Les assureurs marocains mettent le cap sur l'Afrique

À l'occasion des Rendez-vous de Casablanca de l'assurance les 16 et 17 avril, les assureurs du royaume ont réaffirmé leur ambition de développement sur le continent africain.

Et si l'avenir du marché de l'assurance était africain ? Il y a quelques années encore, la question pouvait faire sourire. Elle est désormais prise très au sérieux par les assureurs marocains. En témoigne cette première édition des Rendez-vous de Casablanca de l'assurance, organisés par la Fédération marocaine des sociétés d'assurances et de réassurance (FMSAR), et dont l'Argus de l'assurance a été partenaire. Pendant deux jours, sept conférences ont permis de débattre sur les opportunités de développement sur le continent en matière d'assurance. Lors de la séance inaugurale, Adama Ndiaye, président de la Fédération des sociétés d'assurance de droit national africaines (Fanaf), qui représente 189 sociétés d'assurances de 28 pays, n'a pas manqué de revenir sur les principales mesures d'assainissement et de renforcement des ratios réglementaires prises ces dernières années et qui donnent désormais un nouveau visage au marché.

De quoi rassurer, s'il en est besoin, les investisseurs captivés par les perspectives de développement économique et démographique du continent. « En dépit des inégalités encore visibles, de la mauvaise gouvernance dans de nombreux pays, le tour de l'Afrique semble enfin arrivé », a affirmé Richard Lowe, PDG du groupe camerounais Activa.

Selon les projections des principales institutions internationales, 25% de la population mondiale seront africaines d'ici à 2050, soit 2,5 milliards d'habitants, et de plus en plus urbaine (54% de la population en 2020 et 64% en 2030). La classe moyenne, elle, va doubler de taille passant de 300 millions de personnes en 2010 à près de 600 millions en 2035.

Comment ne pas penser aux bénéfices que le secteur africain de l'assurance pourrait tirer de telles évolutions ? D'autant plus que les perspectives économiques du continent se révèlent prometteuses. Études à l'appui, Richard Lowe a rappelé que le taux de croissance moyen en Afrique sera de 6% au cours des cinq prochaines années, contre 2% au niveau mondial.

Des groupes panafricains

De fait, les assureurs marocains regardent plus que jamais au sud du Sahara. Le rapprochement avec les pays africains est encouragé par une volonté politique, illustrée en février par la tournée du roi Mohammed VI au Mali, en Côte d'Ivoire, en Guinée et au Gabon et à laquelle de nombreux chefs d'entreprise ont pris part. « Les compagnies d'assurances se mobilisent pour accompagner les opérateurs marocains engagés dans des secteurs aussi divers que les services financiers, l'immobilier, les infrastructures et le BTP », a souligné Zouheir Bensaid, président du directoire de RMA Watanya.

Cette compagnie, numéro deux du secteur au Maroc, vient d'ailleurs de poser d'un seul coup un pied en Côte d'Ivoire, au Cameroun et au Togo en entrant à hauteur de 40% au capital de Beneficial Group, qui détient quatre compagnies dans ces trois pays. RMA Watanya marche ainsi dans les pas de BMCE Bank, autre filiale bancaire de sa maison mère, le holding FinanceCom. Le groupe dirigé par Othman Benjelloun ne cache pas ses ambitions sur le continent. En 2011, il est devenu actionnaire majoritaire de Bank of Africa. Présent dans une vingtaine de pays, il dispose d'un réseau de 400 agences hors du Maroc.

« Le marché est suffisamment consolidé et évolue dans un cadre réglementaire abouti. Il est normal que les opérateurs marocains cherchent désormais à se développer au-delà de leurs frontières », a insisté Bachir Baddou, directeur général de la FMSAR. À l'image du groupe Saham qui, en quelques années, est devenu « un groupe panafricain et panarabe », selon les termes de Medhi Tazi, directeur général de Saham Assurance. Multipliant, depuis la fin 2010, les acquisitions en Afrique de l'Ouest, mais également au Kenya et au Liban, le groupe marocain assoit sa présence dans plus d'une vingtaine de pays à travers 25 filiales d'assurances. Si l'on exclut l'Afrique du Sud, il s'impose désormais comme le premier assureur du continent et affiche un chiffre d'affaires de plus de 1 Md$ en 2013.

De nouveaux marchés très ouverts

Le numéro un du marché, Wafa Assurance, fait lui aussi preuve du même appétit. La filiale du groupe bancaire Attijariwafa Bank entend désormais accompagner l'activité de sa maison mère dans les 13 pays d'Afrique où celle-ci est présente. Premier essai réussi en Tunisie, où Wafa Assurance a créé, en mai 2013, Attijari Assurance, une compagnie d'assurance vie qui détient déjà 7% du marché local.

La coopération Sud-Sud est donc désormais à l'oeuvre. Par vidéo interposée, Denis Kessler, PDG de Scor, a apporté son soutien aux opérateurs du continent : « Je serai à vos côtés pour faciliter votre essor. » De quoi soutenir un peu plus l'enthousiasme des participants aux Rendez-vous de Casablanca de l'assurance et ouvrir, s'il le faut, les yeux des compagnies internationales sur l'Afrique. Car, sur bien des marchés - agriculture, microassurance, santé, assurances affinitaires -, les dés ne sont pas jetés...

LE MAROC, SECOND MARCHÉ AFRICAIN DE L'ASSURANCE

  • 2,36 Md€ Le chiffre d'affaires du secteur en 2013 (+ 2,7%), soit 1,6 Md€ en non-vie (+ 5,5%) et 760 M€ en assurance vie (- 2,7%)
  • 17 Le nombre de compagnies d'assurances et d'assistance Sources : FMSAR, rapport Sigma 2011

L'AFRIQUE , LE CONTINENT AUX 600 COMPAGNIES

  • 600 Le nombre de compagnies d'assurances
  • 90% Le poids des 10 premiers marchés africains en chiffre d'affaires
  • 83 Md$ Le montant des primes, dont 57% en vie
  • 67 $ La prime moyenne par habitant
  • +50% La croissance du volume des primes entre 2006 et 2011

Sources : rapport Sigma 2011, Axco

BACHIR BADDOU, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FÉDÉRATION MAROCAINE DES SOCIÉTÉS D'ASSURANCES ET DE RÉASSURANCE

« Casablanca est en train de devenir une place incontournable de l'assurance »

Quelles raisons ont poussé la FMSAR à organiser les Rendez-vous de Casablanca de l'assurance ?
L'un des rôles d'une fédération professionnelle est de favoriser la réflexion sur des sujets intéressant ses membres et toutes les filières gravitant autour de son industrie. Les thèmes ne manquent pas, à l'image des assurances Takaful (islamique) ou affinitaires, qui suscitent bien plus que de la simple curiosité de la part des acteurs.

Quelle a été l'ampleur de cette manifestation ?
Nous avons accueilli 450 participants, dont 90 étrangers, sur les 510 inscrits à la manifestation. L'événement a fait l'objet d'une couverture médiatique extrêmement importante.

Casablanca a-t-elle vocation à devenir une place d'assurance incontournable sur le continent africain ?
Sans aucun doute, pour la simple raison que les acteurs marocains deviennent de plus en plus des assureurs continentaux. De plus, notre royaume a une véritable politique africaine portée par les plus hautes autorités. La place financière internationale de Casablanca, plus connue sous le nom de Casablanca Finance City, draine de plus en plus de bureaux régionaux de grands groupes étrangers. Le dernier exemple en date est l'ouverture du bureau d'AIG. C'est aussi pour accompagner l'émergence de cette place financière que nous avons choisi d'y installer notre rendez-vous.

PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE CADOUX

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