Réassurance non-vie en France : le marché résiste aux pressions baissières

En 2006, le marché français de la réassurance non-vie fait presque mieux que le reste du monde en stabilisant ses primes. Les principaux acteurs contrent bien les pressions baissières, et les Bermudiens font désormais partie du décor en maintenant une pol

«Les réassureurs traditionnels continuent d'avoir de solides positions sur le marché français non vie  et maintiennent globalement leurs apéritions. Les Bermudiens de fin 2005 ne sont pas encore visibles sur le marché et l'arrivée à maturité des Bermudiens de 2001 n'a pas affecté les forces en présence », observe Luc Malâtre,  responsable de l'entité française de Willis-Gras Savoye Re.

Intégrations par temps calme
Les opérations de consolidation en cours (Swiss Re-GE Insurance solutions et Scor-Revios) n'ont pas encore produit leurs effets au plan opérationnel. «GE avait deux succursales à Paris, qui dépendaient de Londres et de Munich.

La réassurance vie, qui comptait dix personnes, a été intégrée lors du « closing ». L'activité non-vie
est, elle, une succursale de Swiss Re Frankona à Munich», déclare Christian Herzog, mandataire du réassureur en France. Il souligne qu'en non-vie, le portefeuille de GEIS présente peu de complémentarité, mais qu'il permettra à Swiss Re d'augmenter ses parts dans les programmes
après des renouvellements 2006 marqués par la stabilité.

Chez Munich Re France, on se dit prêt à perdre des affaires si les taux ne remontent pas le 1er janvier prochain, alors que l'activité est en léger recul. Du côté d'Hannover Re, les affaires stagnent sur les grandes branches. C'est pourquoi Jean-Jacques Menon, responsable de l'entité parisienne, préfère se renforcer en construction et en individuelle accidents.

L'une des rares évolutions notables en France se trouve du côté d'Axa Re, qui s'appellera Paris Re le 1er janvier 2007. Alors qu'Axa ne voulait plus y injecter un euro de capital, le fonds d'investissement Stone Point Capital, connaisseur de la réassurance et de ses opportunités, pourra lui offrir les moyens de son développement.

Le changement d'actionnaire devrait offrir de nouvelles possibilités aux cédantes, dans le cadre  d'une souscription toujours très rigoureuse, rentabilité oblige. «Notre stratégie restera la même, les souscripteurs aussi. Nous allons même renforcer nos équipes », précise Hans-Peter Gerhardt, qui demeure à la tête de la nouvelle structure. Autre évolution significative : le retour de la Scor sur le devant de la scène, grâce à sa meilleure notation.

Les Bermudiens, en bons équilibristes, résistent à la baisse
Concernant les politiques de souscription, les observateurs anticipent, là aussi, des conditions assez similaires à celles de début 2006. « Nous avons atteint un effet de seuil. Le réassureur met de la capacité à disposition, mais refuse de descendre en deçà d'un certain prix, qu'il considère comme juste », résume Lucien Pietropoli, président d'Odyssey Re EuroAsia. Les réassureurs auraient-ils retenu la leçon du résultat technique ?

En tout cas, tous affirment qu'ils ne veulent plus retomber dans une spirale baissière dès que la
sinistralité et/ou les résultats financiers s'améliorent.La capacité des Bermudiens reste très appréciée, car elle rend plus fluide le marché. Même si les «vieux de la classe », comme XL Re ou PartnerRe, semblent un peu en retrait, du fait de politiques de souscription très strictes.

«Nous avons moins d'apéritions qu'auparavant, mais c'est volontaire. Nous ne sommes pas réputés pour être bon marché, mais pour notre approche technique du risque, affaire par affaire, client par client », explique Emmanuel Clarke, de PartnerRe. « Pour nous, l'année 2006 a été beaucoup plus stable en termes de développement et de souscription que 2004 et 2005. XL Re poursuivra donc en 2007 sa politique de souscription.

Nos capacités seront quasiment les mêmes, avec la possibilité d'en demander davantage à notre maison mère en cas d'opportunité», déclare Philippe Rochaix, qui va succéder à Charles-Werner Skrzynski à la tête d'XL Re Europe en France (lire p. 74). Sa philosophie est similaire à celle des autres réassureurs : plutôt que la course à la prime ou aux parts de marché, c'est l'équilibre
technique qui prévaut.

La diversification a aidé à amortir les chocs
Chez Odyssey Re (qui fête cette année son sixième anniversaire), on souligne l'importance du marché français. Son histoire peut d'ailleurs, à elle seule, résumer le tournant qui s'est opéré sur le marché ces dernières années. «Aujourd'hui, Odyssey Re Euro-Asie réalise 550 M$ de chiffre d'affaires, dont 450 M$ depuis la France et 90 M$ depuis Singapour », explique Lucien Pietropoli. En non-vie en France, Odyssey Re totalise un chiffre d'affaires de 115M€. Comme la plupart de ses concurrents, le réassureur a connu des années noires. Mais une fois absorbées les tempêtes de 1999 (coût : entre 15 et 30M€) et le choc du World Trade Center, le réassureur a su rebondir. Entre 2001 et 2005, il a multiplié par deux son encaissement et ses fonds propres.

« Le durcissement des taux et des conditions a aidé à notre développement », poursuit Lucien Pietropoli. D'une souscription à l'origine centrée sur les traités « property », Odyssey Re s'est, depuis 2003, plus largement ouvert à la RC. «La stabilité de notre notation nous a permis de nous impliquer progressivement dans cette branche.»

Prudence et longueur de temps...
Axis Re Europe est lui aussi parvenu à s'installer avec succès dans l'Hexagone. Le réassureur compte aujourd'hui quarante personnes, dont une dizaine travaille sur marché français. Son arrivée en Europe date de fin 2003. «Nous sommes aujourd'hui bien implantés sur le marché français »,
déclare Bruno Félix, directeur d'Axis Re Europe. «Nous avons eu le soutien des cédantes et des courtiers, qui nous ont présenté toutes les affaires.

En auto, nous sommes le troisième réassureur en XS, que nous avons commencé à souscrire en
2004. Notre stratégie est de nous développer raisonnablement sur les branches où nous sommes. »
Côté cédantes, les positions - et les politiques d'achat de la réassurance - restent également peu ou prou identiques à celles de début 2006. Changement important cependant à noter, qui surviendra début 2007 : aux MMA, la fusion avec Azur entraînera la mise en commun de tous les traités. MMA dispose d'un budget d'environ 150 M€ pour la réassurance classique et Azur d'environ 60 M€. 

Catherine Dufrêne

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