Slalom géant !

Slalom géant !
© BERNARD MARTINEZ

« Pourtant, que la montagne est belle... », doit siffloter Michel Barnier en pensant avec nostalgie aux pentes enneigées de sa Savoie natale loin des turbulences étoilées de la Commission européenne. L'homme des jeux Olympiques d'Albertville est aujourd'hui aux prises, entre autres désagréments et dans le désordre, avec les agences de notation, les assureurs européens et les dirigeants des entreprises cotées. Sa colère vis-à-vis des premières fait écho à celle des deuxièmes, tandis que les troisièmes grognent à la perspective de voir se renforcer le rôle de contrôle des conseils d'administration.

Le livre vert sur le gouvernement d'entreprise, publié le 5 avril par la Commission à son initiative, vise certes à renforcer la place des femmes dans les conseils d'administration, mais ce qui retiendra notre attention concerne davantage le rôle des comités des risques et les pouvoirs des risk-managers que Bruxelles entend renforcer. Une piste ? Placer ces derniers à pied d'égalité avec les directeurs financiers.

Skieur émérite, Michel Barnier doit quitter la piste verte pour attaquer le mur « extrême » d'une piste noire à laquelle les assureurs européens ont forgé une réputation de dangerosité : Solvabilité 2. Chutes, accidents mortels, blessures : tout semble à craindre de cette directive si la Commission s'entête à ne pas entendre le nouveau cri d'alarme lancé le 4 avril par les quatre grandes structures représentant les sociétés d'assurances. La lettre ouverte arrivée sur le bureau du commissaire européen au Marché intérieur ressemble plus à un cahier de doléances rappelant, une fois encore, que le caractère « surconservateur » de la directive risque d'engendrer des dommages collatéraux plus dommageables pour le consommateur que la perte d'un ou deux points de solvabilité.

Une solvabilité dont l'absence de linéarité n'a pas échappé au slalomeur savoyard. Et la volatilité des marchés, obligataires entre autres, n'y est pas étrangère. Surtout lorsque la directive en question favorise au capital la présence d'obligations d'États européens. États dont la situation financière laisse tant à désirer que les agences de notation les dégradent à qui mieux mieux. Comment vendre sa dette avec un simple B ? La Grèce, l'Irlande, le Portugal doivent faire face à l'exercice, tandis qu'à Bruxelles on fulmine contre ces notes délivrées par l'hégémonie financière anglo-saxonne libre de tout contre-pouvoir européen. Mais un certain Michel Barnier n'avait-il pas promis la création d'une agence européenne ? À force de slalomer, on perd le cap !

La directive solvabilité 2 favorise au capital la présence d'obligations d'états européens, dont la situation financière de certains laisse à désirer

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 17 juillet 2020

couverture indisponible Je consulte

Emploi

Mutuelle des Iles Saint Pierre et Miquelon Assurances

REDACTEUR H/F

Postuler

CEGEMA

Chargé(e) de Gestion Emprunteur H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Création d'un Organisme Foncier Solidaire à Mayotte.

Etablissement Public Foncier et Aménagement de Mayotte Deal

12 juillet

976 - EPFA DE MAYOTTE

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Slalom géant !

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié