Inondations : pourquoi les plans d’urgence n’ont pas servi à Nemours

Inondations : pourquoi les plans d’urgence n’ont pas servi à Nemours
Valérie Lacroute, député-maire LR de Nemours (Seine-et-Marne).

Début juin, la ville de Nemours a été particulièrement exposée aux violentes crues qui ont ravagé le département de Seine-et-Marne. Valérie Lacroute, député-maire Les Républicains (LR) de cette commune sinistrée de 13 000 habitants, livre une première estimation du coût des dommages et déplore l’inefficacité des plans d’actions en situation d’urgence.

Un mois après les inondations, quel bilan tirez-vous au titre de la commune de Nemours, l’une des plus sinistrées du département ?

Les inondations représentent, pour l’heure, un coût provisoire de près d’un million d’euros de dommages publics assurés. A charge pour nous d’établir clairement ce qui sera pris en charge par notre assureur [NDRL : Smacl Assurances]. Mais ces montants ne tiennent pas compte des coûts de remise en état de la voirie, victime de phénomènes de soulèvement, que la commune va devoir supporter financièrement car elle n’entre pas dans le champ des biens assurables. Nous espérons une aide de l’Etat à hauteur de 30%, sans certitude compte tenu du cahier des charges à remplir.

A ce stade, comment l’indemnisation de vos administrés-sinistrés s’organise-t-elle ?

La situation est plutôt préoccupante pour les artisans et les commerçants du centre-ville, particulièrement exposés. Le régime cat’ nat’ en France prévoit une franchise de 10% non rachetable, censée encourager les entreprises à adopter des mesures de prévention. Or, cette franchise, qui peut, selon les dossiers, représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros, fragilise encore  davantage les artisans sinistrés. Certains risquent de ne pas s’en relever économiquement. Les aides exceptionnelles versées par la Chambre des métiers ne suffisent pas à combler cette perte.

Les plans de prévention des risques (PPR) et le plan communal de sauvegarde (PCS) ont-ils permis d’éviter de réduire la fréquence de sinistres ?

Le PCS est un document très administratif et théorique qui nous demande un travail conséquent en amont mais qui reste impraticable sur le terrain. Très sincèrement, je n’ai pas consulté ce document. Il ne sert pas à grand-chose, il est resté dans le tiroir. Tout au mieux, il nous a permis de ressortir une carte de la crue de 1910 pour établir un comparatif. En tant qu’élu, il nous serait plus utile de nous appuyer sur des fiches techniques pratiques pour agir rapidement en situation de crise : ramassage des déchets, gestion des canalisations, risques de pollution par les cuves à fioul, mise en place d’un guichet unique... La commune dispose également d’un plan de prévention des risques inondations (PPRI) approuvé. L’Etat envisagerait de le réviser au regard de la dernière crue. Nous serons prudents sur les moyens de préserver la ville sans pour autant tuer son développement. On ne peut pas rayer Nemours de la carte !

Plan communal de sauvegarde (PCS) : de quoi parle-t-on ?

Le plan communal de sauvegarde (PCS) désigne un plan d'actions d’urgence, défini par le décret d'application n°2005-1156 du 13 septembre 2005. Il décrit l'organisation et la mise en œuvre des dispositions répondant aux obligations légales telles que :

- Le recensement des « risques connus » et des « moyens disponibles » (moyens humains et moyens matériels).
- La détermination des « mesures immédiates de sauvegarde et de protection des personnes ».
- La fixation de « l’organisation nécessaire à la diffusion de l’alerte et des consignes de sécurité ».
- Les modalités de « mise en œuvre des mesures d’accompagnement, de soutien et d’information de la population ».
- Le DICRIM (Documents d’informations communales sur les risques majeurs).

Il s’applique aux risques suivants :

- Risques naturels et climatiques : inondations, séisme, canicule, tempêtes, orages, cyclones, tornades, fortes chutes de neige, verglas, avalanches, risques glaciaires, éruptions volcaniques, tsunamis, submersions marine…

- Risques technologiques : accident industriel, rupture de barrage, accident nucléaire, accident lors du transport de matière dangereuse (par la route, le fer, les canalisations, les voies fluviales et maritimes).

- Risques sanitaires : pandémie, pollution de l’air ou fluviale, pollution du réseau d'eau potable.

- Des accidents de grande ampleur (manifestation, rassemblement…).

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