[DOSSIER] Les courtiers des cent principales entreprises françaises 4/12

Un marché de spécialistes

Un marché de spécialistes

Même avec ses risques bien particuliers et ses tarifs très compétitifs, le transport attire encore les nouveaux venus. Preuve qu'il reste porteur.

La branche transport reste une énigme au niveau des tarifs d'assurance. Ainsi, les baisses observées lors des derniers renouvellements ne sont pas une tendance isolée de 2013, mais correspondent à un syndrome connu depuis quelques années et touchant tour à tour tel ou tel segment. En effet, les marchés corps de navire autant que facultés (les marchandises transportées) restent fortement concurrentiels, avec, pour la France, pas moins d'une vingtaine d'acteurs. Résultat : de fortes capacités et des effets de dumping qui, selon plusieurs courtiers et assureurs, ne seraient pas prêts de s'arrêter. Et cette année, ce sont les réassureurs qui se sont ouvert les voies du marché français... Leurs noms : Munich Re et Swiss Re.

Au vu de cette compétition grandissante et des hausses de capacités annoncées, malgré des résultats techniques qui montrent leurs limites, les assureurs ne s'orientent pas vers des augmentations tarifaires massives. « La compétition est toujours présente sur les grands comptes. Beaucoup d'acteurs, nouveaux comme anciens, sont encore prêts à faire des efforts tarifaires pour gagner certaines affaires. De nouveaux assureurs arrivent encore, ce qui montre que le marché n'est toujours pas saturé, mais il est de plus en plus complexe de garder une rentabilité significative », affirme Christian Kupiec, directeur de la souscription maritime et transport de RSA France.

Des assureurs de plus en plus sélectifs

Pour autant, selon Paul-Éric Eyssautier, président du groupe éponyme, le marché serait artificiellement à la baisse : « Cela dépend du référentiel que vous prenez pour mesurer cette baisse. Sur notre portefeuille, nous observons une bataille des prix, mais ces derniers, fixés la plupart du temps par l'apériteur, partent de plus haut que l'an dernier. Alors, au final, lesdites baisses n'en sont pas réellement, selon moi. » Des propos que relaye Emmanuelle Chelly, chargée de comptes transport de Diot, tout en les modérant : « Nous sommes sur un marché où les assureurs se montrent de plus en plus sélectifs. Les grands comptes exercent toujours un attrait particulier. Toutefois, certains assureurs préfèrent s'en détourner plutôt que de proposer des tarifications trop basses. Globalement, le marché français de l'assurance transport reste porteur, ce qui justifie l'arrivée de nouveaux acteurs. »

2,2 Md€

Le chiffre d'affaires mondial 2011 de l'assurance transport, en progression de 1,6%.

Source : FFSA

En revanche, ce n'est pas parce que l'aspect tarif prédomine sur ce marché que ce dernier n'appartient plus aux spécialistes. « C'est tout le contraire », selon Henry Allard, président de Filhet-Allard maritime, qui précise : « C'est un marché très technique, qui est justement du ressort des spécialistes. Il faut à la fois bondir sur les opportunités, tout en réussissant à maintenir des partenariats long terme. » De plus, pour tous les acteurs de l'assurance gravitant dans la RC transporteur, l'assurance marchandise, corps de navire ou encore de Protection et Indemnity (P et I, clubs d'armateurs mutualisant leurs risques), ce segment se différencie pour plusieurs raisons des secteurs traditionnels. Sur le plan temporel, d'abord : « Nous sommes dans l'instant en termes de gestion de sinistres. » Sur le plan juridique et compliance : « C'est un univers de recours et de juristes, notamment dans des montages spécifiques comme l'avarie commune [lire l'encadré ci-dessus]. » Et pour sa gestion continue : « C'est un risque permanent qui dure tout au long de l'année. »

352,9

Le volume en millions de tonnes des marchandises traitées dans les ports métropolitains en 2011.

Source : DGITM/DST

Côté défis, le secteur en connaît bon nombre. « Le gigantisme des navires en est un », selon Henry Allard. Emmanuelle Chelly ajoute : « Cette nouvelle donne pose la problématique de l'accumulation de valeur des marchandises transportées, qui a pour effet de rendre le risque un peu moins diffus. » Même si, pour le moment, cette pratique n'a pas encore tendance à s'intensifier, il n'en demeure pas moins que les assureurs sont confrontés au gigantisme des navires, et ce, notamment, quand ils interviennent sur tout une flotte. « Pour assurer l'ensemble des bâtiments, les compagnies vont devoir s'aligner en matière de capacités sur les risques cumulés par ces bateaux gigantesques, alors que ces derniers ne représentent probablement qu'une partie infime de la flotte concernée. Cela oblige donc assureurs et les réassureurs à provisionner une capacité importante », confie Paul-Éric Eyssautier.

Comprendre la chaîne d'approvisionnement

Au-delà de l'évolution technologique et technique des navires, tous les acteurs de la branche transport accordent de plus en plus d'importance à la compréhension de la chaîne d'approvisionnement. « Il faut très bien connaître les produits transportés pour anticiper l'impact de sinistres potentiels », lance Henry Allard. Pour répondre à ces défis liés à la supply chain, certains assureurs doivent mettre en place de nouvelles solutions. Ces diversifications produits sont attendues par le courtage, mais encore peu poussées par les fournisseurs assurantiels. Selon Emmanuelle Chelly, « les assureurs ont du mal à appréhender des risques ayant comme impact des dommages immatériels qui impliquent, notamment, des pertes d'exploitation après transport. Dès que l'on s'éloigne des risques traditionnels, la compétition est moins intense. Pourtant, certains d'entre eux pourraient ainsi valoriser leur technicité, et pas seulement la tarification. »

LA RÈGLE DE L'AVARIE COMMUNE

Une règle propre au droit maritime, l'avarie commune, répartit entre les propriétaires du navire et de la cargaison les sacrifices (dommages ou dépenses) résultant de mesures prises par le capitaine pour assurer le salut commun de l'expédition. Ce montage peut ainsi impliquer le paiement d'une contribution représentant une part de la valeur des marchandises, alors même qu'elles sont livrées en parfait état.

STÉPHANE GIRARDET, directeur du pôle assurances du groupe Geodis Geodis est vigilant quant à la qualité de la gestion des sinistres

« Je suis très vigilant quant à la qualité de la gestion de sinistres. Nous sommes sur une activité de sinistres de fréquence où la réactivité est la clé. Notre courtier doit donc connaître notre environnement de marché et notre activité sur le bout des doigts.

De temps à autre, de par les attentes de nos clients, nous avons besoin de dégager de fortes capacités très rapidement. Là aussi, j'attends de la réactivité de mon courtier. Nous nous devons d'être accompagnés par un assureur et un courtier dotés tous deux d'un réseau à l'international. »

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