La Banque de France change de visage

François Villeroy de Galhau arrive à la tête de la Banque de France à un moment où l’institution, aux multiples missions, cherche un nouveau centre de gravité.

La nomination, le 1er novem­bre, de François Villeroy de Galhau (voir encadré) comme gouverneur de la Banque de France (BdF) et, de ce fait, comme prési­dent du collège de supervision de l’ACPR, risque de faire date. D’une part, c’est la première fois que les Parle­mentaires ont eu à donner leur feu vert pour cette fonction, d’autre part, c’est aussi la ­première fois qu’un ancien banquier (12 ans chez BNP Paribas, après 15 ans de service ­public), est nommé à ce poste. Il succède à Christian Noyer, ­atteint par la ­limite d’âge. Moins controversée sur le plan du conflit d’intérêt, l’arrivée en juillet à la vice-­présidence de l’ACPR de ­Bernard Delas, à la longue carrière de ­dirigeant d’assurance, avait aussi fait parler d’elle, le poste étant resté vacant pendant près de 4 mois.

François Villeroy de Galhau préside dorénavant aux destinées de quelque 1 700 établissements du secteur bancaire et assurantiel, à travers une institution dont les missions sont en pleine évolution, comme il l’avait souligné lors de son audition devant les députés le 29 septembre dernier. Il évoquait alors, avec un certain sens du raccourci temporel, « le contexte nouveau créé par l’euro il y a 16 ans et l’union bancaire depuis l’an dernier ».

Stabilité financière...

Désinvestie d’une grande partie de la stratégie monétaire, transférée à la Banque centrale européenne (BCE) depuis la création de l’euro, ainsi que de la supervision des grands groupes bancaires français depuis l’instau­ration du nouveau mécanisme de supervision bancaire fin 2014, la BdF cherche un nouveau centre de gravité. Pour cela, elle s’oriente vers les missions qui lui restent de pleins droits : la stabilité ­financière et la protection de la clientèle via la supervision des institutions financières. Depuis la crise, ces missions ont pris une importance capitale. La Banque de France partage ce rôle avec l’ACPR, son bras armé, née en 2010 de la fusion de l’Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (ACAM) et de la commission bancaire, et avec le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) créé par la loi bancaire de juillet 2013 (voir ci-contre). Une activité de surveillance qui n’a fait que s’amplifier : rien qu’en 2014, l’ACPR a évalué 1 103 organismes dont 643 pour le secteur de l’assurance, effectué 224 con­trôles sur place, signe tangible que ses agents se déplacent au contact des banques et des entreprises d’assurance. Et que les sanctions suivent : 9 décisions ont été rendues en 2014, dont 7 assorties de sanctions pécuniaires. L’une d’entre elles s’est matérialisée par un montant record de 50 M€ à payer pour des assurances vie en ­déshérence.

... et protection des clients

Autre sujet majeur : la protection de la clientèle, nouvelle mission tombée dans l’escarcelle de l’ACPR. Elle a conduit à la création de la direction des pratiques commerciales, du pôle commun avec l’Autorité des marchés finan­ciers (AMF) et de la plate­forme Assurance-Banque-Epargne info service qui a recueilli plus de 5 630 récla­mations de consommateurs l’an dernier. La Banque de France n’hésite désormais plus à s’emparer de missions touchant au quotidien des épargnants et des assurés, comme la surveillance de la publicité et des contrats d’assurance vie en déshérence. Et si l’idée d’un fichier positif des ­crédits a été une fois encore repoussée, la création du Ficovie, le fichier des contrats d’assurance vie qu’elle va gérer, est, lui, sur les rails… François Villeroy de ­Galhau, homme de terrain, devrait in­car­ner ces nouveaux champs d’intervention, bien plus opérationnels que par le passé. Son avis est aussi très attendu sur un autre sujet sensible pour les assureurs : le rendement des fonds euros.

François Villeroy de Galhau, 56 ans, succède à Christian Noyer au poste de gouverneur de la Banque de France le 1er novembre 2015.

 

 

Qui est François Villeroy de Galhau ?

  • Sa formation : Polytechnique, Ena, Inspection des finances
  • Son parcours : Jusqu’à 2003 : haut fonctionnaire, direction du trésor, directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn (1997-99), et Christian Sautter (1999- 2000), directeur général des Impôts (2000-2003) 2003-2015 : BNP Paribas, pdg de Cetelem, puis en 2008, responsable banque de détail et, en 2011, DG délégué du groupe

Il a dit...

  • Services économiques : «Ces missions [de service aux élus, aux particuliers et aux PME] s’ancrent dans le terrain et cet ancrage éclaire en retour la stratégie monétaire.»
  • Stratégie monétaire : «La politique monétaire active menée avec M. Draghi est la bonne pour tendre vers une inflation proche de 2%.»
  • Stabilité financière en prévision des crises : «Les règles du jeu n’ont plus rien à voir avec l’avant-crise. Pour les rendements des fonds en euros, un pilotage progressif en finesse des rendements doit permettre de bien gérer ces enjeux.»

 

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 23 octobre 2020

ÉDITION DU 23 octobre 2020 Je consulte

Emploi

BANQUE DE FRANCE

Directeur de mutuelle H/F

Postuler

CEGEMA

Chargé de Gestion Emprunteur H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurance statutaire du personnel.

Ville de Gagny

24 octobre

93 - GAGNY

Service d'assurance multirisques du patrimoine mobilier et immobilier de la SEM HAB...

SEM Habitat Pays Châtelleraudais

24 octobre

86 - CHATELLERAULT

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

La Banque de France change de visage

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié