BNP Paribas Cardif : réorganisation du réseau... et salariés sur le carreau

BNP Paribas Cardif : réorganisation du réseau... et salariés sur le carreau
Xavier POPY / REA Le siège de BNP Paribas Cardif, à Nanterre (92).

Engagé dans un vaste plan de transformation numérique, BNP Paribas Cardif prévoit de fermer, par la même occasion, ses délégations régionales.

Attention, chantier(s) en cours chez BNP Paribas Cardif. En mars dernier, à l’occasion de la présentation des résultats de la filiale du groupe bancaire français, son directeur général, Renaud Dumora, annon­­çait : « Nous devons nous transformer autour de la donnée, de l’expérience client, de l’humain, de l’innovation et du développement ». Afin de simplifier le parcours client, et gagner en rapidité et transparence, Cardif indiquait viser 80 % d’automatisation de ses process d’ici à 2020.

Il n’aura pas fallu attendre si longtemps pour que ce plan soit mis en œuvre. Dès le 10 mai, le bancassureur a présenté, lors d’un comité d’entreprise, un « projet de développement au servi­ce des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et de leurs clients, qui comprend la digitalisation de l’ensemble des processus », expli­que Jean-Christophe Boccon-Gibod, directeur partenariats et digital courtage de BNP Paribas Cardif France. Selon nos informations, ce projet de réorganisation du réseau aurait alors fait grincer quelques dents au sein des instances représentatives du personnel (IRP).

Jean-Christophe Boccon-Gibod, directeur partenariats et digital courtage de BNP Paribas Cardif France
« Un investissement lourd pour BNP Paribas Cardif »

  • Comment comptez-vous mettre en œuvre la transformation de votre réseau ?
    Notre ambition est d’être les meilleurs dans l’accompagnement digital des CGPI. Nous allons concevoir des outils digitaux avec un point d’entrée unique. Il s’agira d’agrégateurs à partir desquels les conseillers pourront réaliser différentes transactions et avoir accès à différents services. Nous sommes en discussion avec un acteur en particulier à la suite d’un appel d’offres.
  • Comment va se décliner la mise en œuvre de ce chantier ?
    Il s’agit d’un investissement lourd pour BNP Paribas Cardif, de l’ordre de 17 M€, mais aujourd’hui, les Extranets sont des outils dépassés par rapport à l’évolution des usages. Nous voulons mettre en place une nouvelle façon de travailler, en lien avec les attentes des CGPI et de leurs clients, et ce, de façon pérenne. Afin d’améliorer la réactivité et l’agilité du réseau, tout en garantissant une qualité de service, nous sommes amenés à regrouper les effectifs des directions régionales au niveau de notre siège tout en maintenant des commerciaux sur le terrain. La fermeture des directions régionales sera donc progressive. Nous allons déployer cette stratégie dès le premier trimestre 2018 et cela s’étalera jusqu’en 2019 pour balayer l’ensemble de la gamme épargne et retraite.
    Propos recueillis par G. Bruguière-Fontenille

Des fermetures annoncées

Car, en parallèle de cette transformation numérique, la direction entend faire évoluer sa structure, avec la fermeture progressive des 12 délégations régionales. « En conséquence de quoi, 78 suppressions de postes seraient envisagées », explique une source syndi­cale. « C’est un plan de mobilité et de départs volontaires. Aucun dé­part ne sera contraint dans no­tre schéma », corrige Jean-Christo­phe Boccon-Gibod. Selon lui, à la suite de cette réorganisation, il resterait encore une vingtaine de commerciaux sur le terrain. Seulement, cinq mois après cette annonce, la pilule a toujours du mal à passer en interne. Neuf réunions de négociations avec les organisations syndicales représentatives (CFTC et CFDT) n’ont notamment pas suffi à apaiser les tensions.

500 M€ Le résultat net avant impôt de BNP Paribas Cardif Assurance Vie en France, en 2016.
Source : Rapport sur la solvabilité et la situation financière (SFCR) de Cardif Assurance Vie

« Nous ne comprenons pas les motivations de la direction pour justifier ce plan », ne décolère pas un syndicaliste. « À l’origine, on nous dit qu’il s’agit d’une réorganisation économique. Sauf que, comme entre-temps nous avons mis en avant que le réseau Cardif n’était pas déficitaire (voir ci-contre), le discours a changé. Ces départs s’inscriraient désormais dans le cadre d’un plan de transformation stratégique, indispensable apparemment pour s’adapter à la concurrence du marché », ajoute-t-il. Le 29 septembre dernier, le CE de la filiale du groupe bancaire français a ainsi rendu un avis défavorable à ce projet. « Le rapport de l’expert présenté ce jour-là en séance était plutôt néga­tif à l’encontre de la direction de Cardif », explique un proche du dossier.

Des précédents aux motifs différents

  • Entre 2012 et 2013, engagé dans un vaste plan d’économies de 400 M€, Groupama avait annoncé cinq plans de départs volontaires (PDV), précisément chez Gan Assurances (200 postes supprimés), Groupama Supports et Services (180), Groupama SA (171), Groupama Banque (80 à 85), et enfin au sein de sa filiale Gan Prévoyance (175 postes).
  • Plus récemment, début 2017, un projet baptisé Fit for future visant à optimiser les coûts au sein d’AGCS – entité d’Allianz qui comptait 365 employés fin 2015 – a été soumis à l’avis du comité d’entreprise. À cette occasion, 51 suppressions d’emplois avaient été annoncées par la direction dans le cadre d’un plan de départs volontaires.

Un projet contreversé

Malgré ces réticences, la direction de la compagnie d’assurances n’a pas l’intention de faire machine arrière. « Notre objectif est d’assurer notre développement dans les cinq à dix ans qui vien­nent », indique Jean-Christo­phe Boccon- Gibod. Le directeur partenariats et digital courtage précise que, suite à la fermeture des délégations régionales, le regroupement des effectifs restants serait d’ores et déjà prévu à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), dans une nouvelle entité proche du siège de BNP Paribas Cardif.

En attendant, à l’heure où nous rédigeons ces lignes, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Directe) n’a pas encore validé ce projet. « Celle-ci peut demander à Cardif de faire d’avantage d’efforts par rapport aux conditions de départs des salariés, mais en aucun cas s’opposer à ce plan », précise une source interne. Le chantier n’a pas fini de faire du bruit.

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