peut-on imaginer qu’un plafonnement des remboursements ­incitera les professions de santé à la modération de leurs tarifs ! Le résultat est couru d’avance : tout cela conduira invariablement à une explosion des restes à charge des assurés.

Seulement les comptes de la santé 2015, ­publiés récemment (1), livrent une toute autre histoire. L’année dernière, les Français ont payé directement de leur poche 16,4 Md€ pour se soigner. La somme est rondelette, mais elle ne représente « que » 8,4 % des 194,6 Md€ de dépen­ses de santé, la différence étant financée par les complémentaires (13,3 %) et la Sécu (76,8 %) (2). Et surtout, ce taux de reste à charge, loin d’avoir explosé, a reculé de 0,2 point par ­rap­port à 2014 et de près d’un point depuis 2011 !

Autant dire que Marisol Touraine n’a pas raté si belle occasion de vanter son action. Elle a d’ailleurs uniquement abordé ce point, lors de la présentation des comptes de la santé, ­pourtant riches d’autres enseignements. Selon la ­ministre, ce résultat est d’autant plus remarquable que la part des complémentaires recule aussi. Et cette quatrième baisse consécutive du reste à charge depuis 2012 « ne tombe pas du ciel » : elle est le « fruit d’une volonté politique, de réformes concrètes ».

Les dépenses d’optique ont reculé en 2015, ce qui ne s’était pas vu depuis les années 2000

L’analyse est de bonne guerre, mais sans aucun doute à nuancer. Les Français ont visiblement ­profité d’une réelle maîtrise des dépenses et de l’amélioration de la prise en charge de certains actes. Marisol Touraine l’a toutefois reconnu : la baisse du reste à charge des ménages tient aussi à la croissance – structurelle du fait du vieillissement de la population – du nombre de patients en affections de longue durée, pris en charge à 100 % par la Sécu.

Mais cela n’explique pas tout et notamment pas ­pourquoi les Français ont moins mis la main à la poche chez le dentiste ou l’opticien. Les dépenses de lunettes ont même reculé en 2015, ce qui ne s’était pas vu depuis les années 2000 ! Ces évo­lu­tions seraient bien à mettre au compte des ­nouveaux contrats responsables, mais aussi… des actions de maîtrise engagées depuis plusieurs années par les organismes complémentaires santé.

Reste que toute à sa satisfaction, la ministre n’a peut-être pas consulté les résultats du 10e baromètre Ipsos-Secours populaire français, publiés également début septembre (3). Un sondage qui révèle que 50 % des ménages dont le revenu net mensuel est inférieur à 1 200 € déclarent avoir renoncé à une consultation chez le dentiste ou l’avoir retardée, un score en hausse de 22 points par rapport à 2008 ! Une réalité que la statistique ­publique a visiblement du mal à traduire…

1. «Les dépenses de santé en 2015» – Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques – drees.social-sante.gouv.fr
2. L’État et la CMU complètent le financement (1,5 %)
3. www.secourspopulaire.fr

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