Richesse blues

Richesse blues
© ©BERNARD MARTINEZ

En période de crise, il est important de savoir détecter où se trouve l'argent. On ne sait jamais, certains pourraient avoir besoin de largesses fiscalement disponibles ! Ainsi, depuis quelque temps, deux questions hantent les esprits : Qui est riche ? Où sont les riches ?

Premier élément de réponse, à la fin de l'été, les très riches, ou plutôt les richissimes, du monde entier donnaient de la voix pour faire entendre leur intention de voler au secours des États. Une initiative largement médiatisée, surtout au profit d'une poignée de patrons emblématiques (... et riches), qui a en a laissé beaucoup d'autres, patrons ou pas, un peu pantois et curieux de savoir s'ils en étaient. Question d'actualité dans la situation économique des vieux pays développés qui ouvre droit à de nombreuses réponses dont la diversité laisse entrevoir une lecture résolument politique, surtout en France. À droite, la définition du très riche correspond à un revenu fiscal de 1 M€, soit environ 30 000 foyers. À gauche, un très riche dispose d'un patrimoine de 5 M€ et d'un revenu annuel supérieur à 240 000 €. Nous voilà, ici, nantis de 150 000 très riches. Enfin, l'Insee, dans sa grande sagesse statisticienne, n'évoque que les « personnes à très hauts revenus » que représente ce petit 1% de Français déclarant le plus. Au dernier « comptage » - à l'échelle du temps de notre institut de la statistique, soit l'année 2008 - ils étaient 363 903, riches d'un revenu annuel de 88 200 €.

Comme chacun y va de sa définition, TNS Sofres, qui traque les riches sur tous les continents, s'attache à tous les foyers détenteurs d'un patrimoine financier d'au moins 100 000 $, soit 70 000 €. Sans surprise, l'Amérique du Nord et l'Europe totalisent (mais pour combien de temps encore ?) 80% de cette population, avec une grande différence entre les États-Unis, le Luxembourg ou le Canada, où cette cible représente 20 à 30% des foyers, et la France, l'Italie ou l'Allemagne, où ce score tombe entre 5 et 10%.

Cette situation, que beaucoup jugeraient particulièrement confortable, serait en réalité une source de stress pour ceux qui la vivent. Ainsi, les « riches » Français - encore persuadés en juillet que la Bourse ne baisserait pas et qu'il ne fallait pas craindre de nouvelle crise financière - redoutent aujourd'hui le pire. Ils ont confié à TNS Sofres leur inquiétude de voir le revenu de leur foyer baisser dans six mois, tout comme la valeur de leurs placements. Pire, 53% d'entre eux estiment que la France pourrait connaître la même situation que la Grèce ou l'Italie. Ainsi, pris d'une « cigalitude aiguë », 64% de ces Français déclarent qu'en cas de forte rentrée d'argent, ils préféreraient tout dépenser plutôt que de le placer... Il ne reste plus qu'à saluer leur grande confiance dans la relance par la consommation !

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