Les conséquences d’un choc alimentaire sont sous-estimées (Lloyd’s)

Les conséquences d’un choc alimentaire sont sous-estimées (Lloyd’s)
L'agriculture emploie 40% des travailleurs dans le monde.

Le Lloyd’s, premier marché mondial de l’assurance et de la réassurance, invite les compagnies à envisager les répercussions d’une catastrophe naturelle dans un monde ultra-connecté, au-delà des conséquences physiques et financières immédiates sur le système alimentaire.

Le Lloyd’s, premier marché mondial de l’assurance et de la réassurance, a souhaité envisager un scénario composé de trois perturbations - catastrophes naturelles et pandémie chez les végétaux - pour évaluer les répercussions en série d’une perturbation du système alimentaire mondial. « Les compagnies d’assurance se sont toujours penchées uniquement sur les conséquences financières et physiques des catastrophes, annonce en présentation du rapport Tom Bolt, directeur du département performance management au Lloyd’s. Mais dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, ces évènements peuvent avoir des répercussions économiques et humanitaires profondes et complexes ».

Système alimentaire mondialisé : hausse des bénéfices et des risques

Le système alimentaire mondial est soumis à une pression continue. LA FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, prévoit ainsi que la production agricole mondiale devra plus que doubler d’ici 2050. Or la complexité et l’imbrication inédites du système alimentaire mondial amène à la fois des bénéfices significatifs et des risques systémiques. « La volatilité des cours alimentaires et l’instabilité politique croissante sont susceptibles d’amplifier les impacts de chocs de la production agricole », rappelle le rapport du Lloyd’s. Le moindre grain de sable déstabilise donc l’économie globalisée.

+ 500% pour le prix du riz

Le scénario développé par le Lloyd’s envisage ainsi qu’une série de perturbations liées au phénomène El Niño – inondations aux Etats-Unis, sécheresse puis pluies torrentielles en Asie, épidémie sur du blé en Amérique du Sud et Caucase - pourraient entraîner une chute de 10% de la production mondiale de maïs, de 11% de la production de soja, de 7% de la production de blé et de 7% de la production de riz. Les prix des trois premières denrées pourraient alors atteindre quatre fois les niveaux pratiqués au cours des vingt années précédant la crise alimentaire mondiale de 2007/2008 et le prix du riz pourrait bondir de 500%. Ces variations soudaines pourraient alors conduire à des émeutes de la faim dans les zones urbaines du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Amérique latine, entraînant de surcroît une instabilité politique accrue et des conséquences sur un large éventail d’entreprises.

Des marchés boursiers déstabilisés

Les actions liées aux produits agricoles pourraient tirer parti de cette situation, reconnaît le rapport de la bourse londonienne, mais l’incidence économique globale et l’instabilité politique qui résulteraient de la hausse des prix alimentaires nuiraient aux marchés financiers. Selon le scénario développé par le Lloyd’s, les principaux marchés boursiers européens pourraient perdre 10% de leur valeur et 5% pour les marchés d’Amérique du Nord.

De nombreuses branches sollicitées

Les demandes d’indemnisation pourraient alors être enregistrées dans de nombreuses branches d’assurance comme le terrorisme, la violence politique, le risque politique, les pertes d’exploitation, la marine et l’aviation, l’agriculture, la responsabilité et le rappel de produits et la responsabilité environnementale. Et ces pertes pourraient être aggravées par le risque que le choc survenu dans le système alimentaire génère des pertes s’étalant sur plusieurs années. « La capacité des compagnies d’assurance à verser rapidement les indemnités serait alors un facteur majeur de la reprise après le choc », établit le rapport. De manière plus générale, le secteur de l’assurance serait également affecté par les répercussions sur les revenus d’investissement et l’environnement réglementaire et commercial international.

La résilience, mission des assureurs

Le Lloyd’s conclut que le secteur de l’assurance est amené à jouer un rôle crucial dans le renforcement de la capacité de résilience des collectivités, des entreprises et des gouvernements. « Notre rôle n’est pas seulement de veiller à ce que notre capacité à verser des indemnités les aide à se rétablir rapidement, mais également de faire en sorte qu’ils connaissent mieux les risques auxquels ils sont exposés dans un monde interdépendant », assure Tom Bolt. De son côté, le directeur du Lloyd’s en France, Guy-Antoine de la Rochefoucauld espère aussi que la conférence sur le changement climatique COP 21, qui se tiendra à Paris fin novembre 2015, puisse être « une excellente occasion de prolonger le débat sur la façon dont la perturbation d’une des principales zones de production alimentaire du monde aurait des effets considérables. » Le Lloyd's invite les assureurs à travailler avec des chercheurs pour développer des modèles capables d’envisager non seulement les conséquences physiques immédiates de catastrophes naturelles, mais aussi les répercussions économiques et sociales.

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