COP21 : « Les assureurs ne se mobilisent pas », Jean-Marc Jancovici (enseignant Mines Paristech)

COP21 : « Les assureurs ne se mobilisent pas », Jean-Marc Jancovici (enseignant Mines Paristech)
Jean-Marc Jancovici théorise la fin de notre modèle de croissance économique adossée à notre consommation d'énergie. DR

Ingénieur spécialisé en énergie-climat et enseignant à Mines Paristech, Jean-Marc Jancovici estime que le modèle de croissance perpétuelle ne reviendra plus en Europe. La faute à un approvisionnement énergétique contraint depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979.

Pourquoi nos économies sont-elles dépendantes de l’énergie ?

Avant les chocs pétroliers, les courbes de la production, du PIB et de la dette se confondent. Après 1974, on observe un découplage entre le PIB et la production d’énergie. Plus ces deux courbes se désolidarisent, plus la dette explose. La croissance économique d’un Etat est intrinsèquement corrélée à sa consommation d’énergie. Or, le taux de croissance de la consommation de pétrole est aujourd’hui proche de zéro tandis que notre production de gaz a reculé en Europe de 12,5% depuis 2005. Si bien qu'aujourd'hui, la croissance d’énergie consommée par personne s’est arrêtée, signe que nos économies entreront inéluctablement dans une récession structurelle.

A quels risques sommes-nous principalement exposés ?

L’essentiel du réchauffement climatique provient de l’usage de l’énergie, c’est-à-dire ce qui nous a rendus riches : le transport, les bâtiments, l’industrie, les centrales électriques…. Une trajectoire d’augmentation de +5°C de la température de la Terre [fourchette haute retenue par le GIEC dans son 5e rapport d’évaluation, NDLR] peuvent bouleverser les écosystèmes en seulement 100 ans : acidification des océans, déplacement des forêts, augmentation du risque d’incendies, sécheresse, baisse des rendements agricoles et les conséquences politiques qui en découleront (famines, déplacements de populations, essor des totalitarismes…). Mais les problèmes les plus structurants pour l’Homme sont aussi les plus imprévisibles. Aucun scientifique digne de ce nom ne peut aujourd’hui livrer un panorama détaillé des risques auxquels nous sommes exposés du fait du réchauffement climatique.

Le secteur financier en général, l’assurance en particulier, est assez peu représenté dans les débats préparatoires à la COP21. Comment l’expliquez-vous ?

Je ne comprends pas pourquoi les assureurs ne se mobilisent pas sur la question du changement climatique. Ce sont des organisations qui nous sollicitent très rarement via Carbone 4, notre cabinet spécialisé dans la stratégie carbone. Pourtant, les assureurs ont un rôle de premier plan à exercer sur au moins trois dimensions. En premier, l’épargne afin d’orienter les placements au service de la transition énergétique. Ensuite, le dommages en matière d’amélioration de la prévention et de la gestion du risque climatique en MRH. Enfin, sur le foncier, ils ont à engager leurs placements vers des actifs respectueux de l’environnement.

La répartition des émissions de gaz à effet de serre dans le monde selon la source d'énergie :

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