Silence, on réforme !

À croire que Marisol Touraine n'avait pas en tête le calendrier de la Coupe du monde de football. Quel pire moment pour divulguer le contenu d'une réforme de la complémentaire santé attendue depuis des mois qu'une heure avant le coup d'envoi d'un huitième de finale crucial entre la France et le Nigeria ? La ministre de la Santé aurait souhaité que l'affaire ne s'ébruite pas qu'elle ne s'y serait pas prise autrement. La communication a d'ailleurs relevé du service minimum. Pas de conférence de presse, ni même d'interview, juste un communiqué et un dossier de presse d'une vingtaine de pages.

Cette discrétion a de quoi surprendre. À en croire la littérature du ministère, cette réforme est d'importance, elle s'inscrit dans la continuité de la loi créant la couverture maladie universelle, adoptée il y a tout juste quinze ans. Et le dossier de presse rappelle que l'accès aux soins est « une composante essentielle du droit de tous à la protection de la santé, consacré dans notre Constitution par le Préambule de 1946. » Vouloir généraliser et améliorer les couvertures complémentaires afin de réduire les renoncements aux soins, voilà des enjeux au plus près du quotidien de nos concitoyens.

La ministre de la Santé aurait souhaité que l'affaire ne s'ébruite pas qu'elle ne s'y serait pas prise autrement. La communication a relevé du service minimum.

L'effort de pédagogie est d'autant plus nécessaire que le sujet est technique, compliqué. Même les spécialistes arrivent à y perdre leur latin ou à diverger sur l'interprétation à donner aux textes. Si l'on a beaucoup parlé forfait lunettes, le nouveau mécanisme de prise en charge des dépassements d'honoraire est d'une effroyable complexité, car il s'appuie sur ce fameux contrat d'accès aux soins (CAS) né d'un introuvable consensus entre syndicats médicaux, assurance maladie et assureurs complémentaires. Un contrat qui n'engage absolument pas le médecin signataire à plafonner tous ses dépassements d'honoraires, comme on peut parfois le lire.

Pour le gouvernement, cette réforme s'apparente visiblement à un pari : encadrer les remboursements des complémentaires devrait contenir les excès tarifaires des professionnels de santé. Et c'est peut-être pourquoi il n'entend pas faire trop de bruit sur cette équation fragile. La profession est plus que dubitative sur les résultats, et craint même un effet inverse à celui recherché, avec une hausse des restes à charge ou des cotisations. Si les faits lui donnent raison, la réaction des assurés et des entreprises sera d'autant plus violente qu'ils auront le sentiment d'avoir été volontairement laissés dans l'ignorance.

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