Accord Agirc-Arrco : les impacts pour la retraite complémentaire

Accord Agirc-Arrco : les impacts pour la retraite complémentaire
HAMILTON/rea

Les mesures prises dans le cadre de l’accord Agirc-Arrco risquent d’avoir un impact sur le marché de l’épargne retraite en France, mais également sur les tarifs en santé et en prévoyance.

Après huit mois de négociations, la délégation patronale (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC et CFE-CGC) ont validé le 30 octobre l’accord visant à renflouer les caisses de retraites complémentaires de l’Agirc (régime complémentaire des cadres) et de l’Arrco (tous les salariés). Précisément, les mesures inscrites dans le texte devraient permettre aux deux régimes d’économiser 6,1 milliards d’euros d’ici à 2020, leur besoin de financement étant évalué à 8,4 milliards d’euros à cet horizon.

Seulement voilà : si les décisions instaurées (voir ci-contre) concernent uniquement le deuxième pilier du système de retraite français par répartition des salariés du secteur privé, l’accord Agirc-Arrco ne devrait pas être sans conséquence sur le marché de l’épargne retraite. « En incitant les salariés à travailler un an de plus, les assurés vont être amenés à capitaliser une année supplémentaire. Or, mathématiquement, plus on allonge la durée de cotisation, plus on réduit la durée de la rente, et plus l’effet sur la pension – appelé aussi coefficient de conversion – est important », explique Patrice Bonin, vice-président de la commission plénière des assurances de personnes à la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA). Celui qui est également membre du comité de direction générale – activité retraite supplémentaire – d’AG2R-La Mondiale précise : « Pour les détenteurs d’un dispositif de retraite à cotisations définies, type Article 83, le montant de la rente – qui, rappelons-le, se déclenche au moment du départ à la retraite - sera ainsi majoré. »

Une incitation à davantage de capitalisation

Certaines mesures prises dans l’accord Agirc-Arrco incitent aussi, indirectement, les salariés à se diriger davantage vers la capitalisation. Notamment celles qui prévoient, à partir de 2016, une moindre revalorisation des pensions pendant trois ans (1 point de moins que l’inflation) et l’augmentation pour les actifs du prix d’achat, sur la même période, des points de retraite complémentaire. « En effet, à travers ces mesures, le rendement des ­régimes complémentaires des retraités et futurs retraités va diminuer. Afin de compléter ce que les régimes obligatoires ne pourront plus leur verser, les assurés auront donc tout intérêt à miser sur les régimes supplémentaires », conseille Françoise Kleinbauer, PDG de France Retraite. Selon les calculs de cette spécialiste de la retraite, au terme de ces trois ans, un retraité non-cadre devrait, en moyenne, avoir perdu 3 % de sa pension au regard de la revalorisation pratiquée avant l’accord.

Autre conséquence attendue suite à la signature des partenaires sociaux : les tarifs en santé et en prévoyance pourraient sensiblement augmenter. En encourageant les personnes à rester davantage dans leurs entreprises, l’âge moyen de celles-ci va automatiquement croître. « Or, avoir des populations actives plus âgées signifie, en conséquence, avoir des risques maladie et décès qui augmentent exponentiellement », indique Véronique Lamblé. La présidente fondatrice de la société d’actuariat conseil Aprecialis juge ainsi que « la sinistralité va être touché, le recul d’un an du départ à la retraite coûtant en moyenne 2 % de plus en frais de santé ». Impossible en revanche, pour elle, de chiffrer aujourd’hui l’impact en prévoyance.

Les trois mesures majeures de l’accord Agirc-Arrco

  • Création d’un « coefficient de solidarité». Applicable au 1er  janvier 2019, il ne concerne que les assurés qui bénéficient d’une retraite à taux plein du régime général.

- Malus : Les salariés qui partent à l’âge légal (62 ans) verront leur pension complémentaire amputée de 10 % pendant trois ans. En revanche, aucun changement pour ceux qui décideront de travailler 4 trimestres en plus.

- Bonus : Les assurés bénéficieront pendant douze mois d’une majoration de 10 % de leur pension s’ils cotisent 8 trimestres au-delà de la durée de cotisation (taux plein), de 20% pour un décalage de 3 ans, et enfin de 30% pour un retard de quatre ans.

  • Une moindre revalorisation des pensions De 2016 à 2019, les pensions seront revalorisées d’un point de moins que l’inflation, avec une « clause plancher » en cas de hausse du coût de la vie inférieure à 1%.
     
  • La fusion de l’Agirc et de l’Arrco L’accord des partenaires sociaux prévoit un régime unifié à partir de 2019 pour les cadres et les non-cadres.

Le recul d’un an du départ à la retraite coûte en moyenne 2% de plus en frais de santé.

Véronique Lamblé, présidente de la société d’actuariat conseil Aprecialis

En incitant les salariés à travailler un an de plus, les assurés vont être amenés à capitaliser une année supplémentaire. Pour les détenteurs d’un dispositif de retraite à cotisations définies, le montant de la rente sera ainsi majoré.

Patrice Bonin, vice-président de la commission plénière des assurances de personnes à la FFSA

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurance dommages ouvrage pour la réalisation d'un relais d'assistantes maternel...

Ville de Châtenay Malabry

20 avril

92 - Châtenay-Malabry

Désignation d'un commissaire aux comptes pour les ESH

Groupe ICF

20 avril

75 - ICF HABITAT

Services d'assurances

Ville de Bouligny

20 avril

55 - Bouligny

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Accord Agirc-Arrco : les impacts pour la retraite complémentaire

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié