Groupements professionnels : les comparateurs en quête de reconnaissance

Groupements professionnels : les comparateurs en quête de reconnaissance

Pour l’instant composé de lelynx.fr et des entités de Comparadise (BlackFin), le Groupement des comparateurs d’assurances (GCA) a vu le jour le 5 mars. Il aura notamment pour vocation d’instaurer un dialogue avec les pouvoirs publics, les assureurs et leurs instances représentatives. Cette annonce est intervenue à la suite des propos de Pascal Demurger, président du Groupement des entreprises mutuelles d’assurances (Gema), qui, le 3 mars, rappelait que les sites de comparaison, s’ils « deviendront, à l’avenir, significatifs dans la chaîne de distribution de l’assurance », doivent afficher plus de transparence et baser leurs résultats sur les garanties et pas uniquement sur les prix. Écho d’une même critique dans la revue de janvier-février 2015 de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) : « La majorité des comparaisons se fait sur le seul critère tarifaire, sans que le consommateur soit averti des limites du conseil fourni ou que la fiabilité des offres soit garantie. » L’ACPR rappelait qu’« agissant comme courtier d’assurances, le comparateur est soumis au même niveau d’exigence en matière de devoir de conseil ». La profession a donc souhaité réagir et interpeller tous ces acteurs du marché. Si la FFSA déclare « prendre acte de la création du GCA », le Gema n’a pas souhaité s’exprimer.

Le rôle du GCA : être connus, reconnus et entendus

« Nous avons voulu nous regrouper afin de mieux défendre nos intérêts », explique Diane Larramendy, directrice générale de lelynx.fr et coprésidente du GCA avec Jérôme Chasques, directeur général de Comparadise. Ce dernier indique ainsi que la vocation du groupement est triple : « Le GCA vise à pallier une méconnaissance de nos métiers par les pouvoirs publics, à dialoguer de manière plus concertée avec ces derniers et, le cas échéant, à bénéficier d’un pouvoir de proposition. » Les sites de comparaison veulent donc rehausser leur image, être reconnus et écoutés, mais aussi s’imposer tant comme des acteurs de l’assurance que du numérique. Ils souhaitent également rappeler qu’ils sont « soumis à un encadrement réglementaire strict » : en plus d’être inscrits à l’Orias, ils agissent selon les bonnes pratiques définies dans les deux chartes du Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Son président, Emmanuel Constans, salue d’ailleurs cette création : « Il est important que les comparateurs se regroupent pour expliquer leur fonctionnement et leur indépendance. C’est tout à fait dans l’esprit de nos chartes de bonnes pratiques. » Le GCA souhaite également montrer patte blanche auprès des instances représentatives du secteur, notamment du Gema, avec lequel il espère pouvoir nouer un dialogue constructif et consensuel : « Les mutuelles sont aussi nos clients, nous sommes censés nous allier et dialoguer », précise Jérôme Chasques. Et d’ajouter : « Nous ne voulons pas nous faire taper sur les doigts sans qu’il y ait du dialogue. »

Le GCA vise à pallier une méconnaissance de nos métiers par les pouvoirs publics.

Jérôme Chasques, coprésident du Groupement des comparateurs d’assurances (GCA)

La composition du GCA : deux adhérents de poids et deux grands absents

Le Groupement des comparateurs d’assurances (GCA) est composé de lelynx.fr et des sept sites de Comparadise (BlackFin) (1). Il est coprésidé par Jérôme Chasques, directeur général de Comparadise, et Diane Larramnedy, directrice générale de lelynx.fr. Olivia Guernier, de l’agence Tocqueville, en est la porte-parole. Certes, les deux adhérents sont des acteurs de poids du marché, mais deux grands absents manquent à l’appel : Assurland et lesfurets.com. Stanislas Di Vittorio, directeur général d’Assurland, indique ne pas partager la même vision que les adhérents actuels et ne pas souhaiter s’inscrire dans cette démarche : « Faire du lobbying auprès des pouvoirs publics ne me semble pas être la bonne solution pour faire avancer le marché. » Pour sa part, le directeur général de lesfurets.com, Hamid Benamara, approuve l’initiative, qu’il juge « excellente », mais il reste prudent, « aucune charte ne définissant clairement les engagements du GCA, notamment sur la protection des données personnelles et le service rendu aux consommateurs ». Et d’ajouter : « A la lumière des engagements déclarés par le GCA, nous pourrions reconsidérer notre position concernant le fait de rejoindre ce groupement. Mais pour l’instant, en raison de ces points d’attention, nous préférons conserver notre indépendance et notre singularité. »

1. Devis Mutuelle, Hyperassur, Kelassur, Misterassur, Mutuelle Conseil pour les assurances, et Banquissima et Kredity en crédit.

Faire du lobbying auprès des pouvoirs publics ne me semble pas être la bonne solution pour faire avancer le marché.

Stanislas Di Vittorio, directeur général d’Assurland, non-adhérent du GCA

Priorités du GCA : dialoguer avec les pouvoirs publics

Le premier chantier auquel doit s’atteler le GCA concerne le dépôt des statuts de l’association et sa gouvernance, qui devrait rester identique, avec une coprésidence. Par ailleurs, le groupement a déjà lancé ses premières initiatives auprès des pouvoirs publics, en commençant par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). L’objectif est de dialoguer sur le projet de décret sur les comparateurs de prix, qui s’inscrit dans la loi du 17 mars 2014 relative à la consommation. La porte-parole du GCA, Olivia Guernier, indique que même si les comparateurs sont peu visés par ce décret, ils souhaitent participer aux débats : « Le GCA va rencontrer la DGCCRF afin de savoir quelles sont ses attentes et voir ce que les comparateurs pourraient engager comme démarche supplémentaire en termes de bonnes pratiques, sachant que ces dernières sont déjà encadrées via les chartes du CCSF. » Deuxième chantier, de plus grande ampleur : le projet de loi sur le numérique, porté par Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique, qui doit être présenté en Conseil des ministres d’ici à l’été. L’association souhaite rappeler aux pouvoirs publics qu’en plus d’être des acteurs de l’assurance, les comparateurs sont des éléments clés dans le secteur du numérique et manquent parfois de reconnaissance : « Par exemple, nous ne bénéficions pas du régime des jeunes entreprises innovantes, alors que nous sommes les entreprises idoines », regrette Jérôme Chasques.

Le groupement va rencontrer la DGCCRF afin de savoir quelles sont ses attentes et voir ce que les comparateurs pourraient engager comme démarche supplémentaire.

Olivia Guernier, porte-parole du Groupement des comparateurs d’asurances

 

50%

La part des assureurs jugeant les comparateurs d’assurances indispensables, contre 44 % qui pensent le contraire.

(Étude Molitor Consult, décembre 2014).

400 000

Le nombre de contrats d’assurance générés chaque année par Assurland, comparateur précurseur et dominant du marché.

(Étude Jasmin, novembre 2013).

42%

La proportion des assureurs estimant que les comparateurs sont transparents dans le positionnement des offres pour les internautes, contre 32 % qui pensent qu’ils ne le sont pas.

(Étude Molitor Consult, décembre 2014).

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Renouvellement des marchés d'assurances d'HABITAT 08

Habitat 08

19 juillet

08 - HABITAT 08

Souscription des contrats d'assurances pour le cias ehpad dins lou pelou.

Maison de retraite Dinsiou Pelou

19 juillet

87 - CUSSAC

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Groupements professionnels : les comparateurs en quête de reconnaissance

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié