[DOSSIER] Les risques psychosociaux 5/5

Piloter les RPS avec assurance

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Le management des risques psychosociaux passe par une prévention à trois étages. Revue des avantages pour les assureurs à s'inscrire dans cette démarche.

Dans un environnement du travail marqué par de fortes mutations, sous la menace constante et anxiogène de la crise, les risques psychosociaux trouvent un terreau particulièrement fertile à leur développement.

Trois niveaux de prévention

Il existe cependant une méthodologie déjà bien établie pour les prévenir. Il est courant de distinguer trois niveaux de prévention des RPS. La prévention primaire permet de s'attaquer directement aux causes du mal-être. Il s'agit de faire appel au dialogue social au sein de l'entreprise pour en parfaire le fonctionnement. C'est, de loin, l'approche la plus complexe à mettre en pratique...

Le niveau secondaire vise à réguler une situation risquée préexistante par des actions concrètes. Le but est d'armer le salarié face au risque. À ce stade, le recours à la formation est souvent envisagé, par exemple pour apprendre à gérer l'agressivité lors de la relation avec un client. La collecte informatisée des données par questionnaires et leur analyse à l'aide de tableaux de bord favorisent la mise en oeuvre de ces correctifs.

Enfin, le niveau tertiaire est dédié à l'accompagnement des individus en souffrance. Il passe par l'écoute, le suivi thérapeutique, jusqu'à l'aide au retour à l'activité professionnelle. Selon Jérôme Bouchet, directeur des projets chez Psya, cabinet spécialisé dans la prévention des RPS, « nous sommes souvent sollicités en première instance pour intervenir au niveau tertiaire, lorsque les personnes ont déjà subi

1/5

Proportion des salariés qui déclarent souffrir de troubles liés au stress

(SOURCE : INRS)

 

les effets de l'organisation. Notre objectif est d'amener celles-ci à s'intéresser à des actions de prévention plus en amont et à articuler les trois niveaux de prévention en tirant des enseignements des situations de crise ».

L'individuel et le collectif

En France, la culture d'entreprise tend à mettre l'accent sur l'aspect collectif du problème des RPS. En témoigne l'accord national interprofessionnel du 23 juin 2013, qui entend aller « vers une politique d'amélioration de la qualité de vie au travail ». La tendance pourrait cependant évoluer sous l'influence de pratiques provenant du Canada. Avec en ligne de mire l'idée de concilier l'approche organisationnelle et l'approche individuelle. C'est du moins ce que l'on pense chez Psya, qui développe, en partenariat avec Deuxpointcinq, spécialiste de la santé et du mieux-être en entreprise, le programme canadien d'Acti-Menu « Ma santé je m'en occupe ». La démarche part de l'autoévaluation du salarié pour aboutir à des actions construites à partir des données recueillies, comme des ateliers sommeil, de lutte contre le tabagisme, etc.

La place de l'assurance

En droite ligne de cette cartographie des RPS dans l'entreprise, se pose la question du coût de cette « prévoyance santé ». Comme l'explique Christian Mainguy, directeur général de Réhalto, une filiale du groupe Scor, « l'un des points de jonction entre les risques psychosociaux et l'assurance se situe notamment au niveau tertiaire, en faisant en sorte de permettre le retour à l'emploi de la personne en arrêt de travail, ce qui libère de la provision mathématique et réduit le coût du risque ». Pour l'heure, la prévention des risques psychosociaux et l'assurance ont certainement vocation à interagir aux niveaux secondaire et tertiaire de la prévention. En revanche, au niveau primaire, il ne semble pas être dans le rôle de l'assureur d'influencer directement l'organisation de l'entreprise qu'il couvre.

LORSQUE LA VIOLENCE FAIT PARTIE DU MÉTIER

Le Groupement militaire de prévoyance des armées (GMPA) est une association qui compte principalement des militaires parmi ses adhérents (environ 125 000, soit 50% de l'effectif global français), des policiers et des pompiers. Autant de professions particulièrement exposées à des situations violentes, susceptibles d'avoir des conséquences graves sur la santé, y compris psychologiques. C'est notamment le cas des militaires souffrant de syndromes de stress post-traumatique (PTSD) à leur retour d'opérations de guerre.

Sous l'impulsion du général Patrick Felten (photo), secrétaire général du GMPA, des solutions innovantes ont été mises en place pour assurer ce risque psychosocial spécifique. Ainsi, dans le contrat de prévoyance, assuré par Allianz, il est stipulé que « la blessure psychique ou stress post-traumatique, conséquence d'une opération militaire est un accident, sous réserve que le lien direct entre l'opération et la blessure précitée soit médicalement reconnu par un médecin militaire ». Une évaluation du taux d'incapacité ouvre le droit aux prestations garanties. À ce jour, 30 dossiers sont en cours d'instruction. Pour prévenir ces risques, Patrick Felten nous confie qu'« il faut renforcer par la formation la cohésion d'équipe. En opération, la sécurité de tous dépend de la capacité de chacun à gérer son stress ».

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