Vinaigrette

À quelle sauce le gouvernement entend-il « manger » l'assurance complémentaire santé ? Marisol Touraine pourrait lever le voile lors de la remise « officielle » du rapport Cordier sur la stratégie nationale de santé, annoncée pour la mi-septembre. L'attente est réelle, car, depuis le printemps, silence radio. Seules ont transpiré les difficultés avérées de communication entre Matignon et l'avenue de Ségur.

En début de semaine a toutefois « fuité » une possible remise en cause de l'exonération fiscale dont bénéficient les salariés couverts par un contrat collectif d'entreprise. Une mesure préconisée par le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM) afin de réduire le coût, pour le budget de l'État, de la généralisation de la complémentaire santé et de rééquilibrer les aides entre collectif et individuel.

Certes, cette disposition n'est pas négligeable, mais elle ne paraît pas à la hauteur des changements annoncés par François Hollande lors du congrès de la Mutualité, et par Jean-Marc Ayrault dans le cadre de la stratégie nationale de santé. Lors des débats à l'Assemblée nationale sur la transposition de l'Accord national interprofessionnel du 11 janvier, la ministre de la Santé avait bien expliqué que l'ANI n'était qu'une étape dans le chantier de la complémentaire.

Il serait bon que les deux piliers travaillent de concert, d'autant plus lorsque le second devient essentiel dans l'accès aux soins.

À défaut de paroles ministérielles restent les travaux préparatoires. Dans son rapport de juillet, le HCAAM enfonce une nouvelle fois le clou de « l'efficience ». Le système de santé peut faire beaucoup mieux à investissement constant, ce qui passe, entre autres, par une « meilleure articulation » entre les régimes de base et complémentaire. Et le fameux rapport Cordier ne dit pas forcément autre chose lorsqu'il évoque un « socle commun ».

Bref, il serait bon que les deux piliers travaillent de concert, d'autant plus lorsque le second devient essentiel dans l'accès aux soins. La préconisation ne paraît pas insensée si ce n'est qu'elle est régulièrement brandie depuis la réforme de 2004... Sans grand succès. Les ministres passent et les (mauvaises) pratiques demeurent. Les conditions abracadabrantesques, à l'automne 2012, de la finalisation par l'assurance maladie et les syndicats de médecins de l'avenant n° 8 - sans la présence des complémentaires pourtant directement concernées - révèlent à elles seules le fossé entre les intentions et la pratique.

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