Assurance vie : taux de rendement 2016, le choix de la prudence

Taux historiquement bas oblige, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) n’a cessé d’appeler les assureurs vie à la modération sur la rémunération des supports euros des contrats d’assurance vie. Elle a visiblement été entendue.

Chaque année depuis 2008, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) révèle, a posteriori, le taux de revalorisation moyen des fonds euros des contrats d’assurance vie individuels. Pour 2016, contexte de taux bas oblige, les taux de revalorisation servis aux épargnants étaient soumis à une vigilance particulière du superviseur. Au final, l’ACPR révèle un rendement moyen qui s’établit à 1,93 % net de frais avant prélèvements sociaux et pondéré par les provisions ­mathématiques corres­pondantes. Un taux un peu plus élevé que le taux moyen donné par la Fédération française de l’assurance (FFA) en début d’année qui était de 1,80 % (brut d’inflation).

Par rapport à 2015, où le taux était de 2,27 %, le recul est donc de 34 points de base. « La plus forte baisse annuelle depuis 2011 », ­selon le régulateur, qui l’estime « en ligne » avec le recul de la ­rémunération des provisions ­mathématiques des assureurs (estimée – 34 points de base). De quoi éviter de « créer des ­situations ­difficilement soutenables à terme » pour la solvabilité des assureurs, précise l’autorité. En effet, les appels à la prudence de l’ACPR et du Haut conseil de stabilité finan­cière se sont multipliés ces derniers mois. En décembre ­dernier, Michel Sapin, alors ministre de l’Économie, rappelait encore « la nécessité de poursuivre la mise en adéquation des rendements de l’ensemble des produits d’épargne avec l’environnement financier actuel, et la prudence qui doit ­présider à leur déter­mination pour garantir la ­solidité des acteurs ». Et, selon l’étude, les taux de ­revalorisation 2016 reflètent l’adaptation des assureurs à la ­situation de taux bas.

Les assureurs ont donc pris la voie de la prudence quant aux rendements servis aux épargnants sur les fonds en euros. Une pratique qui sert également une stratégie généralisée sur le marché français de l’assurance vie consistant à décourager les épargnants de placer leur épargne sur les supports euros, voire à refuser les souscriptions au profit des supports en unités de compte, moins consommateurs en fonds propres. L’objectif pour les assureurs est de limi­ter la dilution de leurs porte­feuilles en limitant les réinvestissements sur des obligations d’État moins bien rémunérées aujour­d’hui qu’il y a quelques années. Une prudence également visible du côté des mises en ­réserve. Au global, la provision pour participations aux bénéfices se monte à plus de 3 % des provisions mathématiques, selon l’ACPR, et la réserve de capitalisation des assureurs étudiés à 1,4 % des provisions vie à fin d’année (1,2 % en 2015).

Impact des stratégies commerciales

Dans le détail, l’étude révèle ­cependant que les écarts entre les taux servis restent importants, en partie du fait de l’impact des ­stratégies commerciales en fonction des typologies de clientèle. Un tiers des provisions mathématiques des contrats d’assurance vie affichent un taux de revalo­risation net supérieur ou égal à 2,2 % en 2016, contre plus de la moitié en 2015, et 69 %, un taux net supérieur à 1,5 % (contre 87 % en 2015). Les meilleurs taux restent réservés à un moins grand nombre d’épargnants.

Plus ­précisément, les assureurs et les mutuelles relevant du Code de la mutualité servent un taux ­supérieur à la moyenne du marché « tout en suivant le mouvement de baisse des taux de revalorisation nets de l’ensemble du marché », indique l’étude avec respectivement une moyenne de 2,26 % et 2,57 %. Sans surprise, les taux servis par les bancassureurs sont parmi les plus faibles du marché (1,73 %). Ces opérateurs, qui représentent 62 % du total des provisions mathématiques des contrats d’assurance vie individuels, « ont une clientèle généralement moins mobile, pour laquelle le taux de rendement de référence est souvent celui du livret A ».

Tendance baissière

Enfin, autre enseignement de l’étude, les contrats d’assurance vie fermés à la commercialisation ont servi une revalorisation moyenne de 1,99 % en 2016 inversant la tendance qui prévalait jusqu’à maintenant, à savoir que les taux servis sur les contrats ouverts aux souscriptions étaient plus élevés que ceux servis sur les contrats fermés. Pour l’ACPR, cela peut s’expliquer pour partie « par des taux techniques plus importants sur ces contrats » puisque ce taux maximal à partir duquel les engagements des ­assureurs sont actualisés est en effet une contrainte qui conditionne les taux de rendement servis sur les supports euros.

Reste à savoir si le marché se montrera toujours bon élève dans l’établissement des taux de rendements au titre de 2017. À quelques mois des premières annonces, ­Cyrille Chartier-­Kastler, pré­sident de Facts & Figures, projetait un rendement moyen des fonds en euros aux alentours de 1,48 % en 2017 et un peu plus de 1,40 % net de frais en 2018 lors de la présentation de la 8e édition de son baromètre de l’épargne vie individuelle. Un point au plus bas avant une ­remontée qu’il anticipe autour de 1,60 % en 2019.

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