Courtiers d'assurances : laisser les entreprises réguler leurs dépenses de santé !

 Courtiers d'assurances : laisser les entreprises réguler leurs dépenses de santé !
Yan Le Men (CSCA) : «Le marché de la complémentaire santé ne va pas se réguler, parce que la direction de la Sécurité sociale l'a décidé.»

Selon la Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA),  le projet de réforme des contrats santé responsables conduirait à une explosion des restes à charge pour les salariés et à une dégradation du climat social dans les entreprises.

La Chambre syndicale des courtiers d’assurances est de nouveau sur le pied de guerre dans le cadre de la généralisation de la complémentaire santé. Après avoir combattu, avec succès, les clauses de désignation, elle entend désormais faire reculer le gouvernement sur la refonte du cahier des charges des contrats santé responsables. Objectif : «Eviter une catastrophe sociale en préparation», selon les termes de Yan Le Men. D’après le président de la commission des assurances collectives, la direction de la Sécurité sociale (DSS) n’aurait «pas totalement mesuré les incidences» de ses propositions d’encadrement des garanties, qui doivent donner lieu à un décret.

Explosion des restes à charge

Lors de cette concertation en cours, la DSS aurait notamment présenté l’introduction de plafonds en optique peu élevés et «decrescendo de 2015 à 2018», une limitation des dépassements d’honoraires, mais, a contrario, rien sur le dentaire. Une volonté de régulation jugée inefficace – «Les professionnels de santé ne vont pas s’aligner sur les plafonds de garantie» – et désastreuse pour les salariés, avec une explosion des restes à charge, à +116%, par exemple, selon les calculs de la CSCA, sur les verres simples en optique.

Un sujet de tensions dans l'entreprise

«Est-ce que la DSS est le seul organisme capable de dire quelle est la bonne dépense ? Les entreprises sont capables de déterminer le montant de leur engagement financier, et le marché a des réponses bien plus élaborées, à l’image des réseaux», estime Damien Vieillard-Baron, président du courtier Gerep, alors que Bruno Parenteau, directeur assurance de personnes chez le courtier Filhet Allard et cie, s’inquiète d’une «banalisation» des contrats et du fait que «la complémentaire santé va devenir sujet de tensions» dans l’entreprise.

Aucune inquiétude sur le courtage

La CSCA, qui se défend de rouler d’abord pour ses propres intérêts  – «Nous n’avons aucune inquiétude sur notre activité, nous nous adapterons, nous développerons les offres de surcomplémentaire, comme on le fait déjà» –, demande à être reçu par la DSS, pour lui exposer son pacte de «bonnes pratiques». Et demander plus largement «un cessez le feu juridique pour les entreprises».

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