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Institutions financières : une vigilance accrue des assureurs

Institutions financières : une vigilance accrue des assureurs
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En matière de renouvellement, les institutions financières ont connu deux années en une. L'instabilité financière enregistrée à partir du mois d'août a contribué à tendre les relations entre courtiers et assureurs, devenus, pour le coup, plus attentifs.

Des assureurs « de plus en plus regardants » et de plus en plus demandeurs « d'informations pour les renouvellements », voilà ce qu'a observé Laurence Torres, responsable des institutions financières et des risques propres de Gras Savoye lors des dernières négociations, fin 2011. « Même s'il ne s'agit que de renouvellements classiques, les assureurs ont quasiment demandé les mêmes éléments que lors d'une ouverture de compte », confirment certains courtiers spécialistes des institutions financières.

Une rentrée nettement plus tendue

Début 2011, le marché se remettait sensiblement de la crise de 2008, et les relations redevenaient moins tendues. Force est de constater qu'en 2011, il y a bien eu deux années en une pour les acteurs du secteur et, par conséquent, pour les négociations de leurs nouveaux programmes d'assurance. « Jusqu'au mois d'août, les renouvellements ont été bien menés et ont bénéficié de conditions globalement favorables dans un marché qui se tendait déjà. À compter du mois d'août, en raison de la dégradation de l'environnement financier, nous avons constaté une plus grande prudence des assureurs sur les risques bancaires, par manque de visibilité », confirme Catherine Fourel, directrice technique adjointe responsabilité civile et lignes financières d'Aon Risk Solutions (ARS). Et Laurence Torres d'appuyer : « Nous avons effectivement assisté à une année 2011 divisée en deux parties : avant et après l'été. » Ainsi, depuis la fin de la période estivale, des négociations plus tendues ont commencé entre assureurs et courtiers.

De leur côté, avec la conjoncture difficile, les institutions financières sont davantage demandeuses de conseils et de services. Services qu'elles veulent notamment trouver auprès de leurs courtiers. « Depuis 2008, les enjeux des institutions financières en matière de risques ont été liés à l'actualité. Il faut donc agir rapidement et connaître au mieux l'intérêt de nos clients », confie Éric Maumy, directeur général du courtier breton Verlingue. Ce changement de ton des assureurs s'est également traduit par « des modifications de déploiement de la capacité de certains acteurs, avec ventilation entre plusieurs lignes, voire réduction », selon Catherine Fourel.

Le rôle prépondérant de la rumeur

Le partenariat avec les courtiers est donc de mise pour les risk-managers, qui se trouvent dans un contexte où la rumeur joue un rôle plus que prépondérant dans les remises en cause des programmes d'assurance. « Le fait de servir nos clients dans la durée nous permet de mieux les accompagner dans leurs attentes et, ainsi, d'anticiper leurs besoins. La notion de services et de conseil n'a jamais été aussi importante », considère la directrice commerciale d'ARS, Agnès Vincent.

Du côté de BNP Paribas, qui avait lancé un appel d'offres conceptuel pour changer ses courtiers en 2010, on se dit très heureux des nouveaux partenariats établis avec Marsh, Aon et Gras Savoye. Un accompagnement que le risk-manager a testé pour les renouvellements de décembre, mais dont il attend aussi beaucoup pour ceux qui arrivent en mai prochain. « Le marché de l'assurance des institutions financières s'est à peine remis de 2008 et 2009. À une rumeur près, les renouvellements peuvent se voir appliquer une hausse tarifaire. Nous anticipons plutôt la stabilité, mais les renouvellements se joueront selon les mérites propres de chaque risque plutôt que sur une tendance de fond du marché », estime le risk-manager de BNP Paribas, Philippe Viénot.

Besoin d'information et d'expertise

Avec une internationalisation de plus en plus forte, les acteurs de l'univers bancaire et financier peuvent, parfois, manquer de lisibilité ou, tout du moins, de retour d'expériences. « Les institutions financières représentent une base d'assurés bien plus étroite que celle de nos confrères des grands risques industriels, avec, de plus, peu ou pas de groupes de travaux sectoriels. De ce fait, nous avons très peu d'éléments de référence pour décider de nos stratégies et nous avons besoin d'une information extérieure », confirme Philippe Viénot. Et ce dernier d'ajouter : « Les programmes internationaux sont devenus de plus en plus complexes, et les régulateurs de certains pays, autrefois tolérants, sont désormais intransigeants. Vu notre besoin d'émettre de nombreuses polices locales, nous n'avons sollicité que les trois courtiers avec réseau intégré. »

Outre cette gestion internationale plus complexe, le secteur se prépare aussi à l'arrivée imminente de Solvabilité 2. De plus en plus d'études liées à cette problématique sont ainsi demandées aux sociétés de courtage. « Utilisant des captives d'assurance et de réassurance pour nos programmes, nous nous appuyons sur les expertises des courtiers pour la mise en place de Solvabilité 2, pour les volets quantitatifs et actuariels comme pour les volets gestion du risque et reporting », explique Philippe Viénot.

Désaffection croissante pour certaines branches

Concernant les autres branches de risques, « celle de la responsabilité civile des mandataires sociaux reste très tendue », selon Catherine Fourel. Elle y observe « des ajustements tarifaires à la hausse ». Une autre particularité du secteur financier cette année est la poursuite du désengagement de certains acteurs dans des branches, en particulier celle de la perte d'activité bancaire (PAB). « Au niveau de cette ligne, nous observons un durcissement du marché, avec des conditions de garanties plus restrictives. En ce qui concerne les dommages immatériels, par exemple, il n'y a réellement que très peu d'assureurs qui répondent présents. Cependant, des alternatives existent. C'est un travail de longue haleine », analyse Laurence Torres.

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