La FNMI baisse le rideau

La FNMI baisse le rideau

La Fédération nationale de la mutualité interprofessionnelle (FNMI), une des composantes de la Mutualité française (FNMF), a voté sa dissolution. Une association sera créée pour conserver un lieu de dialogue pour les mutuelles.

L'assemblée générale de la Fédération nationale de la mutualité interprofessionnelle (FNMI), qui regroupe des mutuelles dites « interpros » - celles qui ne sont pas des mutuelles de la fonction publique ni d'entreprises - a donné son aval par 128 voix pour et 2 abstentions à la proposition du conseil d'administration de dissoudre la fédération. Dans la foulée, elle a adopté une résolution entérinant « le principe de la création d'une association ouverte à toutes les mutuelles ou unions de mutuelles qui le souhaitent, ayant des valeurs et des intérêts partagés ». L'association pourrait notamment s'ouvrir à des mutuelles d'entreprises.

Prestations juridiques, actuarielles, informatiques

« Cette décision est le résultat des fusions que nous avons connues ces dernières années », explique Maurice Ronat, président de la FNMI, en rappelant quelques chiffres : il y a quinze ans, la FNMI comptait plus de cent mutuelles pour une dizaine de millions de personnes protégées. Aujourd'hui, elle n'en recense plus que 26 pour un effectif pratiquement identique. Et les trois plus grands membres de la fédération (Harmonie Mutuelle, Eovi, présidée par Maurice Ronat, et Adrea) totalisent plus de 6 millions de personnes protégées, sur un total à peu près équivalent à celui du début des années 2000, tandis que la plus petite n'a que 1 600 personnes protégées.

« Au fil du temps, nous nous sommes aperçus que la plupart des mutuelles disposaient en interne des services que leur proposait la fédération, alors qu'il y a quinze ans, très peu d'entre elles avaient des juristes et des actuaires, ou même de contrats de prestation extérieurs, comme c'est le cas aujourd'hui », poursuit Maurice Ronat. La FNMI n'a jamais été une structure lourde, mais elle offrait de nombreux services à ses membres : outre l'actuariat et le juridique, elle fournissait des prestations en matière d'informatique de santé, en particulier pour accompagner la dématérialisation des flux, aujourd'hui banalisée.

Un pionnier de la CMU complémentaire

La FNMI avait aussi mis en place un observatoire de la CMU complémentaire (CMU-C) avant même que le Fonds CMU ne soit pleinement opérationnel. Aujourd'hui, même si l'information et la communication occupaient toujours un rôle de premier plan, les missions qui restaient dévolues à la FNMI ne suffisaient plus à justifier le maintien d'une fédération. Sa décision devance aussi d'éventuelles tensions. D'une part, les petites et moyennes mutuelles auraient pu se sentir sous-représentées dans une structure où trois des membres pèsent les deux tiers de l'ensemble.

Des statuts et un nom à la rentrée

D'autre part, alors que toutes les mutuelles sont engagées dans la chasse au gaspi, certains auraient pu s'interroger sur l'utilité d'une cotisation. Cette dernière a certes baissé l'an dernier, passant de 0,30 € à 0,20 € par personne protégée. Mais pour une mutuelle qui en compte un million, cela représente tout de même la bagatelle de 200000E par an. Et cette cotisation s'ajoute aux 6 € de cotisation par adhérent à la FNMF, qui financent le siège, les unions régionales et les SSAM (services de soins et d'accompagnement mutualistes).

« Ce que les mutuelles recherchent aujourd'hui, c'est un lieu de dialogue », souligne Maurice Ronat. La future association, dont les statuts et le nom seront définis à la rentrée, aura donc avant tout vocation à être ce lieu d'échange et de réflexion entre « des mutuelles ayant des caractéristiques partagées », pour « promouvoir leurs positions et leurs intérêts stratégiques », et « organiser leur juste représentation et leur expression au sein du mouvement mutualiste ». Son financement sera forfaitaire et beaucoup plus modique que celui d'une fédération, car la structure opérationnelle sera « très limitée », précise la résolution adoptée le 11 juin.

Le seul point délicat à régler concerne l'emploi. Outre la directrice générale, la FNMI occupait encore neuf salariés. Deux d'entre eux étant proches de l'âge de la retraite, il en reste donc sept pour qui il faudra trouver une solution. La FNMI a transmis leurs dossiers aux mutuelles et à la FNMF pour y parvenir. « Nous avons espoir de recevoir des propositions dans les semaines et les mois qui viennent », indique Maurice Ronat.

Une page d'histoire tournée

Il y a quatre ans, presque jour pour jour, l'assemblée générale de la Mutualité fonction publique (MFP), qui regroupe des mutuelles de fonctionnaires, avait décidé de transformer la fédération qu'elle était en une organisation dotée de deux piliers : d'une part, une union politique, dite de « livre 1 » du code de la mutualité, chargée de promouvoir et de coordonner les intérêts collectifs des mutuelles de fonctionnaires, ainsi que de s'occuper des conventionnements avec les professionnels de santé ; d'autre part, une entité de « livre 3 », baptisée MFPASS (Action Santé Social), dédiée aux activités sanitaires, sociales et de prévention. Mais, comme une union suppose un certain contenu, en terme opérationnel, la FNMI a préféré une association. .

Les 10 premières mutuelles interprofessionnelles

Aujourd’hui, la FNMI ne recense plus que 26 mutuelles, contre plus de 100 il y a quinze ans, pour une dizaine de millions de personnes protégées.

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