Notaires : l'Unofi, ou l'art de se développer en toute discrétion

Notaires : l'Unofi, ou l'art de se développer en toute discrétion
Gwengoat PA / Getty Images / iStockphoto

Les notaires, dont les effectifs sont en forte expansion, ont créé il y a trente ans une compagnie d’assurance vie aujourd’hui en plein essor.

À l’image de la profession du notariat qui l’a créée, Unofi Assurances est un acteur discret, peu connu du grand public comme du monde de l’assurance. Créée en 1988, filiale du groupe Union notariale financière (Unofi), le bras armé des notaires dans le secteur de l’épargne (assurance vie, immobilier, épargne financière et crédit), la compagnie d’assurance vie – majoritairement détenue par le Conseil supérieur du notariat – distribue ses contrats grâce aux notaires, et seulement grâce à eux. La moitié de ses effectifs, 160 collaborateurs, est installée au sein de directions régionales pour intervenir à la demande des officiers ministériels et conseiller leurs clients. Avec une collecte de 486 M€ en 2017, Unofi Assurances est un acteur de taille modeste par rapport aux mastodontes du marché, mais se développe à un rythme soutenu (+ 11 % en 2016 et + 10 % en 2017).

Et à écouter Benoît Renaud, ancien notaire et directeur général de l’Unofi depuis juin 2016, le développement de la compagnie d’assurance ne devrait pas ralentir dans les années qui viennent.

La loi croissance du 6 août 2015, dite loi Macron, qui a conduit les notaires et leurs collaborateurs à descendre dans la rue pour demander le retrait du texte, a en effet également introduit des nouveautés qui ont de quoi doper l’essor de l’Unofi. Si la loi a permis une forte augmentation du nombre d’installation libérale de notaires, elle a aussi entériné la possibilité pour ces officiers ministériels d’avoir une activité de conseil facturée au client, en dehors de leurs traditionnelles prestations tarifées et en plus de leurs conseils réputés gracieux.

« Environ 30 % des offices et 25 % des notaires ont fait appel à l’Unofi au cours des douze derniers mois. C’est un chiffre qui demande à être amélioré. Notre objectif est de passer à une étude sur deux qui ferait appel à nous tous les ans », explique Benoît Renaud.

Plus de notaires

Actuellement, la France compte plus de 13 000 notaires, dont 1 500 de jeunes installés, qui ne connaissent pas forcément l’Unofi. Plus de 700 nouvelles installations ont été annoncées par le gouvernement début décembre 2018. Un objectif primordial pour l’Unofi est donc de se faire connaître, et apprécier, de la profession. Les notaires reçoivent tous les ans environ 20 millions de clients, pour parler patrimoine ou succession. Au quotidien lorsqu’il rencontre un client, le notaire prend connaissance de la situation de celui-ci et pratique une activité de conseil global. Mais son analyse est en capacité d’intégrer des éléments financiers qui peuvent être explicités par un conseiller Unofi, si le notaire le juge utile. Une centaine de dossiers de successions sont ainsi étudiés tous les mois.

Les relations entre les notaires et le groupe Unofi ont beaucoup évolué en quinze ans. Les frontières entre l’activité séculaire du notaire, qui consiste à informer et conseiller ses clients, et une activité de conseil financier à proprement parler ont été clarifiées. « Jusqu’en 2005, l’Unofi pouvait rétrocéder des honoraires aux notaires. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun flux financier entre les études et l’Unofi. Nous ne sommes en rien rémunérés par les notaires, et nous ne rémunérons pas les notaires, explique Benoît Renaud. Depuis la loi sur l’intermédiation d’assurance, il existe un cadre juridique clair lorsque le notaire assiste ses clients auprès de nous. Dans le cadre de cette activité de tiers de confiance et en fonction de l’étude patrimoniale préalable qu’il aura établie, le notaire peut désormais, depuis la loi croissance de 2015, être rémunéré par des honoraires de conseil, au titre de l’article L. 441-1 du code du commerce. »

Ainsi, le notaire propose à son client une étude patrimoniale, et peut la facturer, et l’Unofi intervient alors en support, gracieusement. Concrètement, un rendez-vous est organisé avec un conseiller Unofi et, à l’issue de cette étude, le client décide de poursuivre et de souscrire éventuellement les solutions préconisées par l’Unofi auprès de la compagnie, ou pas. « Nos produits sont techniquement très comparables à ceux de la concurrence. Mais l’Unofi propose un service d’accompagnement et de suivi, en mettant en place au moins un rendez-vous par an avec ses clients », souligne Benoît Renaud.

Assurer la transmission

L’idée est bien de s’adapter aux attentes des épargnants accueillis au sein des offices notariaux. « L’âge de souscription de nos clients est de 68 ans en moyenne. Ces derniers ne sont donc plus en phase d’endettement, mais plutôt au stade de la réflexion sur la manière de bien transmettre leur patrimoine et/ou de le rémunérer. Ils sont généralement prêts à accepter un rendement moins important en contrepartie de davantage de sécurité. Notre politique d’investissement est prudente, et sur le marché obligataire, nous n’investissons pas en deçà du triple B », détaille Benoît Renaud. Pour développer l’Unofi, pas question de proposer autre chose qu’une gestion de bon père de famille.

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