Financement de l'économie : L’Euro PP paré pour devenir un vrai marché

Financement de l'économie : L’Euro PP paré pour devenir un vrai marché

Produite il y a un an pour standardiser les pratiques en matière de placements privés, la charte Euro PP dispose désormais d’une déclinaison concrète, avec la publication de deux contrats type, élaborés de façon à répondre à la fois aux besoins des émetteurs et des investisseurs. De quoi contribuer au développement de ce jeune marché, qui représente aujourd'hui 10 Md€ d'encours. Et founir aux ETI et aux PME une alternative aux financements bancaires.

Produite il y a un an pour standardiser les pratiques en matière de placement privé, et ainsi contribuer au développement de ce nouveau marché, la charte Euro PP dispose désormais d’une déclinaison concrète.  Le comité de pilotage Euro PP, créé le 30 avril dernier et composé des 10 associations et fédérations professionnelles qui ont endossé la charte (AF2i, AFG, AFTE, Amafi, Asmep-ETI, FBF, FFSA, Gema, Medef, Paris Europlace), vient de publier deux contrats type de placements privés, élaborés de façon à répondre à la fois aux besoins des émetteurs et des investisseurs. Ces deux contrats, l’un destiné aux prêts, l’autre aux émissions obligataires, sont disponibles gratuitement sur le site euro-privateplacement.com, dédié au marché de l’Euro PP.

Contrats type

Si l’élaboration de la charte avait suscité d’emblée l’adhésion des émetteurs à ses grands principes, la rédaction des contrats type a donné lieu à des «gros débats», reconnaît  Gérard Soularue, représentant du comité de pilotage Euro PP et ancien président de l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE). Tout l’enjeu était de rassurer les représentants des émetteurs sur la flexibilité laissée par ces contrats type (dont le prérequis étaient qu’ils soient «faciles à utiliser» par les ETI), alors que leur vocation première est de conduire à une certaine standardisation de la documentation contractuelle. Pour réduire les coûts et les délais, certes, mais aussi et surtout pour apporter aux investisseurs un niveau de sécurité suffisant. «L’objectif est une application uniforme des principes et du cadre de la charte Euro PP, notamment le principe de pari passu [égalité de traitement, NDLR] entre ces nouvelles dettes et les dettes traditionnelles que portent les émetteurs. Ces contrats type sont une base de départ pour la négociation contractuelle, mais cela ne permet pas de faire l’économie d’une analyse des risques et de la situation, et d’adapter ces contrats», précise Bertrand Labilloy, directeur des affaires économiques, financières et internationales à la FFSA.

L'Euro PP, une révolution

Inutile de dire que le comité de pilotage Euro PP attend beaucoup de la diffusion de ces instruments.  «Le principe de l’Euro PP en lui-même n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que cela devient un vrai marché», explique Gérard Soularue. Et d’ajouter que «le 8 janvier 2015 restera comme une journée importante pour la finance d’entreprise, car c’est rare de participer de cette façon au développement de nouveaux produits de financement». Selon lui, la dernière fois remonte à 1984, avec le lancement des billets de trésorerie… «Il ne faut pas se tromper : c’est une révolution, l’Euro PP», abonde Hervé Labbé, vice-président de l'AFTE. Même si les bilans des banques peuvent aujourd’hui financer sans difficulté les entreprises, il ne faut pas exclure un risque d’insuffisance de prêts au moment où l’économie redémarrera. Sans compter que le financement bancaire sous forme de prêts amortissables sur cinq ans n’est pas forcément adapté aux besoins de financement des ETI. Ce sont donc les émetteurs eux-mêmes qui sont demandeurs d’alternatives de financement. L’Euro PP permet en outre de faire des opérations confidentielles, ce que souhaitent certains émetteurs.

Progression régulière

Aujourd’hui, le marché de l’Euro PP, initié en 2012 avec l’émission fondatrice de Bonduelle, représente environ 10 Md€ d’encours (dont 3,3 Md€ sur 2014), avec une progression légère mais régulière en montant sur trois ans. Mais ce jeune marché évolue. Au départ essentiellement composé d’émissions obligataires (cotées ou non), il se développe de plus en plus sur les prêts, qui comptent désormais pour environ 40% du marché. Parallèlement, le nombre d’opérations réalisées chaque année progresse (21 en 2012, 39 en 2013, 55 en 2014), mais leur taille moyenne diminue (152 M€ en 2012, 84 M€ en 2013, 60 M€ en 2014). Une étude réalisée sur la période 2012-2014 a montré que le taux d’intérêt des placements privés était resté stable sur la période à 4% pour des financements d’une durée de 6 à 7 ans. Un niveau jugé attractif côté émetteurs, d’autant que ces derniers ont plutôt eu tendance à descendre en taille (et donc à être plus risqués). Reste à savoir si, à ces niveaux-là, l’équation reste attractive pour les investisseurs. «Les assureurs sont engagés dans un mouvement profond de changement de leur allocation d’actifs, et de recherche de rendement et de diversification (…). On fonde de grands espoirs sur le développement de ce marché», conclut Bertrand Labilloy, sans répondre directement à la question.

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