Les assureurs pourraient investir 80 Md$ par an dans les infrastructures (S&P)

Les assureurs pourraient investir 80 Md$ par an dans les infrastructures (S&P)
© Standard & Poor's

Pour Standard & Poor’s, les assureurs sont bien placés pour participer au comblement de l’écart de financement annuel de 500 Md$ pour les projets d’infrastructure entre aujourd’hui et 2030, sur les 3400 Md$ de besoins de financements annuels évalués au niveau mondial.

L’agence de notation estime ainsi que si les assureurs allouaient 3% de leurs actifs sous gestion aux projets d’infrastructures dans les 20 ans qui viennent, au lieu de 2% aujourd’hui, ce serait 80 Md$ par an de financement qui seraient ainsi libérés et alloués à cette classe d’actifs.

Rendement attractif

L’intérêt des assureurs, notamment des assureurs vie, pour les projets d’infrastructure s’explique par le fait que ces investissements, grâce à leur maturité à long-terme et leurs rendements attractifs, peuvent être adossés à leurs passifs. S&P évoque ainsi un rendement de l’ordre de 4% à 5% pour obligations cotées de projets d’infrastructure, à comparer à moins de 3% pour les obligations d’Etat de notation équivalente. Certains groupes, comme AXA, Allianz ou CNP, ne cachent pas leur intérêt pour ce type d'actifs non corrélés avec les marchés financiers.

Faible taux de défaut

En outre, ces projets sont dans les faits assez peu risqués. S&P n’a ainsi relevé que 34 projets défaillants sur les 510 notés depuis 1991. Le taux de défaut pour la dette cotée d’infrastructure est ainsi estimé à moins de 1,5% par an depuis 1998, contre 1,8% pour les obligations d’entreprises. De surcroît, les projets d’infrastructure se caractérisent par un recovery rate élevé en cas de défaut, de l’ordre de 75%.

Réglementation paradoxale

En pratique, la participation des assureurs dans ce type d’investissement peut être bloquée par la réglementation ainsi que la complexité, l’illiquidité et le manque de projets appropriés. Certes, la formule standard de Solvabilité 2 ne favorise pas les investissements dans les infrastructuresla Commission européenne souhaiterait que l’Eiopa, le superviseur européen des assurances, assouplisse sa position sur ce point. Mais dans les faits,  la nouvelle réglementation prudentielle de l’assurance serait plus favorable à ce type d’allocation que Solvabilité 1, du moins pour les groupes ayant opté pour un modèle interne, défend S&P. L’agence s’attend en outre à ce que Solvabilité 2, en poussant à ce que le prix de ces investissements coïncide mieux avec les risques pris, tende à discipliner le marché de l’investissement dans les infrastructures.

Retrouvez l'étude de Standard & Poor's sous forme d'infographies dans le Data Center de l'Argus.

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