La dépendance privée décolle outre-Rhin

S'ajoutant à la cotisation obligatoire, il existe en Allemagne, depuis 2012, une couverture complémentaire dépendance privée, ouverte aux assurés et subventionnée par l'État. Bilan de la première année.


Comme aucun autre pays en Europe, l'Allemagne est confrontée au vieillissement rapide de sa population. En 2030, plus d'un tiers des Allemands auront plus de 60 ans. Les gouvernements successifs tentent de répondre aux problèmes de la dépendance sans pour autant régler le problème de fond, celui du financement de l'aide et des soins à 100%. Malgré l'introduction, en 1995, d'une cotisation obligatoire, une prise en charge complète ne pourra jamais être assurée par les caisses.

320 000

Nombre de polices « Bahr », du nom de l'ancien ministre de la Santé, signéesen Allemagne en un an.

 

Le taux de cotisation, actuellement à 2,05%, continue d'augmenter. Le prochain gouvernement Merkel, constitué de conservateurs et de sociaux-démocrates, a annoncé dans son programme qu'il fera progresser cette assurance obligatoire de 0,5 point, soit une rentrée supplémentaire de 5 Md€.

Aucun certificat médical

En 2012, l'idée de l'ancien ministre libéral de la Santé d'Angela Merkel, Daniel Bahr, était donc de proposer une couverture complémentaire à travers une assurance privée non obligatoire, ouverte à tous les assurés et subventionnée par l'État. Le principe est le suivant : l'État verse 5 € par mois pour tout assuré qui investit au moins 10 € dans la dépendance « Bahr ».

De leur côté, les assureurs ne peuvent refuser aucun client, y compris les personnes âgées ou en mauvaise santé. Aucun certificat médical n'est exigé pour obtenir un contrat. Malgré ces contraintes, 25 assureurs privés (80% du marché privé de la santé) ont décidé de proposer ce produit.

Selon Stephan Caspary, porte-parole de la fédération des compagnies privées d'assurance maladie (Private Krankenversicherung Vergleich, PKV), les risques ont été bien calculés. « D'abord c'est un produit qui s'adresse aux jeunes générations. » En effet, plus de 50% des contrats sont signés par des clients de moins de 50 ans. « Par ailleurs, nous avons un délai de carence de cinq ans avant de verser des prestations. Cela nous permet de limiter les risques et de faire des provisions », ajoute-t-il.

Cinq ans de carence

Silvia Lorger-Michel, porte-parole de Central (Generali) à Cologne, confirme les propos de la fédération : « Nous ne voyons pas de risque que les taux des cotisations augmentent à long terme. Ce serait le cas si nous avions surtout des clients âgés prédisposés. Or, nous avons actuellement 35 000 assurés dont la structure d'âge est très équilibrée. Par ailleurs, le temps d'attente de cinq ans pour l'ouverture aux prestations nous permet de compenser le risque financier. »

Près d'un an après son lancement, plus de 320 000 polices « Bahr » ont été signées en Allemagne. Un bilan très en dessous des objectifs initiaux de 1,5 million de contrats. Mais les résultats sont encourageants, car il s'agit d'un produit nouveau, estime la fédération. « Les entreprises (qui prélèvent la cotisation) avaient besoin de temps pour proposer cette assurance complémentaire à leurs salariés. Il y a un an, nous avions 250 signatures par jour. Actuellement, le niveau atteint 1 600, et la tendance est à la hausse », dit Stephan Caspary. PKV compte atteindre le million de contrats en 2014.

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