Aesio et Macif veulent créer un géant mutualiste

Aesio et Macif veulent créer un géant mutualiste
David PELL / DPMultimedia De g. à d : Emmanuel Roux (directeur général du groupe Aesio), Jean-Marc Raby (directeur général du groupe Macif), Alain Montarant (président du groupe Macif), Maurice Ronat (président du groupe Aesio), Patrick ­Brothier (vice-président du groupe Aesio), Alain Tison (vice-président du groupe Aesio).

Les deux groupes, l’un relevant du code de la mutualité, l’autre du code des assurances, ont annoncé en décembre leur projet de créer d’ici 2020 un groupe prudentiel pesant quelque 8 Md€.

Encore un mariage mixte ! Les partenaires sont certes tous deux mutualistes, mais l’un, Aesio, relève du code de la mutualité, tandis que l’autre, Macif, dépend de celui des assurances. Et c’est le plus petit, en quête de diversification, qui a fait le premier pas. « Il y a deux ans, nous envisagions de créer Aesio avec Adréa et Apréva, mais nous nous sommes vite ­aperçus qu’il serait difficile de rester sur la seule activité de complémentaire santé », expliquait Mauri­ce Ronat, président d’Eovi Mcd mutuelle et de l’union mutualiste de groupe (UMG) Aesio, lors d’une conférence de presse tenue le 8 décembre dernier. Tant et si bien, qu’à peine un an et demi après sa création, la nouvelle UMG a lancé un appel d’offres pour trouver un partenaire en prévoyance, retenant Macif. Les négociations exclusives engagées entre ces deux acteurs de ­l’économie sociale et solidaire ont rapidement dépassé le cadre initial pour faire émerger une vision commune, les incitant à penser leur partenariat différemment, dans une perspective plus large que l’offre en assurance de personnes.

« Nous avons des ­enjeux de développement, de ­diversification et de différenciation. La diffé­ren­ce mutualiste prend tout son sens à l’heure où les offres se banalisent », affirme Alain Montarant. Le président du groupe Macif, invoque aussi un enjeu de « représentation politique et institutionnelle, les rapprochements entre acteurs de codes différents (Ndlr : codes de la mutualité et des assurances) donnant des capacités d’influence démultipliées ». Il compte aussi sur cette alliance pour gagner une capaci­té accrue de mutualisation des inves­tissements, en particulier dans le digital et les nouveaux services.

Une alliance…

Sur ces nouvelles bases, les deux acteurs ont rapidement envisagé la construction d’un groupe prudentiel. Après l’éclatement en 2016 de la Sgam Sferen avec la Matmut, qui avait aussi vocation à donner naissance à un groupe prudentiel, la Macif retombe donc rapidement sur ses pattes. Le 7 décembre, les conseils ­d’administration de Macif et des mutuelles d’Aesio ont entériné, à la quasi-unanimité (moins une abstention du côté des mutuelles d’Aesio), les grands principes d’un projet, qui devrait se décliner en trois étapes.

La première est la création en 2018 d’une union de groupe mutualiste (UGM, structure non prudentielle), en tant que « lieu d’élaboration et de réalisation » des ­travaux du futur ensemble et ­pre­mière représentation institutionnelle commune. Une société anonyme détenue à 50/50 devrait être créée en 2019 pour la ­prévoyance, avec un objectif de 110 M€ de chiffre d’affaires en 2022. L’édifice serait parachevé en 2020 par la création d’un groupe prudentiel, en l’occurrence une société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam) de tête Macif–Aesio, à laquelle serait affiliée une UMG commune regroupant les activités des deux partenaires dans les champs de la santé et de la prévoyance. Ce nouvel ensem­ble se positionnera comme un leader sur plusieurs marchés.

Les deux acteurs mutualistes se sont voulus rassurants pour le secteur, affirmant que leur rapprochement ne remettait pas en cause la plupart des partenariats existants, même lorsqu’ils étaient déjà fragilisés… C’est en particulier le cas pour celui avec Mutex, la société anonyme dont Harmonie mutuelle détient la majorité, les mutuelles d’Aesio en possédant 27 %. Malgré des bisbilles avec l’actionnaire majoritaire, les trois mutuelles d’Aesio réalisent l’essentiel de leur activité de ­prévoyance, à hauteur de 75 M€ en 2017, au sein de Mutex. En décembre 2017, Aesio estimait probable que ce niveau d’activité soit maintenu en 2018. « Nous continuerons à tenir nos engagements », a ainsi affirmé Maurice Ronat.

Aesio a aussi l’intention de poursuivre le partenariat initié en 2017 en assurance dommages avec Thélem Assurances. « Les premiers résultats sont encou­rageants et nous nous sommes engagés sur un cycle de trois ans à l’issue duquel nous ferons un ­bilan », a indiqué Patrick ­Brothier, président d’Adréa, première mutuel­le à mettre en œuvre ce partenariat pour le compte du groupe Aesio.

... et des ruptures

De son côté, la Macif se dit ­toujours prête à accueillir la ­Mutuelle ­d’assurance des professions alimentaire. « La Mapa se prononcera lors de son assemblée générale de juin 2018 sur son projet de rapprochement avec notre groupe », a ­déclaré Jean-Marc Raby, directeur général du groupe Macif. En ­revanche, la mutuelle s’achemine vers une rupture avec AG2R La Mondiale, qui a annon­cé à la surprise générale ses fiançailles avec la Matmut début ­décembre. Macif avait conservé une activité en prévoyance collective – ainsi que, dans une moindre mesure, en santé – avec le groupe paritaire. Même s’il s’agit, selon Jean-Marc Raby, d’une coopération « sans enjeu politique », Macif a fait part de son intention de rencontrer AG2R La Mondiale pour voir ­comment déboucler leurs liens.

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