Les infrastructures, meilleurs remparts contre la crise mondiale

Les infrastructures, meilleurs remparts contre la crise mondiale

Les infrastructures sont-elles réellement décorrélées des cycles économiques ? C’est la question que se pose aujourd’hui nombre d’investisseurs, surtout à la lumière des récents mouvements violents connus sur différentes classes d’actifs. La réponse à cette question se trouve, pour l’essentiel, dans le niveau des besoins en infrastructures des pays d’Asie.

Les actifs d'infrastructure sont particulièrement hétérogènes, bien qu'ils aient deux éléments communs. Tout d'abord, ils ont une phase opérationnelle de long terme et durent généralement plusieurs cycles économiques, 25 à 30 ans voire plus. Deuxièmement, si leur utilisation peut être influencée par les évolutions en matière de dépenses de consommation ou les investissements des entreprises, elle est généralement davantage motivée par des facteurs démographiques et sociétaux.

La demande en soins de santé, pour des systèmes de transmission d'énergie fiables ou de téléphonie mobile n'est pas principalement dirigée par la conjoncture économique. L'accès à une eau potable sûre et propre ne dépend pas plus de l'humeur des entreprises privées du secteur.

Des secteurs plus sensibles que d’autres

Si les infrastructures en général peuvent être largement déconnectées du cycle économique, certains secteurs sont cependant plus sensibles à la demande que d'autres. En période d'expansion économique, une route à péage génère plus de revenus qu'elle ne le ferait en plein marasme économique. Et, comme la pandémie de COVID l'a récemment démontré, l'activité des compagnies aériennes peut chuter de façon précipitée à des niveaux inimaginables et totalement imprévus.

La transition énergétique est une révolution structurelle qui ne dépend pas de la situation économique actuelle, mais de l'urgence environnementale pour demain. Les bouleversements dans la production d'énergie viendront de la prise de conscience que le recours aux combustibles fossiles est totalement incompatible avec l'accord de Paris des Nations unies. Les pays donnent déjà la priorité à l'accès au réseau pour les énergies renouvelables et le secteur financier a réagi en réduisant les prêts pour la production d'électricité à partir du charbon.

Les entreprises ne produiront plus ce que les consommateurs refusent de consommer et si elles ne prennent pas en compte leurs nouvelles attentes, les gouvernements prendront le relai avec de strictes réglementations. Les actionnaires refuseront aussi d’être à la tête d'actifs immobilisés consommant du capital.

Les protections offertes par la réglementation sont l’une des caractéristiques des infrastructures et le secteur des énergies renouvelables semble le mieux placé pour en tirer profit, les gouvernements étant de plus en plus enclins à aligner leurs investissements stratégiques de long terme sur les exigences d'une société nouvellement mobilisée et engagée.

La finance engagée face aux émissions de CO2

ThomasLloyd soutient le groupe de travail sur les informations financières liées au climat (TCFD). Dans son rapport 2019, la Task Force a noté que plus de 340 investisseurs avec près de 34.000 milliards de dollars d'actifs sous gestion se sont engagés à pousser les plus grandes entreprises émettrices de gaz à effet de serre du monde à divulguer au grand jour les risques. Les recherches de l'Institut d'économie et d'analyse financière de l'énergie (IEEFA) montrent que 17 des plus grands assureurs mondiaux contrôlant 46% de la réassurance ont décidé de sortir du charbon. Les assureurs ont également cédé pour environ 8.900 milliards de dollars d'investissements liés au charbon, soit plus d'un tiers (37 %) des actifs mondiaux de l'industrie.

Si le secteur financier joue son rôle de catalyseur de la transition énergétique, il reste encore beaucoup à faire, surtout en Asie. Selon le Global Carbon Project (GCP), les émissions mondiales de CO 2 ont atteint 36,2 milliards de tonnes en 2017. Les États-Unis en ont émis 6,5 milliards de tonnes et l'Europe 3,5 milliards de tonnes. La Chine, cependant, a contribué à hauteur de 9,8 milliards de tonnes, soit 27 % du total mondial tandis que l'Inde a ajouté 2,5 milliards de tonnes supplémentaires.

Les chiffres sont encore plus sombres si l'on analyse les émissions de CO 2 par rapport à l'activité économique. Pour chaque trillion de dollars US de PIB, les États-Unis émettent 247,6 millions de tonnes de CO 2. Les performances de l'Union Européenne sont nettement meilleures avec 187,2 millions de tonnes par trillion de PIB, tandis que le Japon se situe entre les deux avec 235,3 millions de tonnes. En Chine, en revanche, le chiffre comparable est de 695 millions de tonnes- presque quatre fois plus que l'UE - alors que l'Inde est encore plus mal lotie avec un chiffre choquant de 862,1 millions tonnes.

L’Asie au cœur de la solution

Il est clair que le problème mondial est un problème asiatique et que pour le résoudre, il faudra une solution asiatique.

L'Inde compte aujourd'hui un total de 40 villes ayant chacune une population supérieure à un million d'habitants. Sur ces villes, six ont une population qui dépasse les 10 millions d'habitants. En Chine continentale, on trouve aujourd'hui, plus de 100 villes comptant au moins un million d'habitants et les dix premières ont une population totale de 122 millions d'habitants.

Le rythme de l'urbanisation devrait se poursuivre, ce qui impose d’énormes besoins d’infrastructures pour soutenir sa croissance. En Inde, Delhi comptera près de 16 millions d’habitants supplémentaires d'ici à 2050, tandis que Mumbai devrait croître de près de 20 millions d'habitants pour devenir la ville la plus peuplée du monde à la même échéance.

Bien que près de 900 milliards de dollars soient dépensés chaque année pour les infrastructures en Asie et dans le Pacifique, c'est nettement moins que les 1.700 milliards de dollars que la Banque asiatique de développement (BAD) estime nécessaire pour la région chaque année jusqu'en 2030. L'énergie et les transports représentent près de 90 % des besoins d'investissement totaux.

Les infrastructures pour sortir de la crise sanitaire

Durant ces derniers mois, nul n'a été à l'abri de la crise du Covid. Directement ou indirectement, elle a touché tous les individus, familles et entreprises dans le monde entier. Outre le "choc de la demande" dû à la baisse des revenus - des entreprises et des ménages – tous subissent un "choc de l'offre" à l'échelle mondiale en raison des frontières nouvellement érigées et de l’interruption de la libre circulation des biens et des services. Le monde du travail doit également faire face à un "choc logistique", les entreprises devant s’adapter aux nouvelles pratiques de télétravail.

Le confinement nous a donné à tous le temps de réfléchir sur qui nous sommes, ce que nous voulons, ce dont nous avons besoin et ce que nous attendons. Pour beaucoup, cette réflexion se traduira par de nouvelles exigences vis-à-vis des entreprises et des gouvernements. Nous avons maintenant la possibilité d'investir dans des infrastructures durables pour la production d'une énergie fiable et durable, la fourniture d'eau pure et propre, l'évacuation des eaux usées et des déchets, la fourniture d’une communication numériquement et voyager en toute sécurité. L'investissement dans les infrastructures est vital pour la reprise économique et sociale via un soutien résilient aux communautés locales.

La construction de ces infrastructures de long terme nécessite des capitaux de long terme. Les fonds d'investissement qui promettent des liquidités à court terme ne peuvent pas promettre des performances durables. Les Investisseurs le comprennent de plus en plus. Une diversification efficace de portefeuille ne peut être obtenue en suivant passivement un indice d'actions cotées en Bourse. Investir pour un avenir durable dans le développement d'actifs réels est la proposition la plus convaincante.

Nick Parsons, Managing Director,

Head of Research and ESG chez ThomasLloyd

Fondé en 2003, ThomasLloyd est une entreprise d’investissement et de conseil qui compte aujourd’hui parmi les leaders mondiaux de l’investissement équitable et durable et des financements en faveur du climat. L’entreprise siège à Zurich et administre actuellement, par le biais de plus de 250 collaborateurs répartis sur 17 sites en Amérique du Nord Europe et en Asie, plus de 4,1 milliards de dollars pour le compte de plus de 60 000 investisseurs privés et institutionnels

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