Un métier de banquier

Un métier de banquier
Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

On disait, il n’y a pas si longtemps, que les établissements de crédit faisaient « aussi » de l’assurance. En plus de leurs activités historiques de banques de détail ou de financement et d’investissement. On peut se demander si aujourd’hui, les assureurs « traditionnels » ne feraient pas le métier des banquiers, tant ces derniers sont devenus, au fil du temps, des poids lourds du secteur. Pour ceux qui en douteraient, je vous invite à consulter le classement des 20 premiers groupes d’assurances, réalisé en partenariat avec le cabinet d’audit et de conseil KPMG à partir de leurs comptes 2017.

Celui-ci confirme le constat des années précédentes. Une nouvelle fois, les bancassureurs (ils sont cinq dans le Top 10) s’y taillent la part du lion, leur chiffre d’affaires total – une fois retraités les 11,7 Md€ de réassurance acceptés par Natixis Assurances en 2016 – ayant augmenté de 3,4 Md€ en un an. Désormais, ils représentent 45 % des primes du Top 20, contre « seulement » 39 % en 2016. À ce rythme, les bancassureurs pèseront-ils un jour 50 % du chiffre d’affaires total de l’assurance française, comme le prédisent (ou le craignent) certains ? L’avenir le dira. Une chose est sûre : ce sont eux qui donnent le la dans bien des domaines.

Dans son baromètre « Croissance et rentabilité des principaux groupes d’assurance en France », présenté le 3 décembre, le cabinet de conseil Facts & Figures rappelait que, par rapport aux autres familles, les bancassureurs trustaient la première place, tant du point de vue du chiffre d’affaires, que du résultat net ou du total de bilan. Ils dominent le marché de l’épargne – une de leurs activités historiques – et celui de la santé et de la prévoyance, grâce à l’assurance emprunteur, mais pas seulement. En termes de rentabilité technique, ils surperforment aussi sur le marché de l’assurance dommages des particuliers. Ce dont tout le monde ne peut se targuer.

Crédit mutuel Assurances en est la parfaite illustration puisqu’il n’est pas très loin du triptyque idéal : son résultat technique étant assez équilibré entre épargne retraite (42 %), santé-prévoyance (29 %) et dommages (31 %). Ce n’est pas un hasard si cet acteur fait partie des trois groupes les plus rentables en 2017, aux côtés d’Axa et de Covéa. Il n’y a guère que sur les grands risques ou sur le dommage des professionnels que les bancassureurs se font plutôt discrets. Pour l’instant. Comme le souligne Cyrille Chartier-Kastler, le fondateur de Facts & Figures, mieux vaut « se méfier de l’eau qui dort, en raison de la recherche de nouvelles sources de PNB pour les groupes bancaires ».

Une base clients importante, des clients souvent multiéquipés (et, cerise le gâteau, assez fidèles), un réseau d’agences qui, même en diminution, leur confère un solide maillage territorial, des systèmes d’information robustes, un modèle multipartenarial rodé, un sens du marketing éprouvé… Autant d’atouts sur lesquels ces messieurs de la banque ont su capitaliser. On en connaît qui vont devoir mettre les bouchées doubles s’ils ne veulent pas être éclipsés définitivement…

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