Epargne-retraite : un contexte porteur pour la retraite par capitalisation

Epargne-retraite : un contexte porteur pour la retraite par capitalisation

Alors que des négociations sur les retraites complémentaires s’ouvrent le 17 février pour sauver l’Agirc et l’Arrco, les décisions prises à l’issue de ces débats pourraient profiter aux régimes de retraite supplémentaire.

L’épargne retraite va-t-elle enfin décoller en France ? Posée à maintes reprises au cours des dernières années, sans déclencher de grande réaction, cette question semble aujourd’hui animer les débats entre les spécialistes de ce marché, la majorité d’entre eux se montrant même optimistes sur les perspectives d’évolution des régimes de retraite supplémentaire. « Du fait de la tension annoncée sur les retrai­tes de base et les pensions complémentaires (voir ci-dessous, NDLR), il y a un potentiel de croissance évident pour la capitalisation », indique Simon Desrochers, directeur du bureau français du cabinet Towers Watson.

Pour Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, les négociations sur les retraites complémentaires relevant de l’Association générale des institutions de retraites des cadres (Agirc) et de l’Association pour le régime de retraite complémentaire des sala­riés (Arrco), qui vont s’ouvrir le 17 février, pourraient notamment s’avérer décisives pour l’avenir de l’épargne retraite. « Des décisions difficiles vont certainement être prises par les organisations patronales et syndicales. Ces négociations pourraient se conclure par une diminution des droits des cadres via les régimes complémentaires, ce qui ouvrirait alors un espa­ce important pour les assureurs et les institutions de prévoyance qui proposent de la retraite supplémentaire », précise-t-il.

Hasard ou coïncidence du calendrier, depuis deux mois, les études favorables à la retraite par capitalisation se multiplient. Ainsi, selon la 4e édition du baromètre Deloitte sur « Les Français et la préparation à la retraite » présentée le 9 décembre, plus de trois actifs sur quatre (78 %) estime­raient qu’ils ont besoin de compléter leur retraite par des ressources supplémentaires. Dans son observatoire publié une semaine plus tard, soit le 16 décembre, la société de conseil et de gestion d’épargne salariale et retraite Eres indiquait que le montant de l’épargne retraite devrait continuer de croître. En s’appuyant sur une croissance en valeur du PIB de 3,5 % par an, il atteindrait les 1 500 Md€ en 2023. Soit une croissance de 8 % par an, portée par un développement prévu de l’épargne retraite collective, et notamment de l’« Article 83 ».

« Les entreprises sont aujourd’hui davantage attentives aux produits proposés sur le marché. En effet, ne sachant pas exactement quand partiront leurs salariés à la retraite, elles sont confrontées à de vraies difficultés de gestion de fin de carrière de leurs collaborateurs », observe Simon Desrochers. Qui précise aussitôt : « Du coup, pour que ces derniers aient un niveau de rente suffisant pour partir à la retraite, les entreprises investissent de plus en plus dans des outils capables de venir en complément des régimes par répar­tition ».

Afin que tous les produits d’épargne retraite soient désormais attractifs, des améliorations ont même été préconisées sur les dispositifs individuels. Pour dyna­miser les contrats « Madelin », le Cercle de l’épargne propose ainsi, dans une étude dévoilée le 21 janvier, d’autoriser les versements individuels facultatifs sur ce dispositif ou encore de garantir la transférabilité des différents produits retraite. « Certes, un produit retraite est un produit avec une sortie en rente. Mais le législateur ayant prévu une sortie à hauteur de 20 % pour le Plan d’épargne retraite populaire (Perp) et les produits assimilés, il serait également souhaitable d’élargir cette possibilité au contrat “Madelin” », préconise Jacques Barthélémy, avocat-conseil en droit social. Des propo­sitions que le Cercle de l’épargne entend à présent soumettre à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et qui vu le contexte, pourraient enfin retenir l’attention des parlementaires.

Nicolas Thouet

Il y a un potentiel de croissance évident pour la capitalisation.

Simon Desrochers, directeur du bureau français du cabinet Towers Watson

Des décisions difficiles vont certainement être prises par les organisations patronales et syndicales.

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne

Agirc-Arrco : la Cour des comptes s’alarme

Le 18 décembre, la Cour des comptes a présenté un rapport public sur les régimes de retraites complémentaires relevant de l’Agirc et de l’Arrco. Selon cette étude, les deux régimes, en déficit depuis 5 ans, pourraient voir leurs soldes annuels rester négatifs et atteindre les -25 Md€ en 2040, dans un scénario de prolongation des effets de la crise sur la croissance. Et sans mesures nouvelles, leurs réserves financières – qui assurent le versement des pensions – pourraient être épuisées dès 2018 pour les régimes couvrant les cadres (Agirc), et à l’horizon 2025 pour tous les salariés du privé (Arrco). Pour sauvegarder les retraites complémentaires, le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, estime que « tous les leviers doivent être étudiés, si délicats soient-ils ».

11,1 Md€

Le déficit global que les régimes de retraites obligatoires (de base et complémentaire) afficheront en 2018 selon les projections actualisées du Conseil d’orientation des retraites (Cor).

Retraites chapeaux : des rentes pas si élevées

C’est un des dispositifs d’épargne retraite les plus décriés aujourd’hui en France, notamment du fait de l’importance des rentes perçues via ce produit par certains dirigeants. Pourtant, si quelque 200 000 personnes bénéficient aujourd’hui d’une retraite supplémentaire à prestations définies, un rapport IGAS-IGF précise que « pour 84 % d’entre elles, le montant annuel des rentes reçues dans le cadre de ces régimes est inférieur à 5 000 € ». Et surtout que « moins de 50 personnes bénéficient de retraites chapeaux supérieures à 300 000 € par an depuis 2010 ». Concernant tout de même les retraites chapeaux des dirigeants, le gouvernement, qui avait menacé dans un premier temps de les supprimer, entend désormais mieux encadrer ces produits, les indexant notamment sur la performance de l’entreprise.  

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