Un blason à redorer

Un blason à redorer
Olivier Baccuzat, rédacteur en chef

Casse-tête. Dès le lendemain du terrible incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, c’est un terme qui a été abondamment utilisé dans les médias pour décrire le rôle des assureurs dans cette affaire. Certes, c’est une question relativement secondaire dans la mesure où l’État est son propre assureur. Ce dernier couvrira donc les frais de reconstruction (en complément des fonds récoltés dans le cadre de la souscription nationale qui a été lancée) en sa qualité de propriétaire du monument. Il n’en demeure pas moins que les assureurs se retrouvent en première ligne sur deux autres points, comme L’Argus l’a expliqué sur son site Internet après l’incendie. Premièrement, sur l’éventuelle responsabilité des entreprises en charge de la restauration de la cathédrale. Et en deuxième lieu, sur la partie indemnisation des œuvres d’art, puisque 5 à 10 % d’entre elles auraient été endommagées ou détruites.

Dit ainsi, cela paraît simple. Mais en réalité, c’est tout le contraire. Un tel sinistre constitue bel et bien un casse-tête juridique. Les professionnels le savent. C’est normal, c’est leur métier. Mais pour le profane, qui a déjà du mal à comprendre les mécanismes de règlement et de remboursement d’un sinistre après un accident de voiture ou un dégât des eaux, c’est du chinois. Pire, lorsqu'il entend aux infos que la prise en charge des assureurs sera certainement très inférieure au coût du sinistre, peu importe que ce soit en raison de plafonds de garantie prévus dans les contrats d’assurance des entreprises intervenant sur le chantier. Beaucoup de « monsieur et madame Tout-le-monde » auront retenu que les assureurs ne paieront qu’une (toute) petite partie du montant des réparations de Notre-Dame. Tel le banquier, l’assureur n’est pas vu comme un ami qui vous veut du bien, mais comme un ennemi qui en veut à votre argent et est aux abonnés absents lorsqu'on a besoin de lui. Y compris lorsqu'il s’agit de rebâtir Notre-Dame.

C’est faux, c’est injuste, c’est réducteur ? Bien sûr. Mais à l’heure des fake news, où une rumeur en chasse une autre, où le soupçon est permanent, quitte à être totalement irrationnel, c’est pourtant la triste réalité. Mais ça n’est pas une fatalité pour autant. L’assurance est un métier de chiffres. À ce titre, il est perçu comme compliqué, ennuyeux, obscur. Il appartient à l’ensemble de ses représentants de redorer son blason, de démontrer son caractère incontournable en le rendant plus compréhensible, plus simple.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 15 octobre 2021

ÉDITION DU 15 octobre 2021 Je consulte

Emploi

Natixis Assurances

GESTIONNAIRE INDEMNISATION CADRE H/F

Postuler

ALLIASS

Gestionnaire sinistres IARD Confirmé H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

Un blason à redorer

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié