Climat : Solvabilité 2 a un «impact négatif» sur l’investissement de long terme (G. Mestrallet)

Climat : Solvabilité 2 a un «impact négatif» sur l’investissement de long terme (G. Mestrallet)
Bercy défend une meilleure prise en compte du caractère long terme des passifs des assureurs.

Alors que se tient la première Journée mondiale de la finance pour le climat, la place de Paris appelle à un dialogue avec les législateurs et les régulateurs dans le financement de la transition énergétique. Et notamment à assouplir les règles de Solvabilité 2 en matière d'investissement de long terme des assureurs.

Tout un symbole. C’est au siège de l’Unesco que la place financière internationale s’est donné rendez-vous à Paris, ce vendredi 22 mai, à l’occasion de la 1ère Journée mondiale de la finance pour le climatClimate finance day»). A 200 jours de la grande conférence environnementale de Paris (COP21), assureurs, banquiers, gérants d’actifs, agences de notation, analystes financiers se rassemblent pour formaliser leurs engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique et leur participation dans le financement de la transition énergétique.

«Le secteur financier doit jouer un rôle central dans le combat en investissant de façon plus intensive dans l’économie bas carbone», rappelle Gérard Mestrallet, président d’Engie (ex-GDF Suez) et de Paris Europlace, association chargée de promouvoir la place financière de Paris lors du discours d’ouverture. Et d’ajouter : «De nouvelles stratégies d’allocation d’actifs devront être conduites afin de réduire les investissements dans les économies carbonées.»

Solvabilité 2 : frein à l’investissement de long terme

D’autant que les besoins de financement sont réels. «Contenir le réchauffement climatique à une température de 2°C suppose d'investir près de 1Md$ par an d'ici à 2030», rappelle Gérard Mestrallet. S’il reconnaît que le secteur financier n’est pas suffisamment concentré sur l’économie bas carbone, il considère que les contraintes prudentielles pesant sur les assureurs dans le cadre de Solvabilité 2 «ont un impact négatif sur l’investissement à long terme de ces compagnies».

Bercy sur la même ligne

Un écho à la première des vingt-cinq recommandations du rapport Demarigny sur l’Union des marchés de capitaux (UMC), remis au ministre des Finances Michel Sapin, ce 18 mai, et qui préconise d’«aménager les exigences de Solvabilité 2 pour les entreprises d’assurance. En particulier, revoir le règlement délégué de la Commission n° (UE ) 2015 / 35 afin de favoriser les investissements en infrastructures (y compris à travers les fonds européens d’investissement de long terme – ELTIF), les actions non cotées, les placements privés et la titrisation».

Dans la réponse française au livre vert de la Commission européenne «Construire l’union des marchés de capitaux» dont l’Argus de l’assurance s’est procuré une version, Bercy admet d’ailleurs que «les exigences de capital [posées par Solvabilité2] associées à l’investissement dans certaines classes d’actifs apparaissent aujourd’hui inadaptées» et souligne «la nécessité d’aller plus loin, notamment s’agissant de l’investissement en fonds propres et en dette dans les PME-ETI, en prenant mieux en compte le caractère long terme des passifs des assureurs.»

Rendre le fonds vert pour le climat opérationnel

A la tribune, le ministre des Finances, Michel Sapin, a rappelé que la «question des financements sera fondamentale pour construire un accord en décembre au cours de la COP21». Pour y parvenir, la mobilisation des acteurs non étatiques comme les entreprises est une condition nécessaire mais pas suffisante : «Nous devrons crédibiliser les engagements passés et notamment atteindre les 100 Md$ par an à partir de 2020 du fond vert pour le climat», poursuit Michel Sapin.

Un tel fonds doit permettre aux pays en développement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de soutenir leurs politiques d’adaptation à la transition énergétique.

Paris exemplaire en «green bonds»

Au sommet des Nations-Unies de New York, en septembre 2014, le secteur financier s’était engagé à développer les obligations vertes. A ce jour, ces «green bonds» représentent un montant de près de 65 Md$ d’émissions en 2015, dont Paris occupe la première place au niveau mondial.

Un premier pas pour Michel Sapin qui appelle les investisseurs institutionnels à «connaitre l’exposition de son portefeuille  au risque carbone et à adopter une stratégie de décarbonation de ce dernier en entamant un dialogue actionnarial». Quant aux assureurs, «qui ne sont pas seulement des investisseurs institutionnels», le ministre les encourage à «participer au plan d’adaptation au changement climatique [issu du Grenelle de l’environnement] aux côtés des collectivités puisqu’ils seront amenés à en assurer les risques par la suite».

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