Chez les CGP, l'union fait plus que jamais la force

Chez les CGP, l'union fait plus que jamais la force

Les groupements de conseillers en gestion de patrimoine ont le vent en poupe. Explications sur les raisons qui poussent ces professionnels indépendants à coopérer sous diverses formes avec leurs pairs.

Ça bouge du côté des groupements de conseillers en gestion de patrimoine (CGP) ! Ces dernières semaines, plusieurs informations ont été publiées sur la création de nouvelles structures. Selon Bruno Delpeut, qui travaille depuis de nombreuses années dans l’univers des CGPI, « ces annonces récentes ne doivent rien au hasard : entre la concurrence des fintechs et autres pure players de l’assurance qui mettent en avant des frais réduits et les nouvelles obligations réglementaires (MIF 2, directive sur la distribution d’assurances) de plus en plus contraignantes, les CGP font face à une baisse de leurs marges et à une augmentation de leurs charges. Ils ont besoin d’une identité forte, d’outils et services efficaces, à plus bas prix, pour inverser cette tendance. »

Autre raison invoquée pour expliquer l’engouement en faveur des groupements, « la nécessité de peser davantage dans l’écosystème alors que l’on assiste, du côté des fournisseurs de produits, à une concentration du marché », explique Géraldine Métifeux. Associée gérante-conseil en gestion de patrimoine chez Alter égale, elle fait notamment référence au rachat par Nortia, en novembre dernier, de Sélection 1818 et d’Aprep Diffusion, deux plateformes de produits financiers prisés des CGP.

37 % la part des CGPI souhaitant se rapprocher d’autres confrères

Savoir-faire

Selon le livre blanc de la société d’études et de conseils Aprédia, publié en mars 2018, 25,4 % des indépendants déclaraient appartenir à un groupement formel ou informel à fin 2017. Mais le mouvement des professionnels paraît très clair : selon la même étude, 37 % des CGPI souhaitaient se rapprocher d’autres confrères en 2018. Un chiffre en augmentation de six points par rapport à l’édition précédente.

Ce pas du rapprochement, Karen Fiol, conseil en gestion de patrimoine à Aix-en-Provence, l’a franchi le 31 janvier dernier en participant à la création du groupement Incipio, une structure qui rassemble cinq cabinets (trois parisiens et deux régionaux) : « Nous avons une ancienneté similaire en tant que chef d’entreprise et nous sommes de la même génération. Mais, surtout, nous affichons la même dynamique », explique-t-elle. Ce qu’elle attend de ce groupement ? « Un jus de cerveau pour gagner en efficacité, en compé­tences. Mettre nos savoir-faire en commun pour avancer plus vite. » Pour elle, « c’est une grande force, car cela va réveiller nos neurones ».

C’est sur cette même base que le groupement Club des entrepreneurs CGP a été fondé, en 2009. « Notre ADN est dans notre intitulé. Nous échangeons entre entrepreneurs pour progresser et nous développer. Un peu comme un think tank », résume Hélène Barraud-Ousset, cofondatrice du groupement, qui vient d’en prendre la présidence. L’occasion de faire quelques annonces : « Deux nouveaux membres vont prochainement nous rejoindre et nous allons développer les formations. Mais chaque structure garde son indépendance. Le groupement n’impose pas d’obligation. Si ce n’est une présence, autant que faire se peut, lors de nos réunions bimestrielles. »

Pascal Jouve, cabinet Corellon (Toulon), associé du groupement Cercle France Patrimoine
« Partager ses bonnes pratiques professionnelles »

“Les groupements de CGP ont toujours eu un intérêt pour notre profession atomisée. Le besoin de se retrouver et d’échanger avec des confrères aux diverses spécialités est réel. Finalement, peu importe la forme juridique retenue. Ce qui compte, c’est d’avoirun esprit associatif. Le groupement est le lieu où l’on peut partager ses bonnes pratiques professionnelles sans filtre et avec bienveillance. Lors de rencontres, plusieurs fois par an, nous échangeons et nous nous formons pour aller toujours plus de l’avant. Le Cercle France Patrimoine regroupe 15 cabinets répartis dans 17 villes françaises. Nous affichons un milliard d’actifs en gestion, ce qui nous permet également d’agir comme une centrale d’achats et de réaliser des achats groupés, sans package, le tout en restant libre en fonction de nos besoins. ”

 

Mise en commun

Pour sa part, Incipio ambitionne d’ores et déjà d’aller bien plus loin. « Nous souhaitons bénéficier d’un même back-office et rapidement avoir une communication commune auprès des clients et fournisseurs », précise Karen Fiol. « Nous ne nous empêchons pas d’avoir, à terme, une seule structure », complète Géraldine Métifeux, qui a également cofondé Incipio.

Début février, Bruno Delpeut a annoncé le lancement d’Anseris, un groupe associant dans son capital des cabinets de CGP libéraux, et cela après avoir cédé Infinitis, un groupement commercial à destinations des CGP. Selon lui, « le groupe est l’évolution naturelle du groupement ». Concrètement, les fonctions supports des cabinets associés sont assurées par Anseris, ce qui permet aux conseillers en gestion de patrimoine associés, libérés de nombreuses contraintes, de se consacrer au développement de leur clientèle. Le tout moyennant une cotisation annuelle de 10 000 € HT, amortis par les rémunérations plus intéressantes négociées par le groupe et par les économies réalisées sur les outils et services métiers.

« Contrairement aux plateformes de services ou certains groupements commerciaux avec des cotisations ou des pourcentages sur le CA, les adhérents sont actifs. Ils sont associés du groupe et participent notamment aux décisions concernant les outils développés pour les cabinets associés. Notre modèle ressemble à ce qu’a développé Fidal chez les avocats, il repose sur une croissance agrégée et non sur de la croissance externe », poursuit Bruno Delpeut. Sa cible ? « Les structures de 1 à 5 conseillers en gestion de patrimoine, qui représentent 88 % du marché et pour lesquels l’environnement changeant constitue un véritable défi. » À terme, il souhaite fédérer 100 cabinets sur les 4 000 existants en France, et précise que les membres des groupements de CGPI sont les bienvenus.

La forme associative domine

  • Lorsque les conseillers en gestion de patrimoine souhaitent s’unir, ils choisissent à plus de 80% la forme associative (loi 1901).
  • Quelques groupements – à l’instar d’Incipio qui vient de voir le jour – ont opté pour un groupement d’intérêt économique (GIE).
  • À noter également le cas du groupement Finindep, créé en 1993. Il s’agit d’une société par actions simplifiées (SAS) dont le budget est financé par les cotisations des membres et les contributions de ses partenaires. « Chaque cabinet membre est associé de la SAS Finindep et les décisions importantes sont prises à la majorité des cabinets », précise le groupement.

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