L’engagement et le vote, des rouages essentiels vers un monde plus durable et juste

L’engagement et le vote, des rouages essentiels vers un monde plus durable et juste

Les questions de durabilité et de responsabilité sont désormais primordiales pour les assureurs français dans leurs décisions d’investissement. Cette évolution reflète l’urgence d’agir face aux enjeux environnementaux et sociétaux planétaires. Elle relève aussi d’une prise de conscience que l’intégration de facteurs de durabilité peut permettre une gestion des risques plus complète et aider dans l’identification de potentielles nouvelles opportunités d’investissement à valeur ajoutée.

 

Ainsi, ces dernières années, les assureurs français ont déployé d’importantes ressources pour aligner leurs actifs généraux et les fonds proposés en unités de compte avec les facteurs dits « ESG » (Environnement, Social, Gouvernance). Diverses initiatives règlementaires ont soutenu et accéléré cette évolution. Au niveau européen bien sûr, mais aussi au niveau national. Résultat ? Les assureurs français sont souvent parmi les précurseurs en matière d’investissement durable. Un grand nombre d’entre eux dispose aujourd’hui d’une politique d’investissement durable, qui définit des objectifs de durabilité clairs, des méthodologies d’évaluation des caractéristiques ESG des investissements potentiels ainsi que des critères de sélection, et qui répond à diverses exigences de transparence et de reporting.

Un autre pilier clé d’une politique d’investissement durable complète et efficace est le stewardship : être un investisseur actif via l’engagement et le vote permet aux assureurs de jouer un rôle clé et d’accompagner les entreprises pour une transition vers un monde plus durable et juste. L’investissement durable ne se résume pas à un choix binaire entre émetteurs durables et émetteurs non-durables à exclure. En effet, une telle vision ne serait pas en ligne avec les réalités économiques actuelles. Si l’exclusion de certains émetteurs impliqués dans des activités controversées ou ne respectant pas certaines normes internationales est un prérequis à l’investissement durable, il s’agit aussi d’accompagner les entreprises restantes dans l’amélioration de leurs pratiques environnementales et sociales. Plusieurs initiatives règlementaires, telles que la nouvelle version de la Directive sur le Droit des Actionnaires (Shareholder Rights Directive - SRD), mais aussi des éléments du Règlement sur la Publication d’Informations en matière de Durabilité dans le Secteur des Services Financiers (Sustainable Finance Disclosure Regulation – SFDR) mettent en exergue l’importance de l’engagement et du vote.

Pour susciter des changements positifs auprès des émetteurs, les assureurs disposent de plusieurs moyens. Par ailleurs, ils peuvent choisir, en fonction notamment de leurs dispositifs d’investissement et ressources, d’exercer directement ces activités ou de les confier à leurs gestionnaires d’actifs externes.

Les activités de dialogue direct avec les entreprises : comprendre l’entreprise et l’influencer

Le dialogue direct avec les entreprises peut permettre d’encourager la transparence, de soutenir les décisions d’investissement et de favoriser l’émergence de meilleures pratiques. Il s’agit ainsi d’assurer la publication d’informations relatives aux problématiques ESG par les entreprises, de comprendre leur comportement dans la gestion de risques ESG ou d’évènements controversés et d’influencer leur stratégie sur des aspects ESG, et plus particulièrement de promouvoir les meilleures pratiques en termes de développement durable.

Au-delà d’un dialogue continu, l’assureur – ou, plus fréquemment, ses gestionnaires d’actifs – peuvent entamer des activités d’engagement ciblés. Il s’agit de définir des thèmes précis sur lesquels des campagnes d’engagement seront menées. Ces activités d’engagement thématiques et leur suivi requièrent des ressources expertes et conséquentes. Pour en optimiser l’efficacité, il est donc important que l’assureur et ses gestionnaires se focalisent sur un nombre de thèmes pertinent et en précisent clairement les contours.

Chez Candriam par exemple, nous avons fait le choix de nous engager sur trois thèmes centraux :

  • l’éthique des affaires
  • la transition énergétique
  • les conditions de travail équitables.

Concernant l’éthique des affaires, l’objectif est d’encourager l’adoption et le respect de normes élevées d’éthique en vue d’empêcher les distorsions du marché, comme la corruption ou la fixation des prix, et de promouvoir la transparence des pratiques fiscales.

Ce thème est d’autant plus important aujourd’hui que les entreprises doivent faire face à une régulation de plus en plus contraignante et à une attention médiatique croissante. Les risques de réputation opérationnels, financiers et juridiques sont ainsi démultipliés et requièrent la vigilance des investisseurs. Le choix du thème de la transition énergétique reflète quant à lui le rôle majeur de l’investisseur durable dans la transition vers une économie à faible intensité carbone. Enfin, face aux enjeux d'insécurité au travail, d'esclavage moderne et de travail des enfants, renforcer le « contrat social » apparaît être une nécessité dans le monde aujourd’hui. En mettant en avant l’enjeu des conditions de travail équitables dans le dialogue avec les entreprises, il s’agit de soutenir et promouvoir le respect des droits et libertés fondamentales, à savoir les droits humains et du travail.

La participation à des initiatives de collaboration : mutualiser l’influence et anticiper les risques

La participation à des initiatives collaboratives permet aux assureurs et autres investisseurs de s’associer afin de mutualiser leurs poids respectifs en tant qu’actionnaires. Ils peuvent ainsi appuyer des initiatives ayant pour objectif de promouvoir divers thèmes clés et encourager les entreprises à plus de transparence sur les défis liés au développement durable susceptibles d’avoir un impact sur leur valeur à long terme.

Ces initiatives peuvent également jouer un rôle dans l’identification et l’analyse de nouveaux risques, encore peu encadrés d’un point de vue règlementaire. Par exemple, en 2021, Candriam a lancé une initiative de collaboration sur les risques associés au développement et à l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale. Plus largement, la compréhension des risques et des défis associés aux nouvelles technologies, et en particulier à la biométrie, est encore floue, dépassée par la vitesse à laquelle ces technologies se développent. Les régulateurs ne parviennent pas à suivre le rythme rapide des innovations et des nouvelles questions qui se posent. Nous avons estimé qu’il était nécessaire de prendre l’initiative sur ce sujet, afin de promouvoir le dialogue et de définir les enjeux, réduire l’incertitude et contribuer à définir les bonnes pratiques dans ce domaine. Plus de 50 investisseurs, représentant quelque 4 500 milliards d’euros d’actifs, nous ont rejoint et soutiennent ce projet.

L’exercice des droits de vote : s’exprimer en connaissance de cause

L’exercice des droits de vote est un lieu clé pour faire entendre sa voix aux dirigeants des entreprises détenues en portefeuille. Afin que cet exercice ait tout son sens, il est important de porter une attention particulière à l’examen des résolutions à l’agenda des assemblées générales des entreprises.

Les résolutions actionnariales sont déposées par des actionnaires et traitent majoritairement de thèmes relatifs à la gouvernance, comme la transparence des pratiques de lobbying et de soutiens politiques, l’élection d’auditeurs internes, etc. Toutefois, des sujets d’ordre environnemental et social gagnent du terrain : c’est le cas notamment pour la transition énergétique et les scénarios 2°C ou encore l’écart de rémunération homme/femme. Dans la prise de décision concernant le vote d’une résolution, il s’agit également d’examiner les pratiques actuelles de l’entreprise sur le sujet ainsi que ses éventuels arguments contre la résolution considérée. Il convient aussi de considérer la matérialité du sujet, le coût de la mise en œuvre de la résolution et la faisabilité.

Dans le cadre d’investissements pour lesquels l’assureur fait appel à un gestionnaire externe, il est donc important d’examiner la politique de vote de ce dernier et notamment la participation des années précédentes du gestionnaire aux assemblées générales ainsi que le nombre de résolutions sur lesquelles il s’est prononcé et de quelle manière (pour ou contre).

La pandémie de Covid-19 : de l’importance et la portée de l’engagement et du vote

Ces deux dernières années, la pandémie de Covid-19 est venue souligner l’importance et la portée de l’engagement et du vote. Les problématiques environnementales, sociales et de gouvernance ont encore plus été mises en lumière par la crise et se sont cristallisées dans les dialogues avec les entreprises et dans les résolutions.

Les résolutions « Say on Climate » des entreprises ont fleuri lors des assemblées annuelles de 2021, tandis que les investisseurs analysaient de plus en plus la qualité des plans de transition énergétique des entreprises. La responsabilité des conseils d’administration a également été remise en question, avec une vague de résolutions appelant à un meilleur équilibre entre les devoirs des entreprises envers leurs parties prenantes – actionnaires, clients, employés, fournisseurs, l’environnement et la société – et une meilleure prise en compte de l’ensemble des intérêts de ces parties prenantes.

Le contexte s’est encore complexifié par la forte augmentation des zones de conflit et de tension, l’interruption des audits de la chaîne d’approvisionnement pendant la pandémie, les chaos sur les marchés de l’emploi et la prévalence du travail à domicile. Ces événements ont perturbé les relations sociales et remis au centre des discussions la nécessité d’une solide diligence en matière de droits fondamentaux du travail et de l’homme. Plusieurs initiatives collaboratives entre investisseurs, telles que la Workforce Disclosure Initiative et l’Investor Alliance for Human Rights, se focalisent sur ces sujets et permettent aux investisseurs de mieux les aborder.

Ainsi, l’engagement et le vote peuvent permettre aux assureurs de jouer un rôle actif dans l’accompagnement de la transition vers un monde plus durable et juste, en intervenant de manière concrète auprès des entreprises détenues sur des thématiques structurelles et d’actualité. Ils représentent donc une dimension essentielle de leurs politiques d’investissement durable.

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