Pascal Demurger (Maif) : les unités de compte « ce n’est plus de l’assurance, mais de la gestion d’actifs »

Pascal Demurger (Maif) : les unités de compte « ce n’est plus de l’assurance, mais de la gestion d’actifs »
© photos : LAETITIA DUARTE

La Maif fait preuve de prudence sur les unités de compte, une stratégie qu’elle estime gagnante au vu de la crise boursière actuelle. Elle appelle à préserver l’avantage fiscal sur l’assurance-vie en euros.

 

« Le fonds euro, c’est terminé ». La phrase choc avait été prononcée en septembre dernier par le PDG de Generali France, Jean-Laurent Granier, après le passage des taux d’intérêt en territoire négatif. En raison de la faiblesse des rendements sur l’assurance-vie en fonds euros du fait des taux bas, nombre d’assureurs ont encouragé depuis quelques années le développement des unités de compte (UC), adossées à des placements plus risqués en actions mais qui permettent de dégager, dans le temps, une meilleure rémunération. Une tendance qui s’est accélérée depuis l’automne dernier, portée également par la bonne santé des marchés financiers. C’était sans compter le coronavirus, qui a provoqué en ce début d’année 2020 une véritable panique boursière

Protection des assurés...

La Maif se félicite ainsi de ne pas avoir encouragé ses sociétaires à souscrire des UC. Une prudence qui permet à ses épargnants de rester à l’abri des krachs. « Le rôle des assureurs est de protéger leurs assurés pour leurs risques physiques, mais aussi patrimoniaux. Nous considérons donc que l'assurance-vie doit garantir le capital. Sinon, ce n'est plus de l'assurance mais de la gestion d'actifs et, au lieu de porter le risque, on le transfère vers le client final. Une part d'UC peut être distribuée à certains clients, selon les profils, mais nous considérons que cela ne peut être une politique systématique », explique à l’Argus de l’assurance le directeur général de la Maif Pascal Demurger.

... et préservation de l'avantage fiscal

Selon lui, encourager à outrance le développement des unités de compte pourrait également donner de mauvaises idées au législateur sur le cadre fiscal de l’assurance-vie, dont la profession a bénéficié jusqu’ici. « Le régime fiscal dérogatoire de l'assurance-vie est lié au fait que l'assureur prend le risque. A trop se comporter comme des banquiers, on risque de remettre en cause un jour notre avantage fiscal.... », met-il en garde.

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