Vivre avec l'eau

Vivre avec l'eau
Laetitia Duarte Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

Hasard de l’actualité… Au moment où nous mettions la dernière main à notre dossier consacré à « l’après-Irma », Dame Nature faisait encore des siennes dans l’Aude. Les 15 et 16 octobre, Trèbes, Villegailhenc, Villemoustaussou, Pezens, Coursan et Saint-Marcel-sur-Aude ont subi des orages et des pluies diluviennes ayant provoqué une montée des eaux et des inondations d’une ampleur inédite, provocant 14 morts selon un dernier bilan.

Ce drame était-il évitable ? Aurait-on pu avertir les habitants et futurs sinistrés plus tôt ? Après chaque catastrophe naturelle, c’est toujours la même question. À des particuliers évacués, encore sous le choc, qui se plaignaient d’avoir été mal informés de la violence des intempéries à venir, Édouard Philippe, le Premier ministre, tentait d’expliquer que cet épisode météorologique était « par lui-même imprévisible ». Oui et non.

Comme l’ont expliqué plusieurs responsables de Météo-France, l’Aude a été placée en vigilance orange dès la matinée du dimanche 14 octobre, car un événement particulièrement dangereux, avec de fortes précipitations, était à craindre. Problème : on ne savait pas où exactement. Ce n’est qu’à l’aube, le lundi matin, que la vigilance rouge a été activée, une fois que les météorologues ont su que le phénomène allait se concentrer autour de Carcassonne. En pleine nuit, fallait-il sonner le tocsin et courir le risque que des habitants sortent de chez eux et soient emportés par les eaux ? Évidemment non.

Ce nouveau drame, dans une région déjà durement touchée en 1999, est d’une tristesse sans nom. Mais la compassion à l’égard des victimes ne doit pas faire oublier une chose : comme le rappelle le plan de prévention des risques d’inondations sur la commune de Trèbes, qui date de 2012, « en cinquante ans de mesures, on a noté sur la région plus de 200 pluies diluviennes de plus de 200 mm en 24 heures », l’équinoxe d’automne étant « la période la plus critique avec près de 75 % des débordements ». Et ce document de préciser que « lors de ces épisodes qui frappent aussi bien en plaine ou piémont qu’en montagne, il peut tomber en quelques heures plus de 30 % de la pluviométrie annuelle ».

Les populations concernées sont insuffisamment sensibilisées et préparées.

En d’autres termes, dans cette région, on sait depuis longtemps que le risque est élevé. D’une certaine manière, la catastrophe était donc prévisible. Mais force est de constater que les populations concernées sont insuffisamment sensibilisées et préparées à faire face à de tels phénomènes. En cas de crue, savoir « vivre avec l’eau » est pourtant vital. Autre impératif : une réflexion sur l’urbanisation. Même si, sur le papier, une zone inondable peut demeurer constructible, rebâtir à l’identique, après une catastrophe, est une hérésie. Plus largement, insiste dans une tribune parue sur le site Atlantico Isabelle Thomas, professeur d’urbanisme à l’Université de Montréal, et spécialiste des zones exposées aux risques naturels, il convient « de mener une réflexion stratégique sur l’adaptation des bâtiments et infrastructures existants, tout en assurant la prévention et la protection maximale par l’arrêt de toute nouvelle construction dans les secteurs les plus à risques ».

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