Emmanuel Soulias : «Engager tous les acteurs de l'assurance autour d’enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux»

Emmanuel Soulias : «Engager tous les acteurs de l'assurance autour d’enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux»
Emmanuel Soulias, président de la commission développement durable de l'AFA. © © FFSA

Le président de la commission développement durable de l'Association française de l'assurance revient sur les enjeux de la mise en place de la charte du développement durable, initiée en janvier 2009, et dresse un premier bilan des actions menées dans le secteur de l'assurance.

Comment est née la charte du développement durable ?

L’idée de cette charte est apparue juste après la naissance de l’Association française de l’assurance (AFA) [en juillet 2007, NDLR], qui regroupe la FFSA et le GEMA. De par son poids économique et social et son activité par nature durable, la responsabilité du secteur dans la diffusion du développement durable semblait évidente. L’objectif a donc été d’engager collectivement tous les acteurs de l'assurance autour d’enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux. Nous avons d’abord rencontré des ONG, des associations et des acteurs institutionnels, afin d’identifier et de dresser une cartographie détaillée de ces enjeux. Puis, nous avons fait un état des lieux des forces et des lacunes du secteur face à ces enjeux. En tout, il nous a fallu un an et demi pour rédiger cette charte, en janvier 2009, articulée autour de cinq engagements (voir encadré).

Après cinq ans d’existence, peut-on dresser un premier bilan ?

Bien sûr. Mais les engagements pris dans ce texte ne sont pas de type «one shot». Il s’agit au contraire de mettre en place une dynamique de moyen-long terme, en mutualisant les moyens et les expériences. Depuis cinq ans, chacun des membres de la FFSA et du GEMA se sont appropriés, de façon volontaire et individuelle, les éléments contenus dans la charte. Chacun y va à son rythme, mais la charte est clairement devenue un référentiel et constitue le fil conducteur des réflexions en matière de développement durable dans la profession. Malgré un contexte économique difficile et assez rigide depuis 2009, l’engagement des acteurs n’a pas faibli. La preuve : plus de 90% des membres de l’AFA continuent à répondre à notre enquête annuelle sur la charte et à rendre compte de leurs actions. Ils ont compris que la prise en compte du développement durable n’allait pas contraindre leur activité, mais au contraire la nourrir et l’enrichir.

Certains engagements sont-ils plus difficiles à tenir que d’autres ? Pouvez-vous donner quelques exemples de résultats ?

Il est vrai que certains engagements sont assez standards lorsque l’on parle de développement durable, comme par exemple l’exemplarité des pratiques internes. D’autres, au contraire, sont plus structurants, notamment lorsque l’on touche à la gestion d’actifs, à l’accompagnement de l’activité économique ou à la réduction des vulnérabilités. Là encore, on regarde surtout l’engagement de moyens et d’efforts, mais certaines réalisations concrètes sont encourageantes et illustrent bien la dynamique enclenchée. L’assurance a, par exemple, été le premier secteur professionnel à signer un accord de branche sur les contrats de génération, marquant sa volonté d’agir sur les enjeux de lien intergénérationnel. En matière d’impacts environnementaux, citons la mise en place du e-constat prévue pour 2015, dont l’usage devrait permettre d’économiser des tonnes de papier. Enfin, en ce qui concerne notre cœur de métier, le dialogue avec les fédérations professionnelles de la construction et l’Ademe a par exemple permis de mieux connaître les nouveaux matériaux et techniques d’écoconstruction (paille, ossature bois…) et de les assurer à des coûts raisonnables, malgré un manque de recul en termes de sinistralité. De la même manière, les assureurs sont fortement engagés en termes de prévention, que cela soit sur les risques routiers, les accidents de la vie courante, la santé ou les catastrophes. A l’instar de la co-création avec l’Etat d’un Observatoire national des risques naturels, les exemples d’avancées sont nombreux dans tous les domaines…

Et concernant la gestion d’actifs ?

Avec près de 2 000 Md€ sous gestion, le secteur de l’assurance a une vraie responsabilité en la matière. Là aussi, les pratiques évoluent : par exemple, la part des fonds labellisés ISR (investissement socialement responsable) a doublé en cinq ans, pour atteindre 24 M€. Et, plus globalement, la  part des investissements gérés selon des critères ESG (environnement, social, gouvernance) représente aujourd’hui 350 Md€, soit 18% des actifs gérés par les assureurs. C’est deux fois plus qu’en 2009, et cela confirme une vraie tendance. Enfin, précisons que les 77 Md€ d’actifs immobiliers gérés par les acteurs de l’assurance (soit 11,5 millions de mètres carrés) sont aussi concernés par cette démarche: 50% ont fait l’objet d’un audit énergétique, et un quart ont obtenu un label de performance énergétique (HQE, BBC, énergie positive…).

Charte du développement durable de l’AFA

Engagement 1 : se positionner en tant qu’acteurs responsables du développement
durable.

Engagement 2 : contribuer à la lutte contre le changement climatique et à la préservation de l’environnement.

Engagement 3 : accompagner le développement économique, participer à la réduction des vulnérabilités sociales et contribuer à une protection sociale durable.

Engagement 4 : favoriser une politique d’investissements responsables.

Engagement 5 : développer leur fonctionnement dans un cadre environnemental et social responsable.

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