L'école de l'économie sociale loupe sa rentrée

L'école de l'économie sociale loupe sa rentrée
Philippe Thivolle, administrateur de l'ENMES, une école qui devait proposer de la formation initiale et continue. © DR

Lancé en 2010, le projet ambitieux de créer un institut de formation à destination des salariés des mutuelles et des groupes paritaires tarde à se concrétiser.

Toujours pas d'étudiants accueillis par l'École nationale de la mutualité et de l'économie sociale. « Le catalogue de formation est en place. Les modules sont prêts. Nous avions même des locaux. Pour autant, cela ne suffit pas », se désole Philippe Thivolle.

Selon cet administrateur de l'ENMES, si le projet lancé en 2010 reste aujourd'hui au point mort, c'est parce que « l'école n'a jamais reçu le soutien moral espéré de la Fédération nationale de la Mutualité française. Pour avoir initié cette université professionnelle sans son aval, nous avons même eu des pressions fortes de sa part pour supprimer le terme " mutualité " de notre appellation. Ce devait être un préalable pour tout appui et toute mise en place de projets communs. Mais, au final, bien que nous ayons rebaptisé l'ENMES en École nationale des métiers de l'économie sociale, rien n'a été conclu ».

Une question de valeurs

La Mutualité française, que nous avons tenté de joindre, n'a pas réagi à ces propos pour l'instant. Il n'empêche, selon d'anciens porteurs du projet, le non-engagement de la FNMF n'est pas la raison de l'échec de l'ENMES. Censée être le pendant de l'École nationale des assurances (Enass) pour les mutuelles, les institutions de prévoyance et les caisses de retraite complémentaire, cette association à but non lucratif avait, à l'origine, l'objectif de favoriser le recrutement de personnes qualifiées dans l'économie sociale. Mais aussi, et surtout, de promouvoir les valeurs humanistes du secteur. « Or, au fil des mois, je ne retrouvais plus dans cette école les valeurs mutualistes que j'essaie de défendre au quotidien dans mon métier », explique un ancien administrateur de l'ENMES qui a préféré se retirer il y a un an, en même temps que la dizaine d'adhérents (mutuelles et groupes de protection sociale) que comptait l'association.

Malgré ces désistements, Philippe Thivolle ne baisse pas les bras. « Quand on tient une bonne idée, on n'ose pas l'abandonner », soupire-t-il. Une assemblée générale devrait être organisée d'ici à la fin de l'année afin de voir quelle suite donner au projet.

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