Mortalité routière, il est urgent d’agir !

Mortalité routière, il est urgent d’agir !

En 2015, avec 3 461 personnes tuées sur les routes en France, le bilan de la sécurité routière dévie de son objectif.

«Nous sommes au bout d’un cycle, il serait grand temps, de droite comme de gauche, d’entreprendre un new deal de la sécurité routière », déclarait, en fin d’année, Gilles de Robien, ancien ministre de l’équipement et des transports, lors d’une table ronde ­organisée par le Syndicat des équipements routiers (SER).

Des résultats préoccupants

Officialisé le 18 mai dernier par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr), le bilan définitif du nombre de tués et d’accidentés sur nos routes en 2015 confirme sa thèse de l’engrenage : 3 461 personnes y ont encore perdu la vie, soit 2,3 % de plus qu’en 2014. Année qui avait déjà vu le nombre de morts croître de 3,5 %, par rapport à 2013... De plus, de janvier à mai 2016, la mortalité routière a encore augmen­té de 3,8 % avec 1 308 décès (par rapport à la même pério­de de l’année précédente). Un pic a été atteint en mai (+10,1 %, soit 294 morts). Donc, rien ne semble enrayer la hausse continue de la mortalité routière depuis 2013, après douze ans de baisse successive. « Ces résultats préoccupants confortent le ­gouvernement dans sa volonté d’appliquer toutes les mesures prises par le Comité interministériel du 2 octobre ­dernier », souligne ­Manuelle Salathé, secrétaire générale de l’Onisr. Ainsi, sur les 55 mesures du Comité présidé par le Premier ministre, 34 sont appliquées ou dans le ­circuit législatif et réglementaire, et 21 sont en cours de rédaction. Pêle-mêle : multiplication par quatre des radars leurres, lutte contre le défaut d’assurance, emploi de drones pour traquer l’incivisme routier, obligation de port du casque pour les jeunes cyclistes, renforcement des contrôles d’alcool et de ­stupéfiants… Derniè­re en date, la mesure 14 d’encadrement de l’accès aux ­motos puissantes a été mise en place le 9 juin : à présent, toute personne majeure, quel que soit son âge, doit d’abord être titulaire du permis A2 (inférieur à 35 Kw) pendant un minimum de deux années avant de pouvoir prétendre au permis A. Pour l’obtenir elle ­devra suivre une formation ­spécifique de 7 heures en école de conduite, non sanctionnée par un examen, afin d’assurer la transition en toute sécurité d’une moto de faible à forte puissance.

Autant de dispositions qui ne portent pas encore leur fruit, ­particulièrement auprès des jeunes et des seniors. En 2015, le nombre de personnes hospita­lisées est cependant resté stable. De plus, le nombre d’accidents corporels et de blessés a reculé.

Ce que des assureurs (1) préconisent...

  • Rendre les visites médicales obligatoires pour les seniors ou à défaut des stages de remise à niveau à partir d’un certain âge.
  • Développer des véhicules pour les seniors équipés de systèmes d’aides à la conduite sachant qu’une réflexion en ce sens a été menée au Japon.
  • Généraliser pour les conducteurs de deux-roues l’obligation d’équipement spécialisé (gants, mais aussi blouson avec protection, chaussures protectrices, casque pour tous à vélo...) et renforcer le contrôle par les autorités des cas de débridage.
  • Dans la lignée des radars leurres, positionner des gendarmes leurres qui auraient un rôle dissuasif quant au relâchement de comportement des conducteurs.

1. Interviews réalisées par L’Argus auprès de Covéa, Macif et Aviva.

La réponse du ministère de l’intérieur
« Un relâchement des comportements »

Pourquoi ce bilan décevant ?
« En 2015, nous avons eu moins d’accidents mais ceux-ci ont été plus violents. Cela désigne clairement la vitesse comme responsable des accidents mortels et cela signifie un relâchement des comportements. Ce dernier est confirmé par une augmentation des vitesses moyennes pratiquées par les automobilistes (+4 km/h sur les autoroutes limitées à 130 km/h par rapport à 2012 et +2 km/h sur les autoroutes et routes limitées à 110 km/h). Ce non-respect des règles apparaît également dans le nombre d’accidents avec alcool ou produits stupéfiants et à travers le non-port de la ceinture de sécurité (21 % des automobilistes, 38 % des usagers de véhicules utilitaires et 36 % des usagers de poids lourds). »

les hommes et les jeunes en première ligne

  • Trois quarts des personnes tuées ou blessées gravement sur les routes sont des hommes.
  • Près d’un quart des tués sur les routes ont moins de 25 ans (845 jeunes, +4 %).
  • Près d’un quart des tués sur les routes sont des seniors (831 personnes de plus de 65 ans, +8 %).
    source : ONISR

vitesse et alcool premiers responsables

Causes multifactorielles des accidents mortels
  • Vitesses : 32 %
  • Alcool : 21 %
  • Non-respect des priorités : 13 %
  • Stupéfiants : 9 %
  • Inattention : 8 %
  • Malaise/somnolence : 5 %
    Source : fichier des auteurs présumés d’accidents mortels 2014-15

FRAGILE AMÉLIORATION SUR LE PLAN DE L’ACCIDENTOLOGIE

  • 70 802 blessés (-2,7 %)
  • 26 595 personnes hospitalisées dont 3 457 garderont des séquelles très graves (-0,2 %)
  • 56 603 accidents corporels (-3,1 %) source : ONISR

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