Les institutions de prévoyance face à une concurrence exacerbée

Les institutions de prévoyance face à une concurrence exacerbée
Jean-Paul Lacam, délégué général du Ctip : "Les institutions de prévoyance n'ont pas fait une course au prix."

Le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) a présenté ses résultats pour l’année 2015. Entre l’ANI, les contrats responsables, la baisse des taux d’intérêt et la concurrence accrue, les nuages s’accumulent au-dessus des institutions de prévoyance... qui affichent toutefois une réelle solidité financière.

Priorité à la solidité. Que ce soit le CTIP ou certaines institutions de prévoyance membres, tel est le terme mis en avant pour justifier de résultats globalement stables, dans un environnement contextuel et concurrentiel difficile. Face à des marchés de la santé et de la ­prévoyance bouleversés ou en voie de l’être, prudence est le maître mot : « Les institutions de prévoyance n’ont pas fait une course au prix, malgré une concurrence exacerbée en phase pré-ANI » estime le délégué ­général du CTIP Jean-Paul ­Lacam. Le marché de la complémentaire santé vient ainsi de subir, entre l’ANI du 11 janvier 2013, les nouveaux contrats ­responsables et la fin progressive des clauses de désignation, une série de réformes « inédite de par son ampleur », souligne-t-il. La croissance modérée du rythme des cotisations (+0,6 %) ainsi que le tassement du chiffre d’affaires en deçà de la barre des 10 Md€ (après une progression de 7,2 % l’année précédente) ne permettent toutefois pas, ­selon le CTIP, de tirer un bilan définitif de cette succession d’évolutions. « Nous y verrons plus clair sur les stratégies des uns et des autres à partir du second semestre 2016 ou du premier ­trimestre 2017 » pronostique M. Lacam. La tendance est plus fortement baissière en prévoyance, avec un recul des cotisations de 3,5 % – « succédant à plusieurs années de hausse importante des cotisations » tempère Bertrand Boivin-Champeaux, directeur prévoyance et retraite supplémentaire au sein du CTIP, qui évoque plusieurs facteurs d’explication, notamment la priorité accordée par les entreprises à la santé et le « recul de la masse salariale dans le BTP ». En sachant que cette activité est ­fortement impactée par la ­faiblesse historique des taux d’intérêt, qui alourdissent la charge des futures prestations. Ce surcoût est ainsi estimé par le CTIP à 500 M€ pour chaque baisse d’un demi-point de taux.

Retraite à 65 ans

Priorité donc au renforcement des structures pour affronter ce contexte agité : « Dans le cadre de Solvabilité 2, les institutions de prévoyance confirmant leur ­solidité financière » se réjouit Jean-Paul Lacam. Les ratios de solvabilité des institutions de prévoyance se maintiennent, autour de 6,2 fois l’exigence réglementaire actuelle en Solvabilité 1 et autour de 2,5 fois en Solvabilité 2. Reste toutefois une tendance lourde quant au résultat net qui, s’il reste positif (99 M€), baisse régu­lièrement depuis des années - avec un résultat non-vie (santé, arrêt de travail et dépendance) négatif depuis 2011. Des résultats qui ne manqueraient pas d’être affectés par une nouvelle réforme des retraites : « Ne pas se préparer à l’éventualité d’un report de l’âge légal de la retraite serait suicidaire de notre part » prévient Jean-Paul Lacam. Et cela en sachant qu’un décalage de 62 à 65 ans représenterait en terme de provisions techniques prévoyance un surcoût de plus de 2 Md€.

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