L'assurance vie a-t-elle toujours autant d'attrait ?

L'assurance vie a-t-elle toujours autant d'attrait ?

La généralisation de la taxation à 15,5% à tous les contrats d'assurance vie, prévue par le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2014, a suscité la colère des associations d'épargnants et relancé le débat sur l'avenir de ce produit. Mais il faut se méfier des approximations, et l'assurance vie reste très séduisante pour tous les acteurs, à la veille de la naissance du très attendu contrat euro-croissance.

Assurés : un placement toujours meilleur que le livret A

2,6% C'est le taux moyen que les fonds euros pourraient atteindre en 2013, selon Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts et Figures.

On est bien loin de l'âge d'or où les taux de rendement des fonds en euros de l'assurance vie dépassaient 5%. En 2012, la moyenne est passée à 2,9%, selon la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), et « il faut sans doute anticiper une légère baisse en 2013 », prévoit Corinne Jehl, actuaire et expert épargne chez Optimind Winter. Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet d'études Facts et Figures, évoque un taux moyen de 2,6% en 2013. Toutefois, « il ne faut pas résumer l'assurance vie aux fonds en euros », insiste Corinne Jehl. Sur les unités de compte, l'espérance de rendement peut être plus élevée avec le bon comportement des marchés actuel. Certes, d'autres facteurs viennent plomber les rendements, comme les prélèvements sociaux de 15,5%, auxquels aucun contrat ne devrait échapper dorénavant. Pourtant, les épargnants ont gagné sur un point : des frais d'entrée et les frais de gestion globalement à la baisse. Enfin, même dans un scénario catastrophe avec un taux à 2% pour les fonds en euros, le match avec le livret A, dont le taux est descendu à 1,25%, sera encore gagné par l'assurance vie.

L’euro-croissance est une proposition très intéressante dans l’environnement de taux bas actuel. C’est l’assurance vie du XXIe siècle

Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA

Intermédiaires : des commissions qui restent intéressantes... pour l'instant

0,4 à 1,2% L'éventail des frais de gestion sur les unités de compte

 

Les distributeurs d'assurance vie, qu'ils soient courtiers, conseillers en gestion de patrimoine indépendants ou réseaux bancaires, « subissent moins la baisse de rendement que les assureurs », estime Corinne Jehl, actuaire chez Optimind Winter. Normal : ils sont rémunérés sur les frais d'entrée (ou sur versements) et de gestion, qu'ils se partagent avec les assureurs. Dans un contexte où l'encours de l'assurance vie augmente de 5% par an, leurs commissions croissent d'autant. Pourtant, plusieurs menaces viennent peser sur leur chiffre d'affaires. D'une part, ils font face à des frais d'entrée de plus en plus réduits sous la pression des distributeurs en ligne, qui les ont presque tous supprimés. D'autre part, avec des rendements annuels moyens inférieurs à 3%, il est difficile, à la signature d'un nouveau contrat, de faire accepter des frais d'entrée à 4 ou 5% à de clients de plus en plus avertis. Enfin, les frais de gestion sont eux aussi comparés, d'autant qu'ils peuvent varier, pour des unités de compte, de 0,4 à 1,2% du rendement annuel. Quant au futur support euro-croissance, il intéressera les intermédiaires en fonction du montant des frais d'entrée (ou d'arbitrage) et de frais de gestion qu'ils en tireront.

Assureurs : la rentabilité se conjugue en unités de compte

Plutôt discrets sur le sujet auparavant, les assureurs ne cachent plus que la gestion des fonds en euros leur donne des sueurs froides.En raison de la faiblesse des taux d'intérêts des obligations d'État sur lesquelles ils sont obligés d'investir pour assurer la garantie à tout instant des capitaux, ils peinent à trouver du rendement pour leurs fonds en euros. « Ils rognent sur leur marge pour rester concurrentiels », selon Corinne Jehl, et pour garder leurs clients. Ils freinent donc sur la collecte des fonds en euros, de moins en moins rentables pour eux, et mettent le paquet sur les unités de comptes, moins gourmands en fonds propres. Et cela leur réussit, puisque les unités de compte représenteraient 16% de la collecte en septembre, contre 13% en 2012. Dans ce contexte, le nouveau support euro-croissance apparaît comme un produit miracle. Selon Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA, c'est une proposition « très intéressante dans l'environnement actuel de taux bas. Il y a aujourd'hui de la place pour un troisième support, dont la garantie de capital ne serait acquise qu'à partir d'une certaine durée de détention. Les assureurs offriront certainement un choix d'horizons de détention pour coller aux projets de chacun. C'est l'assurance vie du XXIe siècle ».

Vrai ou faux ?

Vrai : L'assurance vie est davantage taxée en France qu'à l'étranger
Selon la Fecif, qui fédère les conseillers financiers européens, l'exonération fiscale est parfois liée à la détention (5 ans en Belgique, 12 en Allemagne), alors que dans d'autres pays (Danemark, Luxembourg, Royaume-Uni), elle est totale et sans condition. Alors qu'elle n'y échappe pas en Allemagne et en Grande-Bretagne, en France, l'assurance vie est exonérée de droits de succession jusqu'à 152 000 €.

Vrai et Faux : Les détenteurs d'assurance vie sont majoritairement de gros épargnants
Selon le rapport « Berger-Lefebvre » sur l'épargne financière, 1% des ménages (250 000) détiendraient 25% de l'encours. Mais les petits détenteurs sont nettement plus nombreux : selon le Gema, environ 5 millions de clients détiennent en moyenne 20 000 €, essentiellement dans des fonds en euros.

Vrai : L'assurance vie a encore des atouts fiscaux
Hormis l'épargne réglementée (livret A, notamment), elle reste moins taxée que d'autres placements (compte titres, etc.) qui ne bénéficient d'aucune exonération. L'abattement au moment de la transmission et la clause bénéficiaire sont deux atouts prisés de l'assurance vie.

Faux Tous les contrats d'avant septembre 1997 seront soumis au taux de 15,5%
Le PLFSS 2014 prévoit que sur les 7 millions de contrats multisupports ouverts avant 1997, seuls les intérêts produits par les primes versées avant le 25 septembre de cette année-là seront soumis aux prélèvements sociaux de 15,5%.

Vrai Le marché de l'assurance vie est en progression
C'est un marché dynamique, avec une hausse annuelle de 5% de l'encours (1 445,9 Md€ à fin septembre 2013), provisions mathématiques comprises. En 2013, la collecte nette devrait être positive, avec un léger basculement vers les unités de comptes qui représenteraient 16% de la collecte en septembre 2013.

 

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