[DOSSIER] Mutualité française : les temps forts du congrès de [...] 7/8

Dépendance : les attentes des Français... et des spécialistes

Dépendance : les attentes des Français... et des spécialistes
Pas moins de 77% des Français s'inquiètent du risque de dépendance.

Les Français s'inquiètent de la menace de la dépendance mais ne sont pas prêts à souscrire massivement des offres d'assurance pour couvrir ce risque, indique une étude présentée au congrès de la Mutualité française. Cependant, la prise en charge de l'autonomie n'est pas question d'argent, ont souligné plusieurs personnalités qui ont précisé leurs attentes quant à la future loi promise par Emmanuel Macron. 

En annonçant, mercredi 13 juin, lors de son discours au congrès de la Mutualité française (FNMF), une loi sur la dépendance d’ici fin 2019, Emmanuel Macron a clairement répondu à une préoccupation d’une majorité de Français. Une étude sur la prise en charge de la perte d’autonomie, réalisée par Harris Interactive pour la FNMF et présentée le 14 juin lors de ce même congrès qui se tient à Montpellier, indique que le risque de dépendance est redouté par 77% des Français après l'âge de 45 ans. Il figure au deuxième rang de leurs préoccupations, après la diminution des capacités physiques ou intellectuelles. Et c’est de surcroît un risque auquel les Français se sentent mal préparés (à 63% pour leurs proches et à 66% pour eux-mêmes.

Priorité à la Sécu 

Une écrasante majorité de sondés (90%) estime que la dépendance est un sujet prioritaire qui doit être pris en compte par les pouvoirs publics. Sur le financement de la prise en charge, ils privilégient le rôle de la sécurité sociale, et dans une moindre mesure, celui des mutuelles.

L’assurance dépendance pour tous n’est considérée comme une solution de financement que par 33% des sondés. Quant à l’idée d’une nouvelle journée de solidarité, elle ne semble guère populaire (7%), et celle d’une nouvelle taxe est massivement rejetée, 2% seulement la jugeant prioritaire. Pas moins de 41% répondent qu’ils compteraient en priorité sur leur épargne personnelle, naturellement surtout parmi les plus aisés (revenus supérieurs à 4 000€ par mois).

Manque de souscripteurs

Parmi les Français de plus de 45 ans, 21% déclarent avoir contracté une assurance couvrant le risque de perte d’autonomie. Mais 80% de ceux qui n’en détiennent pas n’envisagent pas d’en souscrire une pour eux-mêmes. Un chiffre qui confirme l’atonie du marché et s’explique par plusieurs facteurs, dont en premier lieu le prix.

Pas seulement une question d'argent

La perspective d'une loi a aussi fait réagir les personnalités participant à la table ronde lors de laquelle était présentée cette étude. Bertrand Fragonard, vice-président délégué du Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA)  a souligné que les défis liés à la prise en charge de la perte d’autonomie sont « une affaire d’argent mais pas seulement ». Pour lui, la priorité d’une future loi doit être « d’ancrer la politique de maintien à domicile ». Il souhaite aussi une meilleure structuration des services, qui souffrent du fait que les départements considèrent qu’ils sont « hors d’état d’engager plus de fonds » et « exercent une pression sur les associations ». Marie-Anne Montchamp, présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), s’est dite « heureuse d’entendre le président de la République annoncer cette grande loi ». Il lui semble « important qu’il s’agisse d’une loi cadre et pas d’une loi technique ». 

Pour Pierre Mayeur, directeur général de l’Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance (Ocirp), la future loi pourrait également « labelliser les contrats d’assurance dépendance ». « Cela doit commencer dans les entreprises, cela doit être quelque chose de collectif et qui peut continuer à titre individuel et qui apporte de la confiance à la personne qui va souscrire », a-t-il précisé.

Dominique Joseph, secrétaire générale de la Mutualité française, s’est déclarée favorable à l’idée d'une assurance dépendance obligatoire. Elle souhaite aussi des approches décentralisées. La loi ne devra pas tout gérer depuis Paris mais « permettre aux acteurs de faire des propositions et que celles-ci puissent être portées par des acteurs locaux sur la base de l'évaluation des besoins des personnes et des besoins territoriaux. Il faut faire preuve d’intelligence pratique », a-t-elle insisté.

Une vision proche de celle de Marie-Anne Montchamp, pour qui « la question du pilotage est centrale ». Faisant allusion au discours d’Emmanuel Macron, elle a rappelé que l'Etat ne peut rien sans les parties prenantes, et que toutes doivent être associées au pilotage des politiques en matière de dépendance.  Une prise en compte indispensable pour qu’on ait  bien « cette grande rencontre entre une impulsion nationale et le foisonnement des réponses partout sur le territoire ».

Non aux logiques binaires

La problématique de l’habitat a aussi occupé une place centrale dans le débat car, comme l’a noté Pierre Mayeur, il ne faut « pas se laisser enfermer dans une logique binaire domicile - Ehpad (ndlr, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ». Comme l’ont noté plusieurs participants à cette table ronde, dont Dominique Joseph, nous n'avons « pas assez réfléchi aux alternatives à l’Ehpad ». Si la maltraitance dans les Ehpad a récemment fait la Une de l’actualité, constituant sans doute l’un des éléments déclencheurs des annonces d’Emmanuel Macron sur la dépendance, tous les participants ont insisté sur la diversité des situations et des besoins, au-delà de la stricte problématique du financement et du reste à charge. Le degré de dépendance ne devrait ainsi pas être le seul critère d’un départ du domicile. Alors que le taux d’entrée en Ehpad est jugé trop important par certains - comparé à l'époque où l'on rentrait en maison de retraite pour jouer à la belote -, il ne faut pas négliger les nouvelles formes d’habitat alternatives qui se développent actuellement. Notamment celles qui favorisent un mélange des générations. 

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