[DOSSIER] Les courtiers des cent principales entreprises françaises 8/12

Nouveaux risques, nouveaux besoins

Nouveaux risques, nouveaux besoins

Le monde de l'assurance porte un regard gourmand sur les entreprises de taille intermédiaire, une cible de plus en plus exposée, en quête de capacité et de solutions, mais qui devient plus exigeante.

Depuis plusieurs années, le marché de l'assurance sur le segment des grands comptes est atone. Ainsi, deux leviers de croissance se dégagent pour les courtiers et les assureurs grands risques : l'international et les entreprises de taille intermédiaires. Pourquoi ? Parce qu'elles intensifient leur gestion des risques assurables, s'internationalisent et s'exposent ainsi à de nouveaux risques.

Un changement de comportement

4 600

Le nombre d'ETI en France. Elles sont 12 500 en Allemagne et 10 500 en Grande-Bretagne.

Source : Asmep-ETI

L'étude Mactavish parue au second semestre 2013 souligne une demande croissante des entreprises de taille intermédiaire en termes de gestion des risques ou encore des programmes d'assurances. « De par les obligations qu'ont certaines entreprises de se doter d'un comité d'audit des risques et en raison de la conjoncture délicate, la fonction de risk manager est davantage mise en avant, y compris dans les ETI », confirme Gilbert Canameras, pré-sident de l'Amrae.

« Aujourd'hui, cette cible est certes convoitée mais encore très peu adressée. Nous sommes ainsi précurseurs dans ce domaine à destination de cette typologie d'entreprises », ajoute Gilles Proust, président d'Arengi, cabinet de conseil indépendant entièrement dédié à la gouvernance et à la gestion des risques. Mais la place grandissante du risk management au sein des entreprises de taille intermédiaire explique à elle seule les nouvelles velléités de croissance que nourrissent aujourd'hui les professionnels de l'assurance sur un marché loin d'être saturé.

58%

Le pourcentage des sociétés interrogées qui reconnaissent que leurs produits présentent une exposition plus importante aux risques qu'auparavant.

Source : Mactavish

Un marché où, d'ailleurs, l'aspect tarifaire n'est plus le seul facteur de différenciation entre les sociétés de courtage. « Les ETI ont besoin d'une qualité de servicing très élevée. Elles ont, pour les plus grandes d'entre elles, des problématiques sur toutes les branches IARD, et même transport. De par leur internationalisation, elles sont également confrontées à de nouvelles expositions », étaye Martin Ferté, directeur exé-cutif IARDT de Siaci Saint-Honoré.

Pression réglementaire et contractuelle

3 millions

Le nombre de salariés travaillant au sein des ETI françaises, soit 23% de l'emploi national.

Source : Asmep-ETI

Entre durcissement contractuel et réglementaire, risques politiques, catastrophes naturelles ou encore rupture potentielle de la chaîne d'approvisionnement, les nouvelles expositions des ETI à l'international sont nombreuses. Selon Mactavish, 75% des 250 entreprises interrogées déclarent en effet être confrontées à une aggravation de la pression réglementaire et contractuelle. Prises entre grands clients et fournisseurs, elles sont davantage exposées aux pénalités de retard et aux risques affectant leur responsabilité civile (RC), principalement en cas de défaut de produits ou de prestations.

Par ailleurs, 65% des entreprises interrogées reconnaissent avoir restructuré leur supply chain au cours des dernières années. À l'heure d'une conjoncture délicate, ces dernières sont dans l'obligation d'optimiser leurs stocks et de rationaliser leurs approvisionnements. De ce fait, leurs supply chains s'avèrent de plus en plus interdépendantes et exposées à des sinistres de forte intensité tant en amont qu'en aval. C'est une nouvelle preuve, selon Marc Michoulier, directeur général adjoint et membre du directoire de Marsh France, que « de plus en plus d'ETI ont les mêmes problèmes et défis que les grands groupes. »

L'exigence dans la gestion

Une conjoncture délicate, une tension sur la supply chain et une exposition aux catastrophes naturelles : tout est réuni pour accroître le niveau d'exigence en matière de gestion des risques au sein des ETI. « Elles sont ainsi très vigilantes sur la qualité de gestion que leur propose leur courtier. Notamment en ce qui concerne la gestion des sinistres », confie Éric Maumy, di-recteur général de Verlingue. Et ce n'est pas l'étude Mactavish qui le contredira. En effet, les entreprises interrogées confient que la gestion des sinistres, le besoin de technicité, de présence, de réactivité et de partage d'expérience est un facteur de différenciation dans le choix des intermédiaires.

Devant composer avec des niveaux de trésorerie plus tendus que ceux des grands groupes, cette gestion des sinistres doit être extrêmement efficace et réactive. « La qualité de gestion des sinistres est encore plus primordiale pour les entreprises de taille intermédiaire. Justement, à partir de ce mois-ci, nous intégrons totalement les équipes des gestionnaires de sinistres, et ce afin de les rapprocher des souscripteurs. L'objectif : gagner en réactivité et en services », déclare Odile Lasternas-Brecy, directeur Global Corporate France chez Generali.

D'autre part, ces entreprises ont la volonté de se faire accompagner par un réseau à l'international.

« Ce sont les ETI qui exportent de plus en plus et qui connaissent de nouveaux risques à l'international. Or, ces risques, nous arrivons à bien les appréhender à la fois grâce à notre expérience dans les placements assurantiels et dans la gestion des risques mais aussi grâce à notre réseau intégré présent dans le monde entier », explique Laurent Belhout, directeur général d'Aon Risk Solutions.

Accompagnement à l'international

Cette opinion est partagée par les assureurs grands risques. « Aujourd'hui, nous travaillons de concert avec les différentes entités du groupe Axa afin d'accompagner au mieux, notamment à l'international, des entreprises de toutes tailles », appuie Patrick de la Morinerie, directeur général adjoint d'Axa Corporate Solutions. De son côté, Ace Europe met à disposition de cette typologie d'entreprises un outil offrant une visibilité globale sur tous les contrats émis au niveau local et ce, dans les pays où l'assureur est directement présent. D'autres, comme Generali, proposent un service d'analyse personnalisée de leur cartographie des risques, notamment à l'international, et en dégagent leurs besoins réels en assurance.

Enfin, les dernières exigences de cette cible tant convoitée sont la simplicité, la technicité et la proximité. Anne Charon, CEO de Zurich France, confirme : « Les chefs d'entreprise d'ETI attendent de leurs assureurs et de leurs courtiers que ces derniers leur parlent le même langage qu'eux. » Et Éric Maumy (Verlingue) de conclure : « L'accompagnement au quotidien passe en effet à la fois par de la proximité terrain et par de la technicité directement accessible et ce, grâce à des talents implantés en région. »

QU'EST QU'UNE ETI SELON L'INSEE ?

  • Une entreprise de taille intermédiaire est une structure qui compte entre 250 et 4 999 salariés, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Outre ce critère, pour entrer dans cette catégorie, elle doit enregistrer un chiffre d'affaires n'excédant pas 1,5 Md€, soit un total de bilan n'excédant pas, lui, 2 Md€.
  • De plus, toujours selon l'Insee, une entreprise comptant moins de 250 salariés, mais une activité de plus de 50 M€ et plus de 43 M€ de total de bilan, entre également dans la catégorie des entreprises de taille intermédiaire.

ALEXANDRE MONTAY, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DU SYNDICAT DES ETI ET DES ENTREPRISES PATRIMONIALES « L'accompagnement à l'international, un véritable enjeu »

Comment expliquez-vous que les ETI soient la cible de tant intérêt des assureurs et courtiers ?

Bon nombre d'entre elles vont sur de nouveaux marchés à l'international et se découvrent des besoins d'accompagnement, notamment au niveau assurantiel. Ces nouveaux risques génèrent des besoins et, par ricochet, cette cible intéresse forcément courtiers et assureurs.

Comment évolue le risk management dans ces sociétés ?

Les ETI prennent des risques et ont parfois des niveaux de trésorerie qui peuvent être sévèrement touchés par des sinistres.

Ces entreprises essaient donc de limiter leurs expositions et d'analyser de manière plus fine leurs risques. On parle aujourd'hui davantage d'audit des risques, de comité des risques ou de risk management qu'il y a quelques années où le gestionnaire de risque était, d'abord et avant tout, le chef d'entreprise.

Que demandent les ETI aux courtiers et assureurs ?

Elles leur demandent que l'assurance ne soit pas un problème, mais bien une solution avec des produits adaptés aux spécificités de cette catégorie d'entreprises. Compte tenu des stratégies de ces sociétés à l'international, il est très important que la gestion des sinistres soit de qualité. Ce type d'entreprise ne peut pas se permettre, encore moins que les grands groupes, d'avoir des retards au niveau de leur indemnisation. De plus, l'accompagnement des ETI dans leur stratégie internationale, notamment pour protéger leurs actifs et couvrir la supply chain, est aujourd'hui un véritable enjeu.

PROPOS RECUEILLIS PAR T. B.

QUELS SONT LES BESOINS DES ETI ?

« Elles attendent de leurs assureurs et courtiers que ces derniers leur parlent le même langage qu’elles. »

Anne Charon, CEO de Zurich France

« Elles sont en demande d’accompagnement notamment au niveau international. »

Christophe Parizot, directeur des risques industriels de Bessé

« Elles ont besoin de proximité, mais aussi de plus de technicité. »

Jean Couturié, président du directoire de Diot

« Les ETI ont un besoin grandissant en matière de gestion des risques. »

Patrick de la Morinerie, directeur général adjoint d’Axa Corporate Solutions

« Les ETI veulent une constance au niveau des équipes. Elles ne supportent pas les turnovers incessants. »

Éric Maumy, directeur général de Verlingue

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