Y' a pas de quoi jubiler !

Y' a pas de quoi jubiler !
ANNE LAVAUD © ©BERNARD MARTINEZ

Que n'a-t-on pas lu sur les dangers de la titrisation ! Cette pratique consistant à « reconditionner » les crédits, en grande vogue à la fin du siècle dernier et dont les conséquences pèsent lourdement sur les premières années du nouveau, aurait fondamentalement modifié le modèle financier mondial.

Fini l'époque du « originate to hold », place à l'ère du « originate to distribute ». Le traditionnel « détenir » propre au banquier est devenu « distribuer ». Ces deux actions sans commune mesure font certes circuler l'argent, mais également le risque, au point de s'interroger sur la pertinence de l'analyse de celui qui l'a pris par rapport à celui qui le supportera. Jusque-là, rien de nouveau, et nombreux sont les observateurs et experts prompts à décortiquer dans les moindres détails les tenants et aboutissants de ces titres à la réputation parfois sulfureuse.

Alors, pourquoi en reparler ? Tout simplement parce que la tendance « to distribute » opère un retour en grâce sous la double poussée de Bâle 3 et de Solvabilité 2, dans le contexte de crise que l'on connaît. Ainsi, alors que les banquiers sont en quête de liquidités, les assureurs cherchent des alternatives aux obligations corporate et une réponse à leurs besoins de diversification des actifs. Voilà comment certains assureurs comme Axa, CNP ou Cardif passent-ils ou envisagent-ils de passer des accords avec des banques pour reprendre une partie des prêts qu'elles ont concédés. Résultat de ces opérations : la banque devenue intermédiaire mobilise moins de capital et gagne en liquidités pour satisfaire aux exigences de Bâle 3, et l'assureur espère trouver enfin une alternative à celles que la directive européenne Solvabilité 2 favorise : les dettes souveraines. Des souveraines qui n'ont, elles, vraiment pas de quoi jubiler !

Reste à savoir dans quelle mesure cette titrisation des crédits faits aux entreprises ne permettra pas aux assureurs de prouver leur volonté de revenir plus fortement dans le financement de l'économie. Un rôle un temps oublié, mais que le gouvernement actuel ne manquera pas de leur rappeler. Or, être en règle avec le « redressement productif » n'est sans doute pas innocent à l'heure où le risque fiscal pèse indiscutablement sur la profession... Ça fait une base de discussion !

Le Magazine

ÉDITION DU 05 juin 2020

ÉDITION DU 05 juin 2020 Je consulte

Emploi

SAS COHEN CORPORATE ASSURANCES

Commerciaux Sédentaires H/F

Postuler

Marche de Bretagne

Mandataires Indépendants H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurance - Incendie - Divers dommages aux biens.

Ville de Chanteloup les Vignes

07 juin

78 - CHANTELOUP LES VIGNES

Marche_Huissiers_Comminatoire.

DDFIP

07 juin

78 - DDFIP 78

Mission de commissariat aux comptes pour les exercices 2020 A 2025..

Société de Secours CNPMEM, Darrieus Guy

07 juin

75 - CNPMEM

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Y' a pas de quoi jubiler !

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié