Philippe Donnet (Generali) : « les risques financiers paraissent encore supportables » (Amrae 2018)

Philippe Donnet (Generali) : « les risques financiers paraissent encore supportables » (Amrae 2018)

Le directeur général de Generali était invité à débattre, mercredi 7 février, en ouverture des 26e rencontres du risk management, des risques d'instabilité économique et financière qui, selon lui, restent mesurés.

Quels sont les grands risques d’instabilité économique et financière ? Sur fonds de politiques de taux bas, de crypto-monnaies, d'innovation, de concurrence fiscale entre les pays, de tensions géopolitiques et de risques climatiques, c'est à cette vaste question qu'étaient invités à répondre, lors de la première table ronde des 26e rencontres du risk management, du 7 au 9 février à Marseille, Philippe Donnet, directeur général du groupe Generali, Philippe Dessertine, économiste, professeur d'économie à l’Institut d’administration des entreprises de l'Université Paris Panthéon Sorbonne, et Todd Jones, directeur du secteur risque d’entreprise et courtage chez Willis Towers Watson

En préambule, Philippe Donnet s'est amusé à décrire le monde tel qu'on le voyait au forum économique mondial de Davos, en Suisse, avec, d’un côté, un ciel bleu, incarné par « le retour de la croissance aux Etats-Unis avec une situation de quasi plein emploi, une croissance toujours forte en Chine et en Asie, le retour de la croissance en Europe avec de nouvelles perspectives ». Et de l’autre, des « nuages qui restent importants » à l’image des risques géopolitiques majeurs (Corée du Nord, Iran et Moyen Orient), des risques climatiques forts et des risques démographiques pesant sur l’équilibre planétaire. Et le directeur général de Generali d’insister sur un point : c’est la conjugaison de tous ces risques, très dépendants les uns des autres, « qui crée des difficultés ».

« il ne faut pas paniquer  »

Quid du risque d’inflation ? « A Davos, on en beaucoup parlé », a répondu Philippe Donnet mais selon lui, « il ne faut pas paniquer. L’inflation reste contenue, les risques financiers paraissent encore supportables », le paysage économique est « assez équilibré » même s’il reconnaît bien volontiers que la « croissance ne sera durable que si elle solidaire et inclusive ». En clair, si elle ne laisse personne et ni aucun sujet fondamental au bord du chemin.

Interrogé sur le coup de tabac qui a fortement secoué les marchés actions au Japon, aux Etats-Unis et en Europe en début de semaine, l’économiste Philippe Dessertine a insisté sur un point fondamental selon lui : après la crise financière de 2007-2008, « on n’avait jamais connu une intervention aussi forte des banques centrales. Il n’existe aucune référence permettant de dire ce qui va se passer ». Or, a-t-il précisé, il y a une chose dont on parle insuffisamment : la réforme fiscale initiée par Donald Trump – et votée par le congrès américain – et ses conséquences sur le déficit public des Etats-Unis.

« L’Etat américain va davantage emprunter sur les marchés, les capitaux longs vont plus rapporter que les marchés actions », estime Philippe Dessertine. Dans un contexte où les salaires montent car on est en situation de quasi plein emploi Outre-Atlantique, « on pressent bien qu’on est en haut d’un cycle » avec à la clé, un risque d’inflation et des taux longs qui pourraient plus fortement que ce qui était escompté il y a encore peu.

« il n’y a jamais eu de meilleur moment pour être dans ce business »

Le niveau de complexité est tel, avec le lot d’anxiété que cela implique, que paradoxalement, « il n’y a jamais eu de meilleur moment pour être dans ce business », affirme de son côté Todd Jones qui insiste sur les formidables opportunités induites par « la convergence entre les ressources humaines et le risk management ». Explications : les entreprises sont performantes lorsqu’il y a un engagement et une implication forte de ses salariés. Ce qui rend « son profil de risque… moins élevé ».

Le risque, c’est par là que le salut viendra, a même osé, finalement, Philippe Dessertine. « Nous sommes, en 2018, au tout début de la 4e révolution industrielle. Il y a eu 1850 avec l’arrivée de la vapeur, les années 1900 avec celle du pétrole et de l’électricité », a disserté l’économiste, le nucléaire et l’informatique ont engendré « une demi-révolution industrielle ». Mais avec le numérique et le digital, « on vient à peine de voir s’allumer l’ampoule ». Et de conclure : « il n’y a jamais eu de plus belle époque pour penser risques », et non pas se contenter « de les gérer ». Ce qui implique, selon lui, « de tenter » et prendre le… risque « d’échouer ». 

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