Tout Novo, tout beau !

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©BERNARD MARTINEZ Anne Lavaud Rédactrice en chef

Face à la stagnation persistante des taux bas des obligations souveraines de type OAT ou Bund, les investisseurs institutionnels en quête de rendement ne disposent que d'une poignée d'options. Soit ils se tournent vers les dettes des pays périphériques - les trois « I » (Irlande, Islande, Italie) ne le démentiront pas. Soit ils se risquent vers les pays émergents. Soit ils bravent les règles prudentielles à venir (Bâle 3 et Solvabilité 2) et regardent l'économie réelle avec les yeux de Chimène... tandis que l'indice CAC 40 leur fait de l'oeil en passant le cap des 4 000 points.

Reste qu'il ne s'agit pas, pour les « zinzins », de concentrer leurs investissements sur les 40 fleurons de l'indice boursier, mais plutôt de les orienter vers « les forces vives de l'économie française », celles que les politiques de tout bord évoquent avec des trémolos dans la voix : les PME et les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Et le dernier pointage de l'Insee évalue cette catégorie à 204 356 entreprises, fortes de 10 à 1 999 salariés, implantées dans l'Hexagone, sur un total de 3,6 millions (les plus de 2 000 salariés n'étant que 511).

Si la désintermédiation fait couler beaucoup d'encre en France comme en Europe, la réalité de ce mode de financement hors circuit bancaire reste marginale.

Or, traditionnellement dépendantes des crédits bancaires, ces entreprises peinent aujourd'hui à trouver les financements nécessaires à leur croissance. Certes, la désintermédiation fait couler beaucoup d'encre en France comme en Europe, mais la réalité de ce mode de financement hors circuit bancaire reste encore marginale. On se souvient néanmoins du succès du lancement des fonds d'investissement Nova 1 et Nova 2 à destination des PME et des ETI cotées. Initiées par la Caisse des dépôts (CDC), rejointe par 11 assureurs, ces deux initiatives avaient permis de lancer ces fonds en janvier 2011, avec une dotation totale de 161,5 M€.

Dix-huit mois plus tard, Nova fait place à Novo (1), un nouveau fonds lui aussi initié par la CDC et la FFSA (14 assureurs seraient sur les rangs) dont l'objectif est bien le financement de la dette des PME et des ETI au moyen d'obligation à 5 ou 7 ans, à taux fixe et remboursable in fine. Et comme se plaît à le dire (2) et répéter Thierry Giami, conseiller du directeur général de la Caisse des dépôts, président de l'Observatoire du financement des entreprises par le marché et grand ordonnateur de ce nouveau fonds qui prend tout naturellement sa place parmi les actifs obligataires des compagnies d'assurances, « malgré la crise, les entreprises produisent des résultats supérieurs aux dettes souveraines ». C'est dire !

1. Nom révélé par l'Agefi.

2. Lors de la convention annuelle de la Compagnie des conseils et experts financiers (CCEF) du 29 novembre 2012

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