Congrès de l’Amice à Nice : le plaidoyer des mutualistes pour l’Europe

Congrès de l’Amice à Nice : le plaidoyer des mutualistes pour l’Europe
Hilde Vernaillen, présidente de l'Amice © DR

Malgré l’excès de réglementation qu’ils dénoncent parfois – Solvabilité 2, MIF 2, Dia 2, PRIPs …–, les assureurs mutuels et coopératifs du Vieux Continent, réunis à Nice à l’occasion du 4e Congrès de l’Amice, ont renouvelé leur adhésion au projet européen et esquissé leur feuille de route pour les cinq ans à venir.

Rares étaient les eurosceptiques et europhobes, ce jeudi 5 juin, dans la salle de conférences de l’hôtel Méridien de Nice, terre d’accueil du 4e Congrès de l’Amice, l’association des assureurs mutuels et des coopératives d’assurance en Europe. Quelques jours après un scrutin européen marqué par la poussée des eurosceptiques, en particulier en France, les représentants des principales organisations mutualistes de l’Hexagone ont tenu, à l’ouverture du Congrès, un discours résolument pro-européen.

Mutualistes et pro-européens

A commencer par Etienne Caniard, président de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), pour qui «le projet européen est essentiel. Ce n’est pas un bouc-émissaire lorsqu’il permet de dédouaner les politiques nationales». Et d’ajouter : «Notre cœur de métier se situe de plus en plus au-delà des frontières nationales en témoigne les enjeux liés à la politique du médicament, au droit à la santé ou aux services sociaux de proximité. Pourtant, dans le même temps, le secteur mutualiste est encore mal appréhendé et donc mal compris par l’Europe.»

Un message également partagé par le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema). «Notre rencontre au lendemain des élections européennes doit nous permettre de renouveler notre adhésion au projet européen. Avec Solvabilité 2, les services publics nationaux et européens ont abattu un travail considérable mais l’homme ordinaire ne leur a accordé aucune reconnaissance», souligne Gérard Andreck, son président.

La sourde oreille de Bruxelles

Pourtant, en dépit de ce plaidoyer, les quelque 110 membres de l’Amice, représentant 18 pays d’Europe en plus de la Turquie, regrettent dans la foulée le déficit de connaissances de l’assurance mutuelle et coopérative constaté auprès des décideurs politiques. Au premier desquels les responsables politiques de Bruxelles. «L’Europe doit comprendre notre mouvement. Nous demandons une reconnaissance officielle de nos valeurs et spécificités par la Commission européenne et qu’elles se traduisent par des améliorations aux niveaux juridique et économique», précise Hilde Vernaillen, présidente de l’Amice.

Et ce alors que le secteur mutuel et coopératif pèse plus de 55% de l’ensemble des assureurs européens, près de 30% de parts de marché, 200 millions de clients/sociétaires et 350 000 salariés. Sans compter que «l’expérience de la crise financière a montré le danger d’institutions financières cotées en Bourse», rappelle Hilde Vernaillen.

La reconnaissance du statut de mutuelle européenne sera longue

Reste que Bruxelles s’éveille progressivement aux réalités du mutualisme en Europe. En témoignent la résolution du Parlement européen du 14 mars dernier et la promesse d’une initiative législative sur le statut de mutuelle européenne pour octobre de cette année. Un combat de longue haleine menée autant au sein de l’Amice en raison des divergences de vue entre la France (favorable) et d'autres pays comme l’Allemagne (hostile) qu’auprès de la Commission européenne.

L’association de lobbying a pu compter sur des alliés de poids au sein de l’exécutif européen en la personne de Michel Barnier et d’Antonio Tajani, respectivement commissaire européen au Marché intérieur et vice-président de la Commission chargé de l’industrie et de l’entreprenariat. Mais, en coulisses, des membres de l’Amice estiment  que le sujet pourrait à nouveau prendre du retard : «Le calendrier nous est clairement défavorable. Il faudra sans doute reprendre notre travail de lobbying auprès de la Commission et identifier de nouveaux soutiens

Une feuille de route jusqu’en 2019

Digital, marchés, règlementation, sécurité sociale : telles seront les priorités du manifeste conçu par l’Amice, et qui doit s’appliquer sur la prochaine mandature européenne, en faveur de la promotion du modèle mutualiste. «Ce manifeste décrit comment les assureurs mutualistes et coopératifs sont bons pour la concurrence en se concentrant sur les sociétaires et non sur les actionnaires», explique Hilde Vernaillen.

Ce dernier s’articulera autour du triptyque suivant : promotion, plaidoyer, assistance. La promotion passera notamment par un renforcement de la sensibilisation des responsables politiques au travers des actions de lobbying et de communication. Le plaidoyer vise à influer sur l’élaboration des politiques et identifier le plus amont les opportunités et menaces liés à la forme juridique des mutuelles. Le dernier volet est tourné sur le partage d’expérience avec une attention particulière aux «PME d’assurance dont la majorité sont des mutuelles».

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 16 juillet 2021

ÉDITION DU 16 juillet 2021 Je consulte

Emploi

Cabinet AG PEX

EXPERT CONSTRUCTION H/F

Postuler

SOLUSEARCH.

Juriste Réassurance Senior H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurances construction

Société Immobilière des Chemins de Fer

27 juillet

75 - ICF HABITAT

MARCHE DE PRESTATIONS INTELLECTUELLES POUR LA DESIGNATION D'UN CABINET DE COMMISSAI...

Association St François d'Assise ASFA

27 juillet

974 - ST DENIS

Assurance responsabilité drone

Ville de Lille

27 juillet

59 - Lille

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Congrès de l’Amice à Nice : le plaidoyer des mutualistes pour l’Europe

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié